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    Culture

    A la découverte des jardins et maisons du Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:2886 Le 22/10/2008 | Partager

    . Le premier livre écrit sur l’architecture marocaine réédité . Photographies et dessins agrémentent les explications «Le jardin et la maison arabes au Maroc» est le titre d’un livre qui vient d’être réédité par le centre Jacques Berque à Rabat, en collaboration avec la maison d’édition Actes Sud en France. Il s’agit du premier ouvrage écrit sur l’architecture marocaine. Il avait été publié par Jean Galloti en 1926, à une époque où le Maréchal Lyautey avait lancé une grande campagne de revitalisation et de valorisation de l’artisanat marocain. Aujourd’hui, le centre Jacques Berque, à qui l’ambassade de France au Maroc a confié la gestion et la valorisation de la partie sciences sociales du fonds documentaire du Centre d’études arabes, l’a retrouvé dans les archives et a décidé de le rééditer. «En allant puiser dans la partie la plus ancienne du fonds, cet ouvrage de Jean Galloti nous est apparu remarquable à plus d’un titre. Le texte et toute l’iconographie ont su restituer finement toute l’ambiance et les qualités architecturales et décoratives des maisons et jardins du Maroc», indique Michel Peraldi, directeur du centre Jacques Berque. «Dans ce fonds dormaient un certain nombre d’ouvrages hérités de ce qui, à l’époque du protectorat, s’appelait la bibliothèque de la Résidence. On y trouve quelques ouvrages remarquables sur la musique traditionnelle marocaine, les arts et traditions, la magie et l’architecture traditionnelle urbaine et rurale», explique encore Peraldi. Outre les textes de Jean Galloti, l’ouvrage comporte aussi près de 160 dessins d’Albert Laprade, un architecte de renom décédé en 1978. Quant aux photographies qui complètent l’iconographie du texte par les 136 planches reproduites originellement en héliogravure, elles sont signées Lucien Vogel. Pionnier de la presse illustrée, il a beaucoup œuvré à la préservation du patrimoine culturel et architectural marocain. Jean-Pierre Frey (architecte sociologue, professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris) a préfacé cette réédition. Il fait remarquer que Jean Galloti avait le regard du promeneur attentif et avide de découvertes. Très vite, il avait remarqué que l’habitat marocain est un espace polycentré qui présente à la fois une simplicité exemplaire à l’intérieur et un désordre global vu de l’extérieur. «Le contraste entre un extérieur conçu pour ne pas attirer l’attention et les merveilles décoratives du traitement des surfaces de l’intérieur est saisissant», écrit le professeur. Comme l’explique Jean Galloti dans le livre, les Marocains à l’époque avaient deux sortes d’habitations: la maison sans jardin ou dar, et la maison avec jardin intérieur ou riad, les maisons sans jardin étant de beaucoup les plus nombreuses. Il en présente des détails d’architecture et de décoration, qui leur sont d’ailleurs communs avec les riads. Il consacre donc un chapitre au plan de la maison sans jardin, suivi d’un autre sur le gros œuvre. On trouve continuellement rapprochés dans l’ouvrage des passages descriptifs et des indications techniques. Les premiers visaient à donner une idée du charme particulier des maisons et des jardins berbères, les autres à faciliter la tâche aux Européens qui voulaient faire construire dans ce style marocain.L’auteur consacre plusieurs chapitres au décor, notamment aux mosaïques, plâtres ciselés, revêtements, boiseries intérieures, plafonds ouvragés, peintures enluminées. «Si le mobilier se réduit à très peu de choses, par contre, la décoration fixe, à l’intérieur de la maison, est extrêmement raffinée. C’est toute une seconde maison, d’une exécution beaucoup plus longue et délicate, qui doit doubler la première, comme le velours ou la soie double en écrin. Elle seule, d’ailleurs, est la marque de la richesse», explique-t-il. Un chapitre sera ensuite dédié à la maison pauvre. «L’architecture est primitive, irrégulière, sans ornements et belle surtout par la douceur des lignes», écrit-il. Dans le chapitre suivant, Jean Galloti se penche longuement sur l’architecture des riads, avant de s’intéresser aux palais, en prenant comme exemple d’étude le Bahia et Dar El Makhzen à Marrakech. Enfin, l’auteur écrit aussi quelques pages sur les kiosques et pavillons. Les nombreuses photographies qui agrémentent la deuxième moitié de l’ouvrage sont très belles, toutes en noir et blanc et dotées de légendes explicatives. A noter que l’ouvrage est importé et distribué au Maroc par Sochepress. Des exemplaires sont disponibles dans les principales grandes librairies, au prix de 450 DH. Nadia BELKHAYAT

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