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Economie

Investissements : Les RME déçus par l'Administration

Par L'Economiste | Edition N°:243 Le 15/08/1996 | Partager


Les difficultés que rencontrent les RME qui veulent investir au Maroc sont multiples. Les entraves administratives y figurent au premier plan. Une réunion qui a regroupé la CGEM et des représentants des RME a permis de faire le point sur le sujet.


Les entraves administratives figurent parmi les principales difficultés que rencontrent les RME qui veulent investir au Maroc. Cette information n'est peut-être pas nouvelle. Les Marocains expatriés soulèvent régulièrement ce talon d'Achille de l'économie marocaine. Le problème, évoqué une fois de plus mais dans un cadre plus officiel, à savoir la réunion qui a regroupé lundi 12 août des représentants des RME et ceux de la CGEM, prend plus d'ampleur. La réunion a eu lieu au siège de la CGEM. Y étaient présent les principaux membres du bureau du groupement professionnel conduits par le président M. Abderrahim Lahjouji. Les RME sont également venus en force. La présence la plus remarquée fut peut-être celle d'un Marocain qui s'est exilé en Extrême-Orient. Cet ex-RME, puisqu'il a récemment décidé de rentrer au Maroc- a vécu depuis 1974 à Kobé au Japon et a réussi à développer un projet de partenariat maroco-japonais de petite et moyenne industrie. Il représentait lors de la réunion les entrepreneurs marocains installés dans ce pays.

Les représentants des RME ont exposé sans détours les difficultés qu'ils rencontrent lorsqu'ils veulent investir au Maroc. Ils espèrent que la CGEM peut les aider à les résoudre.

Ces problèmes sont multiples. Les entraves administratives y figurent au premier plan. Délais de délivrance de différents documents et excès de zèle de certains employés consulaires transforment le projet d'investissement du RME en un véritable parcours du combattant.

Au chapitre des contraintes administratives, les doléances des RME ciblent également le cadre légal. Le régime des AT, relatif aux véhicules immatriculés à l'étranger, par exemple, est jugé inapproprié. Les délais accordés sont en effet jugés trop cours. Ce point apparaît a priori n'avoir aucun lien avec le principal thème débattu lors de la réunion, à savoir l'investissement au Maroc. Ce n'est pas le cas si l'on en juge d'après les déclarations d'un des représentants des RME. "Un RME qui souhaite investir ne se rend pas toujours au Maroc en avion. Il peut faire, au cours de l'année plusieurs allers et retours en voiture avant de finaliser son projet. Le régime actuel des AT des véhicules ne lui facilite pas la tâche".

Problèmes sociaux


Outre les complications administratives, des problèmes plus pointus, tels que la situation des mineurs marocains de la région Nord-Pas de Calais, ont été exposés par les RME. Ces mineurs se sont retrouvés au chômage à la suite de la fermeture, vers la fin des années 80, des houillères de cette région française.

Aucune solution n'a pu être trouvée pour eux malgré les réunions qu'ont tenues les responsables des houillères avec des représentants du gouvernement marocain. A l'issue de ces rencontres, un protocole d'accord avait été décidé et signé officiellement le 1er décembre 1987. Il prévoyait, entre autres, pour les mineurs qui désireraient rentrer au Maroc, des dispositions en matière d'aide à l'accession à la propriété de logements sociaux au Maroc (prêt d'un montant égal à 50% du projet global plafonné à 7.500 FF remboursables en soixante trimestres sur 15 ans au taux de 5%. Selon un des RME présents à la réunion, un nombre important de mineurs seraient rentrés au Maroc sans recevoir aucune aide.

Taux d'intérêt


Les problèmes soulevés par les RME concernent également le peu d'intérêt dont font preuve des banques marocaines à l'égard de leurs projets. Pour preuve les difficulté rencontrées par un des RME pour trouver un financement à son projet d'investissement. Pour obtenir un crédit, l'entrepreneur a déposé des dossiers auprès de six banques marocaines.

Sur ces six banques, une seule a trouvé le projet intéressant. "Les autres banques n'ont peut-être pas trouvé le projet alléchant mais on aurait souhaité au moins qu'il y ait un feed-back". L'investissement en question dépasse les 100 millions de DH. Il porte sur le lancement d'une activité de découpage de marbre au Maroc. "Nous souhaitons que les banques marocaines participent un peu plus au financement de nos projets et ne se limitent pas à un rôle de transfert des devises".

Autre dimension du problème des banques: les taux d'intérêt sont jugés élevés par les représentants des RME. Résoudre la question des taux d'intérêt bancaires s'avère en fait une tâche difficile. "Il est pour nous difficile d'intervenir à ce niveau, les taux d'intérêt bancaires étant déterminés, entre autres, par des facteurs macro-économiques", ont rétorqué les membres du bureau de la CGEM. En revanche, le groupement patronal a proposé son aide pour essayer de résoudre les autres problèmes soulevés par les représentants des RME. Les entraves administratives seront la première barrière à éliminer. Les membres de la CGEM ont reconnu à ce niveau ne pas être épargnés par le problème.

Mohamed BENABID

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