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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

vendredi 19 septembre 2014,
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Agroalimentaire/Russie
Un marché de 140 millions de consommateurs à investir
Un débouché prometteur mais non sans risques
Une offre marocaine très limitée
Une quinzaine d'opérateurs pour promouvoir le label Maroc

   
Agroalimentaire/Russie Un marché de 140 millions de consommateurs à investir
Ce petit livre sympathique, qui a eu beaucoup de succès dans l'Union soviétique des années 1960-70, dressa la réputation du Maroc, pour ses fruits et légumes. Réputation qui tient encore. Vassili Axionov (ou Vasili Aksenov, ou un mélange des deux versions) est un auteur à succès et prolifique, qui ne se revendiqua pas dissident, bien que sa famille et lui-même aient largement goûté de leurs séjours au Goulag. Avec un humour léger, il décrit ici la vie des jeunes hommes et femmes travaillant sur les grands chantiers de toutes sortes, dans l'extrême-est de l'Union soviétique. Quand le navire apportant les oranges du Maroc est annoncé, on quitte tout, à 100 km à la ronde. On va faire la fête au port. Fête des esprits, fête des amis et aussi, c'est plus facile, fête des corps, en attendant les 4 kilos d'orange auxquels chacun a droit. Voilà comment les oranges du Maroc devinrent mythiques. Axionov a un talent très particulier pour la description des accélérations… Espérons que cela soit contagieux pour les exportations

La grande majorité, des entreprises marocaines présentes  au World food Moscou, est unanime: le potentiel du marché russe est important, mais non sans risques.
Une vingtaine d'entreprises agroalimentaires sont en effet présente du 15 au 18 septembre dans cette grand-messe internationale des produits agroalimentaires dans la capitale russe. Une première présence dans un pays de 140 millions d'habitants et qui importe 70% de ses besoins en fruits et légumes, 20% de ses produits laitiers et quelque 30% de ses besoins en viande pour 42 milliards de dollars.
C'est dire l'intérêt que suscite ce pays chez les exportateurs. Plus de 35 pays sont en lice pour conquérir toujours davantage de parts d'un marché dominé essentiellement par la Chine, la Turquie, l'Egypte et les pays de l'UE (France, Espagne, Italie.

.).
Le Maroc lui est le 10e fournisseur de la Russie avec des exportations qui n'excèdent pas en termes de valeur 3,2% des besoins du marché.
Pour Younes Berkalil, directeur général de 1.2.3 safran, la participation dans ce salon est très importante car non seulement elle permet de prospecter des distributeurs locaux, mais également de la région. C’est une occasion de rencontrer et d’entretenir les relations avec des clients d’autres pays présents dans le salon. Le World food Moscou est aussi incontournable que le Gulf food exhibition de Dubai ou le SIAL à Paris.
Même son de cloche chez  Ismael Benjelloun, sales manager à la station de conditionnement Aya, spécialisée dans les agrumes. L’entreprise est assez familière du marché russe puisqu’elle exporte quelque 10 mille tonnes d’agrumes vers le pays et espère lors de ce salon augmenter son volume de 10 à 15%.
Et c’est sa connaissance du marché russe qui lui permet justement d’apporter un petit bémol à l’euphorie ambiante.
Pour Ismael Benjelloun, en dehors des difficultés «culturelles» liées à la langue, le marché russe n’est pas très facile, extrêmement fluctuant avec un risque de payement. «Beaucoup d’entreprises russes ne sont pas solvables à tel point que les grandes compagnies d’assurances pour le commerce extérieur telle que la Coface refusent de s’engager, la seul garantie reste le payement à l’avance».
Mais aussi difficile soit-il, le marché russe reste tout de même prometteur. Le Maroc détient des parts de marché assez significatives sur certains segments de fruits et légumes. Particulièrement des petits fruits d’agrumes pour lesquels le Maroc est le premier fournisseur avec une part en volume qui avoisine les 26% suivi de la Turquie 23%.
Mais qu’en est il des autres produits, tels que  ceux du terroir ?
Selon Guillaume Dubuis, directeur général de Dualest, entreprise représentant Maroc Export en Russie, les produits marocains ont toutes leurs chances auprès d’une catégorie «premium» de plus en plus importante en Russie.
Toutes leurs chances… à condition de s’adapter, «de mieux  écouter les contraintes du marché». Selon Guillaume Dubuis, l’offre du Maroc est très limitée. Il donne l’exemple de l’huile d’argan  beaucoup trop cher selon lui dans les points de vente. Une bouteille conditionnée à 250 ml est vendue à 1.800 roubles (45 euros), ce qui rend le produit marginal. «Il faut que les coopératives et les entreprises marocaines s’intéressent au marché, qu’elles positionnent leurs produits au détail avec une cascade de marges. En somme qu’elles comprennent à quel prix elles doivent le vendre pour exister, sinon ce sont des espagnoles ou des françaises qui vont vendre l’huile d’argan marocaine, ce qui serait un paradoxe».

La quinzaine du Maroc à Moscou

Organisée en partenariat avec des distributeurs et des réseaux de magasins russes qui s’engagent à mettre en avant les produits marocains. Elle aura lieu du 6 au 21 novembre 2014, avec l’ambition de pouvoir renouveler l’opération chaque année.
Objectif positionner les produits marocains comme des produits de qualité, s’adressant à une clientèle «premium», de diversifier nos produits, cantonnés pour le moment dans les agrumes et le poisson, sur le marché russe. Il s’agit, selon Guillaume Dubuis, d’introduire les produits de spécialité marocaine : du couscous, de l’huile d’argan, de l’huile de figue de barbarie. L’opération s’adresse aux petites et moyennes entreprises marocaines.

Amine Boushaba