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    Les antiquaires à la conquête des entreprises

    Par L'Economiste | Edition N°:13 Le 23/01/1992 | Partager

    Les amateurs des objets du passé avaient rendez-vous, pendant trois semaines en Décembre 1991 avec un salon des antiquaires. Vingt antiquaires et brocanteurs, venus de différentes régions ont exposé une gamme diversifiée d'articles anciens, essentiellement du mobilier.Organisée par l'Association Nationale des Antiquaires et Brocanteurs (ANAB), cette manifestation avait pour objectifs de faire connaître l'art marocain authentique, sensibiliser le public à la richesse artistique des objets antiques, notamment la poterie, les bijoux anciens et les armes... Outre leur aspect décoratif, ces objets véhiculent des indications sur la vie sociale, politique et économique du pays à travers les siècles. L'exposition était aussi une occasion de consolider les rapports et de renforcer les contacts entre les professionnels.


    L'OBJECTIF culturel se dessine un but purement commercial. Mais si les antiquaires ont constaté le désintéressement du public, ils ont en revanche, remarqué l'importance accordée par des sociétés à ces articles. Ainsi, selon M. Choukri, président de l'ANAB, la création d'un musée de l'ONA pourrait déclencher une spéculation sur les objets d'arts.
    Cette initiative, non seulement permettra de rassembler et sauvegarder l'art marocain, mais contribuera aussi à la promotion touristique dans le pays. Cela représente également "un investissement puisqu'un tableau augmente de prix après un certain temps", ajoute M. Choukri.
    Wafa assurance qui est en train de s'équiper aurait opté pour le mobilier ancien à l'image de Wafa Bank, dont le bureau du président est meublé à l'antique.

    Une foire pour accentuer les ventes


    Pour un antiquaire du centre-ville, l'organisation de cette exposition permet au client d'avoir une vision globale du marché des antiquités. Il ajoute que malgré "l'installation des horodateurs, le problème du stationnement à Casablanca n'est pas encore résolu".
    Le client, à qui il faut consacrer beaucoup de temps pour la présentation de l'article, "ne trouve pas de place où garer sa voiture et finit par renoncer". Au salon, le client a tout son temps pour faire la différence et acheter.
    En outre, la tenue de cette manifestation coïncide avec la fin de l'année, période ou l'on dépense, chacun selon ses moyens, une somme pour l'achat de cadeaux. C'est une période également où l'on pense à décorer son intérieur par un meuble, tableau ou lustre. A cet égard, le président de l'Association souligne que l'objectif est de "toucher les grandes entreprises et les banques" vu leur pouvoir d'achat, "nous voulons susciter leur intérêt sur l'existence d'un patrimoine qui peut servir de cadeau de fin d'année", ajoute-t-il. En effet, un poignard datant du début du siècle, en argent ciselé à 10.000 DH, est plus apprécié qu'une "potiche" en porcelaine de 25.000 DH. Car "le couteau est personnel", renchérit le président de l'Association.
    Il ressort des déclarations des visiteurs, peu nombreux, que les prix sont trop élevés et ne sont pas marqués sur les articles exposés.

    Chaque fois qu'on regarde un tableau, on touche des dividendes


    A cela, les antiquaires et brocanteurs répliquent que 90% des marchands ne marquent pas les prix. D'une part, ils craignent la concurrence "déloyale", d'autre part cela "décourage" les clients. "Ainsi, nous usons tous d'un système de références. Et si le client s'enquérit des prix, nous lui expliquons le pourquoi avec plus de renseignements sur l'objet, qu'il finit généralement par acheter" , affirme un antiquaire. Un autre insiste sur le fait que "les prix sont raisonnables, c'est plutôt le client qui ignore la valeur de ce qu'il achète." Pour tous ces antiquaires, le degré d'intérêt du public est faible.
    Et ceux qui achètent des objets, le font par mimétisme, pour impressionner leur entourage. Par conséquent "il faut éduquer d'abord le public" remarque M. Choukri, pour qui le prix n'a aucune importance. Car "à chaque fois qu'on regarde un tableau, on touche des dividendes". Le prix, quant à lui est déterminé en fonction de la qualité et de l'âge de l'article. Si c'est un meuble, c'est suivant l'état où il se trouve. Si c'est un tableau, c'est selon son signataire.

    Pour un autre antiquaire, c'est la beauté de l'objet qui décide de sa valeur.
    Par ailleurs, la fixation des prix est également liée à la source d'approvisionnement de cet objet. Ainsi, les provenances des articles sont diverses et passent par plusieurs étapes.
    Concernant les meubles, ils proviennent de chez d'anciens résidents étrangers ou anciens ambassadeurs... quant aux bijoux ou armes, ils sont recherchés par des chineurs dans des villages confinés ou moussems.
    Enfin, l'association organisatrice de cette foire doit relever plusieurs défis. Notamment un contrôle vis-à-vis des antiquaires qui vendent de la marchandise neuve, et un personnel qualifié.
    Car le client se trouve toujours devant une personne incapable de le renseigner sur tel ou tel objet. "Nous sommes encore en état de structuration", réplique le président de l'Association.

    Mostafa IFSAOUEN

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