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    Economie

    Entretien exclusif avec Aziz Akhannouch
    La région reprend ses droits sur la filière

    Par L'Economiste | Edition N°:2660 Le 27/11/2007 | Partager

    . Grosse étude pour le secteur agricole. Pêche côtière: Les fonds sont là, la réforme en gestation Démarche participative et pragmatisme, deux maîtres mots qui reviennent dans les déclarations du nouveau ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime. Pas de langue de bois certes, mais pas de précisions concrètes non plus. Car tout sera fait sur la base d’études sectorielles. Dans l’immédiat pour l’agriculture, un peu plus tard pour la pêche. Et les décisions d’ordre incitatif ou réglementaire n’auront de sens que si elles produisent un impact concret et mesurable. Le tout privilégiant la rgion selon ses spécificités en termes de besoins et de potentialités. C’est le message que Aziz Akhannouch entend véhiculer aux différentes parties prenantes.. L’Economiste: Vous êtes en charge de deux secteurs-clés: l’agriculture et la pêche. Comment comptez-vous gérer votre temps par rapport à vos différentes responsabilités de ministre et d’élu régional?- Aziz Akhannouch: J’ai la chance d’être secondé par des personnes qualifiées et de confiance. Certes, «on peut déléguer des tâches, mais pas les responsabilités», néanmoins il est rassurant de se savoir entouré par des équipes qui partagent les mêmes aspirations et qui ont à cœur de les atteindre. . Le Fonds Hassan II vient d’octroyer 25 millions de DH pour une étude stratégique sur l’agriculture, vous avez cinq mois pour en présenter les grandes lignes. Comment comptez-vous vous y prendre? - Ce signal est très fort car jamais pareille enveloppe n’a été débloquée par le passé à fin d’étude, pour le secteur. Cela nous permettra de réaliser une stratégie de développement volontariste, de définir de nouveaux choix et d’insuffler une véritable dynamique au secteur agricole. Le timing imparti sera respecté car la volonté est très forte. Un cabinet d’études de renommée sera sélectionné et oeuvrera avec l’ensemble des parties prenantes. . Selon vous, quels sont les axes à cibler en priorité? -A mon avis, le secteur agricole a payé un lourd tribut à la sécheresse qui devient une donnée structurelle engendrant un déficit hydrique chronique. La situation est aussi exacerbée par la flambée des cours de la plupart des produits et intrants agricoles. A cela s’ajoutent d’autres entraves de taille telles que la complexité des régimes fonciers et l’insuffisance de l’utilisation des techniques culturales modernes. Voilà les axes prioritaires à traiter dans l’immédiat. . Qu’en est-il pour le secteur de la pêche?- Cette activité connaît également des freins auxquels il faudra trouver des solutions. En tête, figurent la pêche illicite et les circuits informels de commercialisation. Sans oublier la surexploitation de la ressource conjuguée à des infrastructures qui ont besoin d’être modernisées. Or, l’objectif est de pérenniser la ressource halieutique grâce à la promotion d’une éthique d’exploitation valorisante. Ceci de manière à faire face à un marché international de plus en plus concurrentiel et exigeant en termes de compétitivité et de normes sanitaires et de qualité. D’une manière générale, il s’agit d’approfondir la réflexion sur les enjeux stratégiques des deux secteurs, aussi bien à l’échelle nationale qu’en ce qui concerne l’environnement étranger. . Mais tout d’abord comment gérer la nouvelle campagne agricole?- Outre les mesures déjà mises en place depuis quelques mois par le précédent gouvernement, nous avons complété le dispositif de lutte contre les effets de la sécheresse par un programme entièrement financé par le FDA (Fonds de développement agricole) et le budget général. Il porte sur un montant de 400 millions de DH. Cette enveloppe est destinée à l’achat de quatre millions de quintaux entre orge, maïs et aliments composés. Elle concerne également l’abreuvement du bétail et l’approvisionnement de certaines zones rurales en eau potable. S’ajoute à cela le traitement de la dette des agriculteurs. . Est-ce le complément du programme d’importation des trois millions de quintaux d’orge?- Non, ce dont je vous parle, c’est le programme du nouveau gouvernement. Il s’agit d’importer et de subventionner 100.000 tonnes d’orge, autant de maïs ainsi que 200.000 tonnes d’aliments composés. Et d’ores et déjà 70.000 tonnes d’orge ont été commandées. Il est donc question d’assurer deux à deux mois et demi de soudure. . Au-delà du conjoncturel, le secteur agricole marocain demeure marqué par une activité à deux vitesses. L’une à la pointe du progrès tournée vers l’exportation, l’autre jugée encore archaïque. Comment résoudre ce dualisme?- Notre agriculture est plurielle. Tous les territoires et tous les agriculteurs doivent y trouver leur place. C’est pourquoi je compte m’investir durablement dans l’amélioration du secteur sur toute la chaîne des valeurs en usant d’une politique agricole volontariste. L’objectif majeur de l’approche que je compte adopter est de bâtir une politique capable d’améliorer les revenus, de moderniser les filières et d’assurer la compétitivité des produits agricoles. Tout cela en adéquation avec la préservation des ressources naturelles. Cette politique doit être articulée par région, car aucune zone ne sera en reste et chaque bassin agricole doit être traité séparément selon ses besoins et ses potentialités propres. Dès lors il sera important d’identifier de manière très claire le potentiel agricole de chaque région et de le valoriser par des mesures concrètes et adaptées. . L’arrière-pays regorge de produits naturels facilement convertibles en cultures biologiques. Avez-vous une stratégie pour développer cette filière?- La nature même de l’agriculture marocaine la prédispose à se convertir en production bio sans pour autant avoir à révolutionner son mode de fonctionnement. Seulement, la recherche du label bio est une réaction inverse au processus de production intensive. Or, le Maroc n’a pas encore dépassé cette étape et ses besoins alimentaires demeurent encore importants. N’empêche qu’il s’agit d’une niche facilement accessible et très rentable pour de nombreux produits marocains. Mais cela ne peut pas constituer une solution systématique. Aussi, il me semble que l’obtention d’Indications Géographiques Protégées pour la protection de nos produits est une nécessité plus urgente. Et c’est aussi un mécanisme de positionnement sur les marchés extérieurs.. Au chapitre de la pêche et plus particulièrement au niveau du segment côtier, un plan de modernisation a été lancé voilà dix ans, mais on ne voit toujours pas de résultat. Quelles actions à entreprendre? - Ce dossier va être relancé à travers la mise en place de fonds et de structures de gestion adaptés. Outre l’enveloppe financière encore disponible dans les comptes de l’Office national de la pêche, d’autres appuis financiers sont également possibles dans le cadre de l’accord de pêche avec l’Union européenne. Des consultations avec les Chambres de la pêche maritime sont actuellement en cours pour établir le diagnostic des flottes côtière et artisanale et convenir des axes d’un programme définitif de mise à niveau de ces deux segments. . La pêche maritime demeure marquée par une forte présence de lobbies. Comment allez-vous libérer l’activité de ces influences souvent contradictoires?-Dans un secteur stratégique, il est normal que les intervenants s’organisent en lobbies pour défendre au mieux leurs intérêts. Tout en préservant sa stricte neutralité, nous souhaitons que l’administration puisse travailler dans un cadre participatif dans l’objectif d’une meilleure organisation du secteur. Nos relations avec les professionnels doivent être transparentes et productives. . De leur côté, les professionnels disent aussi souffrir de la désorganisation et de l’informel qui prédominent dans le circuit commercial. Comment assainir la situation? - D’après les informations dont je dispose, le circuit commercial souffre encore de quelques disfonctionnements préjudiciables à la transparence des transactions dans les ports et dans les unités de traitement et de stockage. Je compte traiter cette problématique dans le cadre d’une démarche participative en partenariat avec les professionnels de la pêche pour trouver une solution adéquate et en conformité avec la réglementation en vigueur. . Qu’en est-il du respect de cette réglementation s’agissant de la pêche de juvéniles de poulpe et que faire pour éviter ce trafic illicite?- Nous allons, dans un premier temps, améliorer et renforcer les contrôles au niveau des ports, afin de faire respecter progressivement le cadre légal, ceci en veillant à l’application des sanctions prévues à cet effet. C’est le principal moyen d’éviter des dérapages similaires à ceux qui ont récemment eu lieu. A noter également que les mesures finales concernant le cadre légal de ce sous-secteur devront être fixées d’ici fin mars 2008. . Quel mode opératoire pour les deux secteurs, la pêche tout comme l’agriculture? - La définition de la politique aussi bien agricole que celle de la pêche sera menée en étroite concertation avec l’ensemble des parties prenantes. Il s’agit de conférer à l’administration de tutelle un rôle fédérateur autour d’un objectif commun. Nous tenons à ce que les acteurs des deux secteurs s’approprient les conclusions des études qui seront menées car c’est la clé de la réussite. . Encore faut-il se présenter avec une équipe rompue à l’ouverture. Y a-t-il à cet effet un projet de réorganisation de l’administration actuelle?- Une réorganisation est prévue, mais il faudra attendre au préalable les résultats de l’étude sectorielle. Ce n’est qu’une fois que nous aurons défini les actions et chantiers prioritaires et la manière de les mener que nous pourrons y adapter les structures de pilotage. Avec à la clé une mise en avant des talents et une motivation générale des effectifs. Dans cette perspective, l’organisation administrative fera certainement l’objet d’une refonte.


    Vision 2020

    C'est sur la base d’un diagnostic «approfondi et glissant» que sera définie une politique agricole cohérente. Cela veut dire que la future stratégie doit prendre en considération l’évolution nationale et mondiale des secteurs de l’agriculture et de la pêche. Les études que va lancer le ministère devraient aboutir à une vision 2020. A cette échéance, l’objectif visé est d’avoir:- une agriculture compétitive, moderne et intégrée au marché mondial. Avec une composante plurielle et diversifiée intégrant le développement durable comme exigence majeure. - Une pêche réglementée, efficace et gérée avec une gouvernance en phase avec la préservation de la ressource. Dans cette perspective, toutes les mesures seront ciblées. Ainsi, les subventions ne seront accordées que dans le cadre d’une stratégie générale du secteur. Autrement dit, «pour servir un objectif concret et mesurable», dira Aziz Akhannouch.


    Maroc/UE: Consolider les acquis

    - L’Economiste: Où en sont les négociations avec le principal partenaire, l’UE?- Aziz Akhannouch: Elles sont toujours en cours. Dans notre démarche, deux groupes de filières sont à distinguer. Le premier est constitué de produits d’exportation dont l’objectif est de consolider les acquis en termes de parts de marché et de diversité de l’offre. Le second groupe concerne les filières opérant actuellement pour le marché intérieur. Il s’agit de produits issus de cultures annuelles pratiquées pour l’essentiel dans les zones soumises à l’aléa climatique. Pour ces produits, il s’agirait de gérer la transition dans l’objectif d’assurer leur intégration dans le marché international. Le même groupe comprend aussi des filières dont la mise à niveau est indispensable pour pénétrer les marchés extérieurs. L’objectif est de développer des activités génératrices d’emplois et de revenus complémentaires ou alternatifs. En tout état de cause, la politique générale du secteur agricole que nous définirons devra prendre en considération la donne «marché européen» et les problématiques spécifiques de nos partenaires européens. Dans ce contexte, plus notre vision sera réaliste et construite sur des bases pérennes, plus notre capacité et notre marge de négociations en seront confortées. Propos recueillis à Agadir, par Malika ALAMI & Abdelaziz GHOUIBI

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