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vendredi 31 octobre 2014,
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Grève générale: Les transports en commun à l'arrêt partout
Tramway, bus urbain, le débrayage massivement observé
Plusieurs administrations et outils stratégiques paralysés

   

Ce qui frappe le plus à Casablanca, mercredi 29 octobre, c’est la fluidité de la circulation.

Grève générale: Les transports en commun à l'arrêt partout
C’est le débrayage quasi généralisé du transport public qui explique la réussite du mouvement à Casablanca. Faute de moyens de déplacement, de nombreuses personnes des quartiers périphériques ont été empêchées de rejoindre leur lieu de travail. Les récalcitrants parmi les taximen ont été parfois «sommés» de rallier la grève
Le transport public, notamment les bus et le tram ainsi que les camionneurs ont participé massivement à la grève. Seuls les petits et grands taxis sillonnaient les artères de la capitale économique mais à une cadence moindre que d’habitude. Résultat, des pans entiers de la vie économique et sociale ont été gagnés par la mouvance du débrayage. C’est le cas de tous les cycles de l’enseignement public, de la formation professionnelle et de plusieurs secteurs des services publics et privés. Les agences de Barid Al Maghrib, du groupe Banque Populaire et du Crédit Agricole du Maroc étaient fermées alors que nombre d’établissements privés fonctionnaient normalement ou assuraient le service minimum. Le même constat est valable pour la Santé publique alors que les hôpitaux étaient astreints aux services d’urgence, les cliniques privées étaient ouvertes ainsi que les laboratoires d’analyses et les pharmacies.
Fait marquant, les syndicats à l’origine de l’appel à la grève générale, l’Union marocaine du travail, la Fédération démocratique du travail et la Confédération démocratique du travail se sont abstenus d’organiser des meetings pour éviter tout dérapage.
Le mouvement, soutenu par d’autres syndicats ainsi que par des partis politiques et même des ONG, a été «massivement suivi», selon un communiqué commun. A 13 heures, hier mercredi, le taux de participation a dépassé les 83%, précise le communiqué des trois centrales à l’origine du débrayage. Un taux qu’il faut relativiser selon les villes et la concentration des agents de l’administration, des entreprises publiques et des collectivités locales. Car le mot d’ordre ciblait avant tout cette population, bien que les motifs concernent la dégradation du pouvoir d’achat, la réforme du système de retraites et la relance du dialogue social. Le triptyque qui a motivé cette grève générale d’avertissement. Mais que le chef du gouvernement considère  «injustifiée» tout en faisant miroiter «l’annonce, le jour même, d’une bonne nouvelle aux Marocains». Une manière «de parasiter le mouvement», commente un syndicaliste qui se demande si Benkirane va faire part d’une découverte pétrolière ou de la gratuité de l’enseignement privé. A l’heure où nous mettions sous presse, il n’y avait pas encore de «bonne nouvelle».
A. G.

                                                             

- Fès, le spectre de 1990
A Fès, la population a eu peur hier. La raison, le spectre des émeutes du 14 décembre 1990 est encore en mémoire. Ainsi, les routes, habituellement animées, étaient vides ou presque. La circulation était très réduite. Pour cause, les 200 autocars de la City Bus n’ont pas quitté le garage.

Grève générale: Les transports en commun à l'arrêt partout
Pour parer à d’éventuels débordements, les syndicats avaient appelé leurs troupes à s’abstenir d’organiser des meetings. Mais cela n’a pas empêché les diplômés chômeurs et quelques éléments du mouvement du 20 février de saisir l’occasion de la grève générale pour manifester, comme à l’accoutumée, devant le siège du Parlement à Rabat. La manifestation a été vite dispersée par les forces de l’ordre
Il en est de même pour les camions du ramassage des ordures du groupe Ozone. Par ailleurs, Hamid Chabat a fermé sa mairie. Normal puisque les fonctionnaires de la commune sont tous UGTM et celle-ci a largement répandu le mouvement. A la santé, le taux de participation au niveau de la région était de plus de 90%. Toutefois, les urgences ont travaillé normalement, mais avec des brassards en guise de soutien du mouvement. o
Y. S. A
- Le port de Casablanca paralysé
Le port de Casablanca était pratiquement paralysé hier mercredi. Excepté quelques services qui ont continué à tourner comme la douane, la sécurité, le contrôle des normes, la facturation de Marsa Maroc… les autres observaient le mot d’ordre de grève.
C’est le cas notamment de Somaport, de l’Office national de sécurité sanitaire de produits alimentaires, de l’Agence nationale des ports et de l’entreprise qui gère les silos de stockage des céréales. Les camions n’assuraient pas non plus le transport de marchandises.
Les hôpitaux publics (notamment les CHU d’Ibn Rochd et du 20 Août et l’hôpital My Youssef que L’Economiste a visités) n’assuraient que le service minimum (urgences). «Les rendez-vous ont été annulés. Les médecins ne reçoivent que les cas urgents», indique un agent administratif à l’hôpital Ibn Rochd.
La majorité des banques n’assuraient aussi que le service minimum. Les agences de la BCP étaient pratiquement toutes fermées, alors que beaucoup d’agences d’AWB, BMCE, BMCI… tournaient avec des effectifs réduits. 
Pour leur part, les fonctionnaires des arrondissements de Sidi Belyout, Anfa et Maârif observaient  le mouvement de grève à plus de 80%, selon un fonctionnaire sur place.
C’est le cas aussi pour les établissements d’enseignement public (écoles, lycées et universités) qui ont massivement répondu à l’appel à la grève. «L’absence de moyens de transports a dissuadé élèves et enseignants de faire le déplacement», témoigne un usager. Par contre, dans les établissements privés, les cours se poursuivaient normalement. Même constat au niveau des administrations relevant de l’Intérieur (préfectures, wilaya…) qui ont eu une journée normale de travail.
Les cheminots n’étaient visiblement pas séduits par l’appel à la grève. A la gare Casa-port, pas de changement dans les horaires de train. «Ce matin, j’ai fait la navette Rabat-Casa sans problèmes», constate une usagère.
Du côté de Derb Omar, la majorité des commerces ont fermé boutique, alors que ceux de Benjdia étaient à 50% ouverts.
A. E.
- Marrakech au ralenti
A Marrakech, plusieurs administrations publiques ont répondu à l'appel de grève lancé par l’UMT/CDT/FDT. Ainsi, la paralysie a été constatée du côté de la Poste, des collectivités locales, l’enseignement, quelques banques, les Impôts, le transport des marchandises. Le transport urbain et aérien a maintenu l’activité. Les marchés de gros et des légumes n’ont pas été perturbés.
B. B. 

- Peu d'effets à Tanger
La région de Tanger a vécu cette journée de grève à différents rythmes. L’un des premiers indicateurs a été la circulation automobile à peine plus fluide que d’habitude. Les services de transport urbain, petits taxis, grands taxis et autobus urbains étaient en ordre de marche et actifs, ce qui laisse prédire que le taux de suivi de la grève dans cette catégorie sera minime.

Grève générale: Les transports en commun à l'arrêt partout
Le port de Casablanca était pratiquement paralysé. Pas de sortie ni d’entrée de marchandises, en raison du débrayage des camionneurs. L’autorité portuaire, un gestionnaire de terminal et l’Office de contrôle des produits alimentaires étaient aussi en grève. Par contre les services des douanes, de sécurité, de contrôle des normes industrielles et de facturation du magasinage fonctionnaient

Du côté du port Tanger
Med, le trafic risque pour sa part d’être assez perturbé. En effet, selon une note de l’Agence portuaire Tanger
Med, le trafic a été arrêté au niveau du terminal à conteneurs, certaines sociétés comme APM Terminals ayant préféré accorder la journée de grève comme un jour férié chômé et payé, ce qui a permis d'en limiter les effets. Les sociétés de transport et les exportateurs étant rôdés à ce type d’exercice et les envois sont soit avancés ou retardés d’un jour pour éviter les tracas et les embouteillages au port.
A. A.
- Agadir: Les secteurs névralgiques touchés
Il n’est pas difficile de trouver une place de parking à Agadir hier matin. La plupart des fonctionnaires des administrations sont en grève. Tous les secteurs névralgiques sont touchés et tous les services paralysés. Impossible de procéder aux légalisations, d’établir des contrats de vente, d’achat… Ce qui représente un grand manque à gagner. Pour le seul service des légalisations, la municipalité enregistre par jour un chiffre de près de 600.000 DH, nous souffle un cadre. Les espaces culturels, maisons de quartier, conservatoire de musique… sont aussi désertés durant 24 heures. La perte est aussi importante pour les sociétés de transport. Pas de bus pour se déplacer en ville ou dans la périphérie. En effet, tous les fonctionnaires, contrôleurs, techniciens, mécaniciens du gestionnaire délégué Alsa sont en arrêt. Ils ont même organisé leur propre sit-in dans le parc de l’entreprise et sur la place du terminus dans le quartier l’Abattoir. Mais, bonne nouvelle pour les citoyens, les éboueurs sont restés en service jusqu’à 13heures pour assurer la propreté de la ville. Suite à quoi, une manifestation avec une centaine de camions et quelque 700 employés a été organisée. La grève impacte aussi négativement le milieu hospitalier qui est à l'arrêt. Heureusement que les urgences assurent. A souk Al Had, plus de 50% des commerces sont fermés.
F. N.