Economie

Exportations
L'origine Maroc met le cap sur l'Afrique

Echaudés par les blocages sur les marchés traditionnels, les opérateurs veulent se diversifier
L'Afrique promet une belle croissance
L'Asmex et BMCE Bank offrent leur accompagnement

Après l'Union européenne et la Russie, les exportations marocaines cherchent à investir de nouveaux marchés, principalement dans les fruits et légumes. De nombreux professionnels du Souss et principalement d'Aït Melloul, lieu où s'est tenue la rencontre organisée par l'Asmex et BMCE Bank, sont favorables à cette expansion, pourquoi pas vers l'Afrique. Diversifier les débouchés permettrait de doper la production et offrir des opportunités d'emploi à la région. Mais aussi dépasser les obstacles conjoncturels qui se posent sur les marchés dits traditionnels. Une stratégie que les partenaires financiers, en l'occurrence, BMCE Bank qui dispose d'une expertise sur les marchés africains (une vingtaine de pays), se propose d'accompagner. «Dans le cadre de notre stratégie de proximité, nous proposons un accompagnement de nos clients afin qu’ils investissent dans d'autres pays, notamment sur le marché africain», explique Tahar El Hana, Directeur régional BMCE Bank.
Les difficultés rencontrées sur le marché russe, pourtant porteur, échaudent les exportateurs. Bien qu'il s'agisse de la première destination de la filière agrumicole du Maroc, avec 38% du volume total des exportations en 2015,  et en dépit de son énorme potentiel, la Russie suscite des inquiétudes. La clientèle russe accumule en effet les retards de paiement, voire les impayés envers leurs fournisseurs marocains. La forte concurrence égyptienne, l’absence de convertibilité du rouble en DH et sa dévalorisation face au dollar sont aussi des obstacles compliquant les opérations.
Le marché européen est de même sous tension. Moscou ayant prolongé jusqu’au 31 décembre 2017 son embargo sur notamment la plupart des fruits et légumes en provenance de l’Union européenne. Ce qui s’est traduit par un report sur le marché intérieur européen de la production des autres membres de l’UE, un renforcement des dispositifs de soutien de la Commission européenne en leur faveur. Et par ricochet, par une concurrence plus accrue et plus compétitive pour l’origine Maroc. «Il est désormais vital de faire l’effort de diversification avec ce que cela nécessite d’effort d’adaptabilité des produits, de compréhension des cultures, d’amélioration des connaissances de langue… afin de poser la problématique de nos performances non en valeur nominale mais bien en valeur ajoutée», explique Hassan Sentissi El Idrissi, président de l’Asmex. «La diversification de nos exportations est un signe de plus grande robustesse de notre économie», a-t-il ajouté.
Le patron de l'Asmex  a aussi soulevé la problématique du transport et appelé les opérateurs à créer un comité pour essayer de trouver des financements pour les affrètements.

Rencontres régionales

Pour rappel, dans la continuité de leur stratégie de proximité et d’accompagnement, BMCE Bank et l’Asmex organisent continuellement des rencontres pour les exportateurs. Intitulée «Discover business in Africa», la dernière en date était orientée sur les opportunités d’affaires en Afrique de l’Est. Les partenaires programment des rencontres débats dans plusieurs régions du Maroc pour faire connaître les nouveaux marchés, présenter les offres de produits dédiés et sensibiliser aux avantages et opportunités d’exportation à travers le réseau international de BMCE Bank of Africa et sa plateforme électronique BMCE Trade.