Economie

Boussaid: «Sortons de l’économie de rente!»

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5138 Le 31/10/2017 | Partager
Le ministre des Finances appelle à quelques électrochocs
Dans l’antichambre d’un vrai débat sur les modèles
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Il faut réduire les disparités territoriales et sociales et promouvoir l’éducation, indique le ministre de l’Economie et des Finances (Ph. Bziouat)

«Nous ne sommes pas là pour donner des propositions sur un nouveau modèle, c’est un processus qui doit prendre plusieurs mois». «Guest Speaker» de l’association Damir (1), le ministre Rniste des Finances a préféré faire preuve de pédagogie dans un exercice où l’essentiel de la communication a convergé vers la contextualisation. D’abord celle de l’économie marocaine.

Boussaid a ainsi commencé par la croissance marocaine qui a connu selon lui l’âge d’or du début des années 2000, jusqu’à la crise des subprimes. Il a ensuite constaté «la diminution de la croissance moyenne dans toutes les régions du monde après la crise». Les économistes s’accordent toutefois sur le fait que «les contextes sont différents». L’on ne peut comparer un pays développé avec un pays en développement, ni une région, avec ses spécificités, à une autre région. La Chine, à titre d’exemple, doit son recul de la croissance à la maturité de son modèle et non à la crise de 2008.

Boussaid a même placé le taux de chômage du Maroc et celui de pays européens sur la même diapositive. «Si je donne ces chiffres, ce n’est pas pour dire que tout va bien, mais pour dire qu’il y a eu des avancées», indique cependant le ministre. Loin des préoccupations de modèle, Boussaid a aussi été interpellé sur des sujets tels que la réforme du régime des changes, de la compensation, de la retraite, l’Afrique, etc. Quelqu’un a même posé une question sur la cherté des tomates.

Question à laquelle le ministre a pris la peine de répondre. «J’ai de la peine quand je vois que le taux de l’inflation des produits agricoles est négatif. C’est bien pour le consommateur mais très mauvais pour l’économie», a-t-il expliqué. Concernant les derniers limogeages de ministres, il souligne que «Le séisme politique doit être une force motrice qui nous pousse à travailler,  à prendre nos responsabilités».

Le ministre des Finances a tout de même glissé quelques messages entre les lignes. L’on pourra regretter au passage que le raisonnement n’ait pas été développé au point de proposer des alternatives. «Sortons de l’économie de rente! Sortons de l’immobilier, assez! Sortons des sentiers battus!» «L’administration…est un frein», a-t-il martelé sur un air plein de regret. «Elle doit défendre son honneur…levons-nous, travaillons».

Boussaid a également proposé quelques pistes de développement comme la réduction des disparités spatiales et sociales ou la refonte de l’éducation, question qui n’a pas pu être esquivée lorsque le ministre a été interpellé sur le modèle coréen.

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(1) Conférence sous le thème «Regards critiques autour du modèle économique et social du Maroc» tenue le 27 octobre 2017 à Casablanca

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