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    La Chambre de Commerce? Une fière leçon de démocratie!

    Par L'Economiste | Edition N°:818 Le 26/07/2000 | Partager

    • Entretien avec Abdellatif Bel Madani, ancien président de la CCIS-Casablanca• «Il faudrait repenser l'organisation des métiers«• L'inscription à la CNSS devrait aussi être un critère d'adhésion et d'éligibilitéC'EST M. Kemmou qui a été élu, dès vendredi 21 juillet, président de la Chambre de Commerce, d'Industrie et de Services de Casablanca. Il succède ainsi à M. Abdellatif Bel Madani, qui ne s'est pas représenté. Il tire néanmoins pour les lecteurs de L'Economiste les leçons de ses trois années de mandat. Avec son franc-parler habituel, ces leçons prennent un relief particulier, surtout si les Chambres, comme elles le souhaitent, entrent dans un processus de réforme de leur statut.- L'Economiste: Quels enseignements tirez-vous de vos trois années de présidence de la Chambre de Commerce, d'Industrie et de Services de la capitale économique?- M Abdellatif Bel Madani:D'abord et définitivement que je ne ferai pas de carrière politique. C'est clair, je ne suis pas fait pour cela. Sérieusement, la Chambre est un enrichissement. Une chambre de commerce est un organisme démocratique, très différent de l'association professionnelle. Dans une association se retrouvent des personnes du même bord, ayant approximativement les mêmes projections sur l'avenir. Le monde de la Chambre est tout autre. Les membres viennent d'horizons très divers, ont des niveaux très différents, des centres d'intérêt diversifiés, parfois opposés. Ils ont des philosophies différentes, des tendances différentes et des moralités différentes... Mais ils sont le Maroc économique profond. Dans les assemblées générales, il y a parfois des membres si pauvres que vous vous demandez s'ils savent de quoi ils vont vivre le lendemain! La Chambre est l'occasion de parole pour le plus grand nombre d'opérateurs. C'est ce qui est bon dans les Chambres. Pour moi, la grande leçon, c'est qu'il ne suffit pas de faire quelque chose. Dans un système démocratique comme les Chambres, il faut chaque fois mesurer comment ce que vous avez fait est perçu.- Avez-vous fait tout ce que vous souhaitiez faire?- Tout, non. Beaucoup, oui. Le Bureau et moi-même voulions assainir les comptes, c'est fait. Nous voulions former et redynamiser le personnel, c'est fait. Nous voulions relancer les conversations avec le Ministère de l'Industrie et du Commerce, nous l'avons fait jusqu'au point de travailler sur une réforme des organismes consulaires que sont les Chambres.- Ce n'est que le énième projet de réforme...- Pourtant, au nom de la démocratie que sont les Chambres, il faudra s'y atteler très vite. D'abord, il faudrait tenir compte du fait qu'il y a des intérêts très différents selon que l'on est un petit commerçant individuel ou un industriel employant 2.000 personnes. Il faut repenser l'organisation des métiers car un chauffeur de taxi n'a pas les mêmes préoccupations qu'un exportateur, alors que tous deux doivent pouvoir faire valoir leur point de vue.Créer une Chambre des métiers, comme cela existe en France, serait une bonne solution. Pourraient en faire partie des artisans, alors qu'aujourd'hui il me semble que l'on donne une définition trop traditionnelle aux métiers de l'artisanat. Ensuite, il serait bon de faire de l'inscription à la CNSS un critère d'adhésion et d'éligibilité. Cela pousserait à l'élargissement de la politique sociale.Enfin, il serait utile d'enlever ou pour le moins d'atténuer l'enjeu politique que représentent les chambres. Théoriquement, cela devait permettre aux professionnels de faire entendre leur voix au niveau politique, mais dans la réalité, cela ne fonctionne pas ainsi, tout le monde le sait.- Et la solidarité financière entre les Chambres?- Solidarité, je suis pour. Spoliation, pas question! Je comprends qu'il faille aider les petites chambres qui n'ont pas de ressources, mais quand une région paye plus de la moitié de la patente et qu'on lui reverse moins de 10%, on organise la médiocrité. De même, lorsqu'un ordre de mission d'un employé de la Chambre doit être contresigné par le Ministère du Commerce et parfois aussi par celui des Finances, on organise le manque d'initiatives. Et il y a des contradictions qu'il faut lever: Pourquoi le président de la Chambre est-il pénalement responsable de la gestion quand, en réalité, la Chambre est sous la double tutelle du Ministère du Commerce et du Ministère des Finances? Il ne faut pas chercher plus loin: le peu de poids que les Chambres ont, alors qu'elles sont le seul organisme à représenter démocratiquement le monde économique. Tous ces problèmes ont été soulevés à Dakla ce printemps quand nous avons discuté de la réforme du statut.- Parmi les projets que vous aviez et qui n'ont pas été faits, le centre multimodal...- Nous nous sommes heurtés à un problème foncier. Si j'en crois ce que disent les journaux, nous ne sommes pas les seuls! En revanche, grâce à l'intervention de M. Ben-souda, directeur des Impôts, nous avons pu mettre sur pied le Centre de gestion agréé. Il était prévu depuis 1992 par une loi, mais sans lui, je crains que l'on n'y soit jamais arrivé, car le programme était mal présenté aux experts-comptables et comptables agréés. Nous avons aussi mis sur pied le système des ATA, qui tourne bien. Là encore, nous avons eu peur de ne pas y arriver car la Chambre n'ayant pas son autonomie financière ne pouvait pas effectuer le déposit nécessaire à l'entrée du Maroc dans ce système international de facilitation des échanges. Propos recueillis par Nadia SALAH


    L'horloge pointeuse casséeLES observateurs ne donnent pas cher des bureaux et des présidents de Chambre qui veulent remettre cette administration au travail. En effet, plusieurs tentatives avaient été faites durant les années 80 et 90, sans grands résultats. Le statut des Chambres veut en effet que le personnel ne dépende pas d'elles.La tentative la plus marquante à été de rechercher chez le privé des directeurs de Chambre de Commerce et d'Industrie. Elle n'a pas donné les résultats attendus: en venant du privé, les cadres ont tenu peu de temps dans l'organisation kafkaïenne du travail et du budget. L'un d'entre eux, banquier d'origine et qui est retourné dans la banque, raconte qu'il devait acheter de sa poche les produits d'entretien en attendant que les procédures budgétaires aboutissent, «sinon le ménage n'était pas fait«.Pour sa part, M. Bel Madani narre ses déboires avec l'horloge pointeuse: «La première que nous avons installée pour lutter contre l'absentéisme a été cassée«. Qu'à cela ne tienne! Le Bureau en a installé une autre «qui fonctionne toujours«. De l'ordre a été remis dans le système de notation et les primes sont devenues une décision d'assemblée générale. «En fait, tout le monde a vite compris que les temps avaient changé et en face de ce changement nous avons fait une étude sur l'organisation du travail et proposé des formations«. L'ancien président de la CCIS de Casablanca admet aussi qu'il a fallu «couper quelques têtes«, mais ne veut pas commenter.

    L'allongement du mandat: «Une bonne chose«
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