Economie

Tourisme: Une e-stratégie en retard

La destination absente des réseaux sociaux les plus populaires
90% des réservations se font par Internet et sont trustées par les «pure players»
Faible positionnement web du pays alors que la destination perd en attractivité
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Source: Ministère de Tourisme
La destination Maroc souffre d’un faible positionnement sur les réseaux sociaux, alors que de plus en plus de marchés concurrents investissent massivement ces plateformes Internet

A deux mois de la fin de mandat, le ministère du Tourisme vient d’annoncer la mise en place d’une nouvelle stratégie digitale pour le secteur. «Ce travail devait être fait il y a longtemps. Je suis étonné que des professionnels du tourisme n’utilisent pas les réseaux sociaux. C’est loin d’être un luxe, mais un outil désormais nécessaire», avoue Lahcen Haddad, ministre du Tourisme.  En effet, la mise en place d’une réelle approche numérique à tous les niveaux de la chaîne de valeur de l’industrie touristique a pris énormément de retard, alors que 60% du chiffre d’affaires mondial du secteur passe par Internet. 

Un vide qui a été comblé par les «majors» du Net, notamment Booking, Airbnb ou encore TripAdvisor. D’ailleurs, 90% des touristes ayant opté pour la destination Maroc ont réservé leurs hébergement via Internet, avec 56% des achats en ligne, soit 149 millions de DH. Le Maroc est également sous-représenté au niveau des réseaux sociaux. Il se limite à Facebook et Youtube. 
Là où des destinations comme la France, Londres, Dubaï ou encore l’Arabie saoudite ont multiplié leur présence au niveau des réseaux sociaux les plus populaires, notamment Twitter, Instagram, Flickr, Pinterest, Snapchat, Slidesher, voire TripAdvisor.  Parallèlement sur le terrain, le pays perd clairement en attractivité et dégringole dans le classement des voyageurs des principaux marchés émetteurs. 
Un constat confirmé par le warning des tour-opérateurs français qui rapporte une chute de 30% des ventes à destination du Maroc (à fin juin dernier).  Cette «discrétion» sur le web conjuguée à la recrudescence des attaques terroriste dans la région ne peut que nuire au «branding» de la destination et nourrir les amalgames.  Pour pallier cette situation, la tutelle compte opérer d’ici septembre prochain une refonte de son portail Internet. En plus d’un nouveau design et d’une meilleure ergonomie ou encore un «responsive design» (multi-écrans), il devrait comporter des services pour les professionnels. Un segment e-gov qui devrait permettre aux opérateurs de remplir des télé-déclarations des nuitées en partenariat avec les services de sécurité. S’y ajoutent la gestion et la labellisation des établissements de formation, la dématérialisation du processus d’hébergement touristique et de contrôle des métiers (agences de voyages, guides touristiques…). L’ONMT devrait pour sa part gérer l’aspect e-réputation et branding de la destination via les réseaux sociaux, là où la Smit prépare également une refonte de son site web et la mise en place d’une application pour guider les investisseurs potentiels. Il n’empêche que le succès de cette stratégie reste tributaire de la création de contenus de qualité, calibrés pour répondre aux attentes des internautes.