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Ivo Grammet: Le Maroc dans l’âme

Par L'Economiste | Edition N°:2758 Le 17/04/2008 | Partager

. «Le Maroc est le seul pays où les choses m’intéressent». L’échange interculturel comme moyen de lutte contre l’islamophobieIVO Grammet, docteur en droit, historien d’art et ethnographe, est ce qu’on pourrait appeler un amoureux du Maroc. Atteint du «virus du voyage» selon sa propre expression, il décide de s’installer de manière permanente à Essaouira, il y a près de 30 ans.L’attachement au Maroc de ce Belge d’origine se traduit par la création de l’association «Essaouira Darna» en 2005, qui s’occupe de l’alphabétisation et dispense des cours en langue française aux enfants démunis de la ville. Culturel et associatif semblent indissociables pour ce personnage. Il rappelle que la ville compte 70% d’analphabètes.Il découvre le Maroc à l’âge de 17 ans et décide de le parcourir en autostop. Il passera ensuite six mois à Tiznit pour finir son périple dans l’Anti-Atlas en 1972. Il a alors 26 ans.C’est à ce moment qu’il prépare sa thèse de doctorat sur «Les greniers citadelles des berbères», et se voit proposer de retourner au pays du soleil couchant après sa soutenance. Il obtient alors une bourse de voyage.Ivo Grammet a toujours été attiré par le Maroc rural. Après 1972, époque où il revient au Maroc après avoir soutenu sa thèse, il se retrouve confronté à la difficulté «d’approcher» la culture berbère, due au contexte politique de cette période, qui finira par se dissiper peu après. Plus précisément après l’exposition «Splendeurs du Maroc» en 1998/99, qui s’est déroulée sous le haut patronage de SAR Mohammed VI, alors Prince héritier.Ses nombreuses expositions (cf. encadré) connaissent un franc succès en Europe. Il en compte plus de huit à son actif, sillonnant Bruxelles, Anvers, Chicago, New York, Indianapolis ou encore Jerusalem. Si le Maroc ne compte pas d’expositions de Ivo Grammet, cela est exclusivement dû au manque de fonds et de moyens. Malgré l’aide de la Fondation Hassan II pour la restauration des musées et des œuvres, l’inventaire et la mise en état de certaines pièces, notamment le textile, qui se détériore rapidement, coûtent chers. Selon Ivo Grammet, cela relève de la responsabilité des «banques et grandes entreprises», car «l’Etat n’a pas les moyens». Malheureusement, ces dernières ne s’y intéressent pas. Il faudrait créer les «bonnes circonstances» pour mettre en place une exposition au Maroc, en se greffant par exemple aux normes européennes pour les conditions de conservation.Ivo Grammet n’a pas que les expositions dans son parcours. Son amour de la culture marocaine l’a amené à créer «Maroc Orientation», un centre de réservation pour des voyages basés sur des circuits culturels. Et ensuite? La construction d’un parc roller et d’un atelier de danse à destination des enfants démunis de la ville d’Essaouira, sa ville de résidence.Quand on lui pose la question sur ses projets futurs, Ivo Grammet nous apprend qu’en ce moment même, il est en pleine préparation pour l’Expo 2008, qui se tiendra du 14 juin au 14 septembre à Saragosse. Le Maroc y déploiera le plus grand pavillon. Viennent par la suite d’autres projets, comme l’exposition sur le textile marocain au Nouveau Mexique, ou encore une expo sur le Maroc au Qatar.«Il faut promouvoir la culture», c’est en ce sens qu’il créera l’association Symbiose, qui prône le dialogue et l’échange, pour une «meilleure compréhension interculturelle». En ces temps houleux, où chacun se méfie de son voisin, promouvoir la culture est le meilleur moyen pour «lutter contre l’islamophobie», observe-t-il.Ivo Grammet compte également former des guides pour ses circuits culturels. Selon lui, si le but de 2010 est de faire arriver en masse les touristes, il doit d’abord et avant tout permettre de «lutter contre la pauvreté».«J’ai beaucoup voyagé», aime-t-il à nous rappeler, mais le Maroc est le «seul pays où les choses m’intéressent. On ne s’y ennuie pas». Quant à Essaouira, «c’est une ville vivante, ouverte et cosmopolite». Ivo Grammet à l’air plus Marocain que les Marocains eux-mêmes…


Repères

23/04/1946: Ivo Grammet voit le jour à Tirlemont, Belgique1963: 1er voyage au Maroc, qu’il parcourt en autostop1972: Doctorat en droit à KULeuven, Belgique (Université catholique de Leuven)1974: Licence en histoire de l’art et archéologie, KULeuven1980: Résidence permanente au Maroc (Essaouira)2005: Fonde l’association «Essaouira Darna» (alphabétisation)2006: Création de l’agence «Maroc Orientation», service de réservation pour circuits culturels à travers le Royaume2008: Préparation du pavillon «Maroc» pour l’Expo universelle à Saragosse, Espagne• Commissaire d’exposition1998/1999: «Splendeurs du Maroc», Africa Museum, Tervuren, Belgique*2006: «Les artisans de la mémoire», Musée ethnographique d’Anvers, Belgique*2006: Le Maroc: Couleurs et matières», Domaine du Château de Seneffe, Belgique2006/2007: «Le Maroc des oasis», Musée Porte de Hal – Musées royaux d’art et histoire, Bruxelles, Belgique** Sous le Haut patronage de Sa Majesté Mohammed VIN. M.

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