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    L'assainissement de la profession d'antiquaire

    Par L'Economiste | Edition N°:13 Le 23/01/1992 | Partager

    Interview de M. Abderrahman Choukri, président de l'Association Nationale des Antiquaires et Brocanteurs.

    L'Economiste: Qu'est ce qui entrave le développement du métier d'antiquaire?
    M. Choukri: D'abord l'approvisionnement, ensuite nous ne jouissons pas d'une exonération douanière totale pour le rapatriement des oeuvres d'art, d'objets antiques marocains et arabo-islamiques en général. Enfin, l'identification ou l'expertise: nous n'avons pas d'experts en arts et les services de la douane non plus. Un objet de valeur quitterait facilement notre pays.

    - Quels sont vos sources et moyens d'approvisionnement?
    - Actuellement, on se contente de ce qu'on trouve localement, quant aux moyens, il y a des marchands ambulants, connaisseurs en la matière qui sont en relation avec des marchands de produits déterminés. Dans l'approvisionnement par «voie hiérarchique», plusieurs personnes partent pour 15 ou 20 jours dans une région et ramènent des articles qu'elles vendent à une personne qui, elle, les propose à des antiquaires. Il y a également le marché des criées dans plusieurs régions ou l'on vend des objets saisis ou hérités et dont on ignore généralement la valeur.

    - Quels genres de clients accueillent les antiquaires?
    - En tant qu'antiquaire je distingue deux sortes de clients. Ceux qui n'ont pas les moyens, qui aiment et cherchent inlassablement un article et des gens aisés qui achètent des objets sans savoir pourquoi. Ils achètent pour le «Showing-Up»; impressionner et se distinguer.

    - Que fait l'association devant les litiges clients-marchands?
    - En dehors du salon, l'antiquaire donne une garantie de ce qu'il vend. Dans le salon, il y a toutes les garanties écrites. Cependant personne ne les a jamais réclamées. Nous avons instauré un commissariat du salon, son rôle est de régler ces problèmes. A l'achat, le client prétend tout savoir sur l'objet. Quelques mois plus tard, il se plaint. On ne peut éduquer le public on essaye de l'orienter vers l'authentique, mais il n'écoute pas.

    - Quel est le chiffre d'affaires d'un antiquaire?
    - Le vrai antiquaire n'a jamais d'argent, mais il a un patrimoine inestimable, et comme le marché marocain n'est pas preneur, cet antiquaire est parfois obligé de brader ses articles pour payer ses impôts.

    - Comment évalue-t-on le prix d'une antiquité?
    - Ce n'est ni l'âge ni l'usure qui donnent le prix à une pièce antique. C'est plutôt sa rareté et les matières ayant servi à sa fabrication. Sans oublier que cela dépend également de l'offre et la demande.

    - A combien estimez-vous le stock actuel des antiquaires au Maroc?
    - Il est impossible de donner une estimation exacte, car il est des gens qui cachent des objets de valeur comme il est d'autres qui ont peur de vendre au grand jour.

    - Comment engagez-vous vos employés?
    - Dans ce domaine, tout le monde a travaillé sous une tutelle. Personnellement j'exige que la personne soit adroite dans la manipulation des objets, confiante et instruite. Le reste vient avec le temps.
    Personne n'a un employé qualifié on aimerait bien avoir des gens des beaux arts, mais personne n'a frappé à nos portes.

    - Pourquoi cette association et que faut-il pour y adhérer?
    - Créée en Juin 1989, notre association a pour objectifs, la protection du patrimoine national, la promotion des arts, l'organisation et l'assainissement de la profession. Nous sommes sous la tutelle de deux ministères, l'Artisanat et les Affaires Culturelles. Notre charte: ne pas induire le client en erreur. Pour y adhérer, il faut être connu en tant que professionnel, avoir une patente, se plier aux règlements de l'association et avoir plusieurs années d'expérience. Quant aux cotisations, elles sont fixées à 1.000 DH pour les brocanteurs et 2.000 DH pour les antiquaires.
    Nous comptons aussi instaurer des cartes à 500 DH pour les marchands ambulants. L'association tranche également dans les litiges entre marchands et clients et radie tous les éléments nuisibles à la profession.

    Mostafa IFSAOUEN

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