Economie

Enseignement supérieur: L’Agence d’évaluation pose ses règles

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5138 Le 31/10/2017 | Partager
Une première vague de 1.010 filières examinées avec de nouvelles procédures
Un planning pour les dépôts, dématérialisation des dossiers, 2 experts par filière…
Un réservoir de 140 experts
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Les lettres et sciences humaines, économie et gestion font l’objet du plus grand nombre de demandes d’ouverture et de réaccréditation de filières. En matière de sciences dures, l’offre est moins dynamique. Jusqu’au 12 octobre dernier, 603 filières du public sur 755 avaient obtenu l’avis favorable de l’Aneaq, tandis que 62 avaient reçu un avis défavorable, 85 dossiers étaient en attente de réponse des établissements et 5 en cours de traitement. Du côté du privé, 135 filières avaient décroché un avis positif de l’Agence. 54 avaient fait l’objet d’une appréciation négative, 47 étaient en attente de réponse et 19 en cours de traitement.

Baptême de feu pour l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Aneaq). L’agence, créée en 2014 mais activée en 2017, vient de mener sa toute première mission, l’évaluation d’une vague de 1.010 filières, en vue de leur accréditation ou réaccréditation.

Jusque-là, les dossiers, élaborés par les coordinateurs des établissements de formation, atterrissaient au ministère de l’Enseignement supérieur, qui se chargeait de leur traitement. Cette année deux copies des dossiers ont été exigées, l’une physique, gardée au ministère, et l’autre électronique, envoyée à l’Aneaq. «Nous avons tout dématérialisé, ce qui nous a fait gagner en temps et en efficacité», souligne El Mokhtar Bakkour, directeur.

Les versions électroniques ont été dispatchées sur les 140 experts contractuels de l’agence, en fonction de leurs spécialités. D’ailleurs, ce réservoir d’experts sera entièrement revu, afin de combler les éventuels déficits sur certaines disciplines.

Pour plus de crédibilité, deux experts sont mobilisés par dossier. Ils rédigent chacun son rapport, et se concertent ensuite pour élaborer un rapport commun avec un avis (une à deux semaines en fonction du nombre de filières). Il peut s’agir d’un avis favorable, favorable mais avec des recommandations, défavorable argumenté par des motifs, ou bien neutre.

Dans ce dernier cas, l’établissement bénéficie d’une deuxième chance pour rectifier le tir et présenter un nouveau dossier. Les rapports sont ensuite renvoyés au ministère qui les soumet, à son tour, à la Commission nationale de coordination de l'enseignement supérieur (CNACES). Et c’est cette commission qui se prononce sur les accréditations.

L’opération n’est, cependant, pas aussi fluide que cela. Dans certains cas, trois à quatre allers-retours sont nécessaires avant que le projet ne soit acceptable. «Nous avons décidé de nous positionner en accompagnateurs et facilitateurs. Nous préférons donner une chance aux établissements, surtout pour les réaccréditations», précise Bakkour.

Cela dit, les universités, peu réactives, tardent à envoyer leurs réponses (jusqu’à plus de deux mois), ce qui ralentit le processus. C’est la raison pour laquelle l’Aneaq, en concertation avec sa tutelle, a mis en place un planning. Cette année, les dépôts de dossiers devront obligatoirement s’opérer entre le 2 octobre et le 29 décembre. Pour le privé, le dernier délai a été maintenu au 31 janvier. Les évaluations se dérouleront du 2 janvier au 3 mars 2018. «Les établissements pourront ainsi disposer de leur offre de formation dès avril, et préparer tranquillement leur rentrée de septembre. A cause des retards précédents, à cette date il reste encore des masters qui n’ont toujours pas démarré», regrette Bakkour.

Pour rappel, les services de l’Aneaq sont payants: 12.000 DH par filière du secteur privé, et 7.000 DH pour les filières des établissements publics ne relevant pas des universités. Pour leur part, les universités bénéficient d’un forfait annuel de 200.000 DH (payés à la source par le ministère) quand elles comptent 10 établissements et plus, et 150.000 quand elles gèrent moins de 10 entités.

Les référentiels de qualité en cours de révision

Pour sa première opération d’évaluation, l’Aneaq s’est basée sur les référentiels du cahier de normes pédagogiques nationales (CNPN). Or, ces référentiels ne sont pas exempts d’insuffisances. Le rendement externe des filières, en d’autres termes, l’insertion professionnelle des lauréats, n’est par exemple pas examinée. Cela permettrait d’éclairer la décision sur le maintien ou la fermeture d’un cursus. Selon l’Aneaq, les référentiels sont actuellement en cours de révision avec le ministère de tutelle.En attendant, l’agence tente aussi de perfectionner en permanence ses process. Il y a une dizaine de jours, un questionnaire a été envoyé aux coordinateurs des formations des écoles et universités, afin d’avoir leur avis sur les prestations. D’après les premiers résultats, plus de 74,2% sont satisfaits des évaluations. Néanmoins, 87,6% expriment le besoin de rencontres d’échanges et d’information avec l’agence. Par ailleurs, 52% estiment que le CNPN limite entièrement (13%) ou partiellement (39%) les possibilités d’innovation pédagogique. Un deuxième questionnaire a été envoyé aux évaluateurs.

 

 

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