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    Economie

    Pollution au soufre: L'étrange attitude du Ministère de L'Energie

    Par L'Economiste | Edition N°:818 Le 26/07/2000 | Partager

    • L'ONE a passé commande de fuel moins polluant au niveau international• Le ministère est monté à la défense de La Samir• La société de raffinage présente aujourd'hui, et pour la énième fois, son programme d'investissementVOILÀ un dossier qui a été mis en veilleuse pendant quelques années, mais qui refait aujourd'hui miraculeusement surface. L'ONE a rouvert le débat sur la qualité des combustibles au Maroc, même si l'on ignore l'issue du bras de fer qui semble opposer l'Office au Ministère de l'Energie et des Mines autour de l'affaire du fuel à faible teneur en soufre.L'ONE a lancé un appel d'offres international pour l'approvisionnement de l'Office en 100.000 tonnes de fuel BTS (basse teneur en soufre). A première vue, la commande se présentait comme une simple opération de routine. D'abord, en raison des retombées positives sur le plan écologique. Ensuite, La Samir ne produit pas ce type de combustible. «L'Office ne fait de toutes les manières que suivre les recommandations du département de l'Environnement, lesquelles sont étayées par un comité interministériel«, souligne M. Driss Benhima. Sur la base d'une étude commandée au Bureau allemand GTZ, le comité en question a recommandé à l'Office de ramener aux normes européennes les effluents des centrales électriques qui utilisent le fuel. Pour certains sites, il y a urgence. Les rejets de soufre de l'unité de Mohammédia, par exemple, atteignent 4.800 milligrammes/mg/nor-malm3 alors que les normes fixées par le département de l'Environnement pour les centrales électriques existantes sont de 1.800 milligrammes/mg/normalm3. Pour les prochaines unités à construire, ces normes sont établies à 400 milligrammes/mg/normalm3. Dans ses conclusions, le GTZ a conseillé l'utilisation du fuel BTS. L'ONE estime que les actions en aval, à savoir les investissements des centrales propres, ne servent à rien si elles ne sont pas accompagnées de mesures en amont qui ciblent la qualité des combustibles utilisés. L'appel d'offres relatif au fuel BTS s'inscrit dans ce cadre.C'était sans compter avec la réaction du Ministère de tutelle. Dans une correspondance adressée à l'Office, le département de M. Youssef Tahiri a tout simplement «suggéré« de suspendre l'appel d'offres' ; réaction pour le moins étrange. Contactés par L'Economiste, aussi bien le chef de cabinet que le directeur de l'Energie sont restés injoignables. La question est de savoir pourquoi le ministre s'oppose à l'importation d'un combustible de qualité? S'agit-il de défendre le monopole de la société de raffinage? M. Benhima donne au dossier une dimension politique. «Il y a lieu de constater l'insouciance qui a prévalu dans le contrat de privatisation de La Samir en matière de protection de l'environnement«, estime M. Benhima. Par la même occasion, le DG de l'ONE ne manque pas de signaler les différences qui existent en matière de normes environnementales à la production au sein des filiales du groupe suédo-saoudien Corral (propriétaire de La Samir). En Suède, le groupe produit les carburants les plus propres au monde, alors qu'au Maroc, la teneur en soufre dans les carburants est anormalement élevée. Pour le fuel, le taux est de 3,5%, alors qu'en Algérie, il est de l'ordre de 0,24%. Pour l'appel d'offres, l'ONE a exigé une teneur en soufre inférieure à 1%.En l'absence de ce genre de fuel au niveau local, il reste donc l'alternative du marché international. En tout cas, l'ONE ne semble pas prêt de faire marche arrière.M.B.& M.D.


    Le droit à la pollutionAU-DELA du bras de fer ONE/Ministère de l'Energie, c'est tout le débat sur la désulfurisation des combustibles qui revient au-devant de la scène. Il s'agit de réduire la pollution atmosphérique. Les rejets de dioxyde de soufre en sont l'un des principaux facteurs. Le Maroc n'échappe pas au phénomène si l'on en juge d'après les nombreuses études réalisées au cours de ces dernières années. Ceux qui s'opposent à la désulfurisation des combustibles estiment que le droit de polluer au Maroc, comme pour les autres pays émergents, n'est pas encoreépuisé. Un argument léger, souligne M. Benhima. «Posez onc la question aux. habitants de Mohammédia ou à ceux des quartiers Nord de Casablanca et vous allez vous rendre compte s'il y a urgence ou pas«.A titre indicatif, il est rappelé qu'un jour sur dix au quartier Maârif à Casablanca, les niveaux de pollution sont dépassés. Cette pollution atmosphérique provient essentiellement du dioxyde de soufre dégagé par les combustibles. M.B & M.D.
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