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Monétique: Le paiement par carte fait du surplace
Par L'Economiste | Edition N°:531 Le 17/06/1999 | Partager

· L'essentiel des transactions provient des touristes

· Sur un parc d'un demi-million de cartes, 75% servent uniquement pour le retrait au guichet automatique

· La faible bancarisation de la population n'explique pas tout

Savez-vous quelle est la carte de crédit la plus usitée au Maroc? C'est le carnet d'épicier, répond un informaticien sous forme de boutade. Pourtant, cette boutade traduit parfaitement la réalité.
En effet, sur un total de 500.000 cartes en circulation aujourd'hui, l'écrasante majorité d'entre elles, soit 75% du parc, n'assurent que la fonction basique de retrait aux guichets automatiques (quand ils ne sont pas hors service). La seule et unique valeur ajoutée dans ce cas réside dans la possibilité de retirer de l'argent en dehors des heures d'ouverture des agences bancaires. C'est maigre.
Valeur aujourd'hui, le chiffre d'affaires des paiements monétiques est estimé à 500 millions de DH dont plus des 4/5 réalisés par des touristes en séjour au Maroc. Autant dire que les 125.000 cartes de paiement ne sont que très rarement utilisées. Cela s'explique selon les spécialistes par plusieurs facteurs: Le profil de détenteurs d'abord qui recèle un fort contingent de professions libérales (pharmaciens, médecins, architectes...) qui, de par leur activité, détiennent beaucoup d'argent liquide.
Même en matière de cartes de retrait, les banques ont du mal à se mettre d'accord sur l'interopérabilité. Le passage d'un guichet d'une banque à l'autre ne concerne à l'heure actuelle qu'une demi-douzaine d'établissements membres du réseau Interbank. Pour le paiement, l'interopérabilité n'aurait jamais été possible si ces cartes ne portaient pas de labels internationaux (Visa, Mastercard, etc). Les banques n'y ont consenti que forcées par le principe de non-discrimination qui régit les réseaux mondiaux auxquels elles sont adhérentes. Pourtant, elles ont plus qu'intérêt à pousser au développement des transactions monétiques. C'est autant d'économies sur les coûts de production, un retrait étant moins onéreux que le traitement d'un chèque. Dans des pans essentiels de l'économie, le paiement par carte relève encore de la science fiction. A ce jour par exemple, aucun cabinet médical, ni clinique, ni pharmacie n'acceptent de carte de paiement. Mais cela pourrait changer bientôt. Des négociations sont en cours entre l'Ordre des Pharmaciens et les banques pour équiper le réseau des pharmacies en terminaux de paiement. Reste à faire accepter aux pharmaciens de grignoter sur leur "juteuse" marge.

Sur les raisons de la faiblesse de la monétique, on se retrouve en train de se mordre la queue: d'un côté, il y a ceux qui soutiennent que la situation s'explique par la caractéristique du réseau d'acceptation extraverti et, de l'autre, ceux qui estiment que le réseau d'acceptation orienté à la clientèle "locale" ne se justifie point du fait de l'étroitesse de la cible.
La très forte dépendance de flux de touristes n'est pourtant pas sans risques. On l'a vu au lendemain de la crise du Golfe, quand le volume des transactions s'était réduit comme une peau de chagrin, quand les touristes avaient boudé le Maroc. En revanche, s'il y avait un noyau assez large de porteurs locaux, l'activité n'aurait pas souffert dans la même proportion. De toute façon, "quand on porte des habits du voisin, on peut se considérer nu", plaisante un consultant.
Par ailleurs, contrairement à l'idée reçue, il y a très peu de véritables cartes de crédit au Maroc. Dans la quasi-totalité des cas, le détenteur ne peut honorer ses achats que dans la limite de la provision de son compte. L'offre en termes de "porteur" ne constitue pas encore une priorité des organismes financiers. En termes de paiement, ils continuent à s'inscrire dans une logique d'acceptation de cartes étrangères. Du coup, la seule cible qui les intéresse se trouve dans le secteur touristique (hôtellerie, agences de voyages, restaurants, et encore!) auprès desquels des terminaux de paiement électroniques sont installés. De la même façon que les banques avaient investi massivement dans la constitution d'un réseau de guichets automatiques, elles auraient tout à gagner d'aller vers une implémentation d'un réseau TPE orienté marché intérieur. Si par le passé le risque de contrôle de la solvabilité était élevé, c'est parce que le réseau télécoms ne permettait pas de consulter on-line le solde du détenteur. Aujourd'hui, avec l'amélioration relative de l'infrastructure (les fameuses lignes spécialisées), l'argument ne tient plus. Même si les pannes répétitives des guichets automatiques bancaires (GAB) prouve qu'il y a encore beaucoup d'effort à faire. Les arrêts des GAB sont dus dans beaucoup de cas à la défaillance des lignes téléphoniques. L'infrastructure télécoms est posée et les compétences des PME dynamiques (M2M, HPS, S2M et les autres) existent localement. Reste qu'il ne faut pas non plus incriminer seulement les banques. La tradition du cash est encore bien ancrée dans la population. A cela il faut ajouter la faible bancarisation, même si elle n'explique pas tout.


Des espoirs dans le crédit à la consommation


La démarche des professionnels est de s'orienter vers les sociétés de crédit à la consommation qui recèle un potentiel énorme. Et c'est probablement dans toute cette population indésirable aux guichets bancaires que se situent les meilleures chances de développement de la monétique; les contacts sont bien engagées avec plusieurs sociétés de financement pour différents types de cartes. Mais ce n'est pas pour demain, car il faudra au préalable mettre en place un centre de compensation. Les charges de gestion d'un compte sont élevées. Les analystes estiment aujourd'hui qu'à moins de 3.000 DH de solde moyen mensuel, la banque perd de l'argent sur le client. D'où l'intérêt de développer la monétique du fait de sa compétitivité. Le coût de traitement d'une transaction monétique est évalué à 6 DH contre 15 DH pour le chèque. Plus on baisse les charges d'exploitation, plus la population bancarisable est plus importante.
Les autorités monétaires sont restés timides au niveau de la monétique. Pratiquement pas de réglementation de la monétique monétaire, l'Office des Changes effleure à peine le sujet. Conséquence: la monétique bancaire est régie par une sorte de consentement mutuel entre établissements et par une réglementation internationale des grands réseaux mondiaux. Des litiges éventuels entre banques sont réglés par arbitrage international.

Abashi SHAMAMBA

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