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Economie

Après les perturbations du premier semestre : Conjoncture: La reprise s'accroche à la confiance

Par L'Economiste | Edition N°:243 Le 15/08/1996 | Partager


"Conjoncture désastreuse", diminution de la demande, recrudescence des impayés, les affaires ont fait les frais des tensions politico-économiques du premier semestre. Un léger mieux est prévisible pour le reste de l'année mais les effets bénéfiques sur l'investissement et l'emploi se feront attendre.

"Un retour de la confiance est nécessaire pour faire repartir les affaires", souligne un analyste. Le premier semestre 1996 a laissé un goût amer aux milieux d'affaires. Si le déficit pluviométrique a toujours été invoqué pour expliquer les contre-performances économiques, la campagne d'assainissement a été considérée cette fois-ci comme la "bête noire" des industriels. Des frémissements sont perceptibles pour la seconde moitié de l'année suite au discours apaisant des pouvoirs publics et au "gentlemen agreement" signé avec le patronat. C'est ce qui ressort d'un sondage effectué par la rédaction de L'Economiste auprès de 33 entreprises industrielles, commerciales et de services. L'analyse des réponses doit toutefois être relativisée en fonction des secteurs d'activité et de la taille des entreprises. En tout cas, le premier constat est que l'économie marche au moral.

Dans l'ensemble, le premier semestre a été morose. Il est "catastrophique" pour certains, "très difficile" pour d'autres et "moins bon que prévu" ou "contrasté" pour les plus pondérés. Pour l'essentiel des entreprises l'activité a chuté par rapport à la même période de l'année précédente. Les baisses sont comprises entre 3 et 60%. La pêche et par ricochet les conserveries de poisson ont essuyé le recul le plus marqué. Les difficiles négociations avec l'Union Européenne ne sont pas étrangères à cette situation. Le recul des captures et le défaut de stocks sont en effet mis en première ligne. L'agro-industrie de façon générale n'a pas échappé à la règle. Pour une grande entreprise de ce secteur, le contrôle de la facturation a étouffé la croissance enregistrée durant les quatre premiers mois de l'année. Ses ventes ont ainsi accusé une baisse de 35% pour les deux derniers mois comparativement à la même période de l'année passée. A ce problème de facturation s'ajoute la lenteur des procédures de dédouanement. Ce constat vaut pour le textile perturbé par la question des AT et dans une autre mesure par la concurrence des PECO. Une dégringolade du chiffre d'affaires de 30 à 35% a été annoncée dans ce secteur. Pour la pharmacie, le premier semestre est assez difficile en raison de l'assainissement. La distribution ne s'est pas mieux comportée. Quant à la seule compagnie d'assurances sondée (l'une des plus grandes de la place), "il n'y a pas eu d'affaires nouvelles du fait du faible volume de créations ou d'extension d'entreprises".

Absence de grands projets industriels


Le goulet d'étranglement n'est pourtant pas toujours administratif. Un directeur d'une entreprise spécialisée dans les services liés à l'industrie déplore l'absence de projets industriels d'envergure capable de tirer vers l'avant les autres secteurs. Il s'agit en fait d'une remise en cause de la politique économique et de la nature des alliances nouées avec les partenaires étrangers. En ligne de mire la voiture économique qui, de son avis, "ne servira pas de moteur au secteur de la fabrication de pièces mécaniques et d'accessoires", malgré le taux d'intégration de 50% prévu au bout de trois ans. L'étroitesse du marché intérieur est aussi mises en cause par un cabinet d'ingénierie qui tire par ailleurs à boulets rouges sur la concurrence déloyale sévissant sur ce créneau.

Preuve de la morosité, le marché pétrolier s'est rétréci pour les cinq premiers mois de l'année comparativement à la même période de 1995. Il ressort des statistiques du GPM (Groupement des Pétroliers du Maroc) que les ventes, tous produits confondus, ont reculé de 11,47% si l'on considère l'unité de mesure en m3/tm et de 12,13 en tm, à 2.460.016 et 2.194.186 respectivement. Par produit, le pétrole a chuté de 32,02% à 16.651 m3, le fuel lourd de 28,85% à 129.379tm. Les lubrifiants, le gas-oil et les carburants autos ont respectivement baissé de 12,1, 7,21 et 4,24%. Les carburants aviation et le GPL ont réalisé les seules hausses avec 9,62 et 7,74%.

Autre facteur qui peut confirmer la mauvaise passe du premier semestre: la trésorerie est jugée moyenne pour la majorité des entreprises sondées. Fait significatif à relever: "les délais de paiement se sont dégradés et les impayés augmentent de façon inquiétante". La morosité a pesé sur les investissements qui sont pour la plupart destinés à la réfection de l'outil industriel, s'ils ne sont pas tout simplement différés.

Réduire les frais financiers


L'emploi est pour sa part traité de manière différente selon les entreprises. Si quelques entreprises ne prévoient pas de recrutements ou se contentent de remplacer les départs, une bonne partie recherche des "commerciaux performants" pour doper les ventes ou de bons financiers capables de réduire les frais financiers. C'est certainement l'une des raisons pour lesquelles une entreprise nouvellement installée dans le secteur du conseil financier affirme ne pas avoir chômé pendant le premier semestre et présente un carnet de commandes bien rempli pour le reste de l'année. Les publicitaires se félicitent pour l'essentiel des bons résultats du premier semestre.

Côté sociétés de sécurité, "la demande a augmenté du fait que les grands groupes sont plus conscients à la sécurité". Les résultats sont plus contrastés pour l'industrie pneumatique. De "très bons résultats" sont annoncés pour les pneus de tourisme et l'agraire grâce à la pluie et à la lutte contre la contrebande. En revanche, le volet poids lourds est qualifié de médiocre. Cette santé relativement appréciable peut aussi être liée à la bonne tenue du secteur automobile qui "connaît des bouleversements profonds depuis le début de l'année", constate un concessionnaire. Sous la poussée de la voiture économique, le marché (voitures particulières et véhicules utilitaires légers) a bondi de 135,5% par rapport au premier semestre 1995. Ces chiffres seront "vraisemblablement reconduits pour le second semestre" , est-il prévu. Une bonne année en perspective pour l'automobile, mais aussi pour l'essentiel des secteurs. Les prévisions du second semestre s'avèrent bonnes, même si quelques dirigeants d'entreprise invoquent encore les séquelles toujours vivaces de la campagne d'assainissement ou une "Loi de Finances défavorable à l'investissement" et dont le texte relatif à la pénalisation de la fraude a beaucoup plus marqué les esprits.

L'embellie avait été déjà annoncée par le CMC dans son bulletin semestriel 1996. En dehors de l'eau et de l'énergie dont la valeur ajoutée ne progresserait que de 7,8 et 5,5% au lieu de 13,9 et 8,1% en 1995, tous les autres secteurs enregistreraient une forte augmentation. Pour les BTP, la valeur ajoutée progresserait de 6,5% au terme de l'année contre une baisse de 1% une année auparavant. Les industries manufacturières, le commerce, les transports et communications ainsi que les services non marchands croîtraient de 3,5, 4,5, 4,0 et 4,2% respectivement sous l'effet de la consommation.

En somme le CMC(1) annonce une croissance de 11% et la Direction de la Statistique 10% dans une conjoncture internationale globalement marquée, en dépit de quelques soubresauts, par une reprise assez nette. Cette reprise ne sera généralement pas bénéfique aux employés. L'essentiel des entreprises ont programmé un gel des salaires(2) ou au mieux une augmentation conventionnelle.

Alié Dior NDour
& Meriem OUDGHIRI

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