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Stratégies sectorielles: La recette de BAM
Le gouverneur de la banque centrale prône l’analyse coût/bénéfice
Dupliquer les modèles qui marchent

   
Stratégies sectorielles: La recette de BAM
 L’automobile, l’aéronautique et l’électronique enregistrent des succès à des degrés divers. L’absence d’une évaluation ne permet pas de savoir si ces modèles peuvent être dupliqués à d’autres secteurs

Dans le dernier rapport de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri appelle une nouvelle fois à une évaluation des plans stratégiques. Depuis quelques années, le Maroc développe des stratégies sectorielles. Mais il ne s’est jamais intéressé à évaluer leur rendement ni leur cohérence. (Lire L’Economiste du lundi 6 juillet).
Le pacte pour l’Emergence industrielle à travers ses deux phases a bien permis de développer les «métiers mondiaux», parfois avec de grandes réussites. Ainsi, à part les secteurs traditionnels où le Maroc a un certain avantage compétitif tels que le textile ou l’agro-industrie, de nouveaux métiers sont apparus et permettent au Royaume d’apparaître dans le radar des investisseurs internationaux. Parmi ceux-ci, figure l’automobile, qui est devenu le premier moteur à l’export, devant les phosphates. Les exportations ont doublé en huit ans. La construction de l’usine d’assemblage Renault à Tanger marque un saut qualitatif dans l’investissement industriel. En 2014, les ventes à l’étranger ont atteint 40 milliards de DH, dont 20 milliards de DH pour la seule usine au Losange. L’ouverture d’une nouvelle unité de montage par PSA Peugeot-Citroën dans la région du Gharb permettra au Maroc d’atteindre une capacité de production de 800.000 véhicules par an à l’horizon 2020. L’ambition est d’atteindre 1 million dans une dizaine d’années. L’arrivée d’un deuxième constructeur automobile devrait se traduire par l’implantation de nouveaux équipementiers et la montée en régime de ceux faisant déjà partie de l’écosystème automobile. Selon les projections, les exportations du secteur devraient flirter avec la barre des 100 milliards de DH à l’horizon 2015.
L’industrie automobile reste le seul secteur où le Maroc marque des points car les autres nouveaux métiers sont à la traîne. Ainsi, en 2014, les exportations de l’électronique ont atteint 4 milliards de DH, soit une hausse de 14,8%, mais l’on est encore loin des niveaux de 2007 où elles frôlaient les 6 milliards de DH.
L’autre métier mondial sur lequel table le Maroc reste l’aéronautique. En 2014, les exportations ont atteint 3,5 milliards de DH contre 3,9 milliards de DH un an auparavant. Soit un repli de 3,9% sur un an. Pourtant, ce n’est pas les commandes qui manquent. En effet, plusieurs milliers d’appareils de différentes catégories sont commandés à travers le monde, auprès aussi bien des géants de l’industrie aéronautique tels que Boeing et Airbus que le brésilien Embraer ou encore le canadien Bombardier. Le secteur n’a pas encore le même degré de développement que l’automobile, mais le Maroc est parti de zéro.
Le gouverneur de BAM recommande l’évaluation des avantages, notamment fiscaux et en foncier, accordés aux investisseurs sur la base d’une analyse coût/bénéfice. Il est vrai qu’en 2014, les IDE ont atteint 36,5 milliards de DH, mais en parallèle, les investisseurs étrangers ont rapatrié 15 milliards de DH de dividendes (Voir aussi page 9). Si le transfert de bénéfice à l’étranger par les maisons mères fait partie des règles du jeu, certaines multinationales abusent en trichant sur les prix de transfert, notamment la rubrique assistance technique, les fees management… Il faudrait évaluer dans quelle mesure les stratégies sectorielles contribuent à la transformation de l’économie nationale et l’accélération de la croissance, y compris l’industrie automobile.
L’absence d’une évaluation des plans sectoriels ne permet pas de déterminer si ces derniers sont cohérents ni s’il y a une synergie entre eux. Pourtant, il y a des thématiques qui sont communes aux différentes stratégies telles que la formation et la mise à niveau des ressources humaines. Une problématique qui devrait être prise en charge de manière globale. L’eau est également une question qui concerne pratiquement l’ensemble des plans sectoriels. Là encore, une vision d’ensemble fait cruellement défaut.

Des secteurs porteurs

L’automobile, l’électronique et l’aéronautique constituent de nouveaux métiers pour le Maroc. Ils ont connu des succès à des degrés différents, mais ils n’ont jamais fait l’objet d’une évaluation. Pourtant, une telle démarche permettrait de savoir si ces modèles ont pu atteindre les objectifs pour lesquels ils ont été mis en œuvre et s’ils peuvent être dupliqués à d’autres secteurs. Le patronat réclame  depuis plusieurs années des stratégies dédiées aux industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (IMME), agroalimentaire ou encore pharmaceutique.

Hassan EL ARIF

 
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