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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

jeudi 18 décembre 2014,
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Solaire: Le patronat attend plus de l’Etat
Les opérateurs veulent un cadre fiscal incitatif pour lancer les filières
Un écosystème en finalisation avec la Fenelec
Un potentiel de 50.000 emplois à l’horizon 2020

   

Le privé appuie encore une fois sur la fibre sensible: la fiscalité. La mise en place d’une batterie de mécanismes de financement et de subventions est importante, «mais le secteur privé a besoin d’un cadre fiscal incitatif» pour libérer le potentiel d’investissement et d’innovation dans les cleantech.
Lancé par la patronne des patrons Miriem Bensalah , dès les premières interventions d’ouverture du forum Technologie climat, mercredi 17 décembre à Skhirat, le message n’est pas passé inaperçu. Sur le sujet de la fiscalité, les ministères se renvoient la patate chaude: «Ce n’est pas de notre ressort», décline Abdelkader Amara, ministre de l’Energie, de l’Eau et de l’Environnement. «Demandez à Monsieur Elalamy ce qu’il en pense», suggère Amara. «C’est certes un levier important, parmi bien d’autres. Le patronat est dans son rôle, mais ce n’est pas à nous d’en décider. Posez plutôt la question au ministre de L’Economie et des Finances», réplique, à son tour, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie numérique.  En ces temps de politique d’efficacité budgétaire, pour ne pas dire de rigueur, le gouvernement n’est certainement plus dans une optique de largesses et faveurs fiscales, quelque stratégique que soit le secteur concerné. Mustapha Bakkoury, président du directoire du Morocco Agency for Solar Energy (Masen), agence pilotant l’opérationnalisation du programme national dans l’un des secteurs à fort potentiel d’intégration industrielle locale, n’est pas contre le principe des incitations. «A condition de démontrer la nécessité de mettre en place ces incitations, ainsi que les retours induits, qu’ils soient d’ordre fiscal ou autre».  En d’autres termes, les filières locales, même naissantes, doivent d’abord prouver leur efficacité et leur capacité à innover. «De plus, une incitation n’est qu’une amorce d’un processus industriel. Il ne faut pas s’attendre qu’elle s’inscrive dans le plus ou moins long terme», tient à préciser le président du directoire de Masen. Pour le moment, la formule «des écosystèmes» est de mise. Le ministère devrait bientôt finaliser une convention avec la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables.  Sur les 26 écosystèmes industriels à déployer dans le cadre du Plan d’accélération industrielle (PAI), 10 sont programmés dans les secteurs de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables. Cela porte sur un potentiel de création de 50.000 emplois à l’horizon 2020. «Les outils sont en place et les moyens financiers mobilisés. Les cleantech peuvent désormais se déployer», soutient Moulay Hafid Elalamy. Le Fonds de développement industriel de 3 milliards de dirhams, dédié à l’industrie, est parmi ces mécanismes de soutien ouverts aux industries du secteur. Pour le cluster solaire, lancé officiellement en avril dernier et porté principalement par Masen, l’ONEE et l’Agence de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, plusieurs actions ont été identifiées et devraient être en déploiement dès janvier prochain. De l’avis de Mustapha Bakkoury, président du cluster, l’événement de Skhirat est une première concrétisation en termes de plateforme d’échange et de partage autour des défis et attentes du secteur.
S. F.