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Economie

Déficit électrique : Des délestages jusqu'au deuxième semestre 1994

Par L'Economiste | Edition N°:83 Le 10/06/1993 | Partager

L'été sera difficile pour les industriels qui devront supporter les effets de la récession économique et les coupures d'électricité.

Le déficit électrique se manifestera de manière plus cruciale durant cet été. L'hydro-électricité qui apporte d'ordinaire 30% de la production contribue actuellement pour 4,5 à 11%. Le plan de restriction d'eau n'autorise l'irrigation qu'avec parcimonie. Il faut économiser le peu d'eau qui reste dans les barrages pour la prochaine campagne agricole qui débutera en septembre. L'irrigation n'est autorisée qu'une semaine sur deux pour certains périmètres. La puissance hydro-électrique mobilisable est de près de 300MW en semaine d'irrigation et de 160MW (voire moins) par ailleurs. Celle-ci est précieusement utilisée par I'ONE pendant les heures de pointe (18 heures à 22 heures).

L'autre problème qui se pose concerne les centrales thermiques qui ont été surexploitées depuis la défaillance de l'hydro-électricité et l'apparition du gap entre l'offre et la demande de l'énergie électrique. Il y a risque qu'elles tomberont en panne désormais plus souvent. Ce fut le cas à la mi-mai où deux groupes ont "lâché", un à Mohammédia (150MW) et l'autre à Kénitra (75MW) ramenant le déficit électrique à 400MW. Lorsqu'il n'y a pas d'aléas, ce déficit varie durant les heures de pointe entre I00 et 200MW.

Programmes d'entretien maintenus

Par ailleurs, l'entretien des groupes des centrales est programmé durant l'été, période pendant laquelle les centrales hydro-électriques prennent en principe le relais. M. Sekkaki, directeur de la Production à l'ONE, précise que l'entretien des groupes sera assuré, malgré la gestion parcimonieuse de l'eau, de manière à préserver l'outil de production. Néanmoins, "les entretiens légers sont effectués pendant les weeks-ends et un effort est entrepris afin d'écourter, quelque peu, la durée des entretiens qui durent généralement un mois à un mois et demi", ajoute-t-il. Les régies ont demandé aux industriels de réduire 50% des appels électriques entre 18 heures et 22 heures. Malgré cela, "il y a encore des coupures", s'exclament ces derniers, "et sans que les régies nous préviennent".

Comment le Maroc en est-il arrivé à cette situation? La sécheresse n'est pas la seule en cause.

Des erreurs de stratégie ont été commises en plus de la faiblesse des budgets d'équipements qui obéissaient aux restrictions décrétées par le Programme d'Ajustement Structurel.

Priorité à l'hydro-électricité

Les responsables de l'ONE auraient prévu cette situation. Mais, d'une part, les financements leur ont été refusés par les responsables des Finances. Il était difficile, d'autre part, d'obtenir des crédits extérieurs en raison de la conjoncture internationale.

Sur 2.200MW installés, une priorité avait été accordée à l'hydro-électricité qui en livre normalement 690MW. Ce choix a été retenu par les responsables du fait des coûts d'exploitation faibles. Il s'agissait également de garantir une indépendance énergétique nationale. Le prix du Kw produit à partir du fuel coûte 40 centimes, à partir du gazoil 140 centimes et rien par le biais de l'hydraulique (l'amortissement n'étant pas calculé).

M. Driss Alaoui M'Daghri, ministre de l'Energie et des Mines, lors du colloque l'Administration et le Développement, déclare: "je pense que l'hydro-électricité ne doit plus constituer qu'une énergie de secours et qu'il faudrait dimensionner le thermique en fonction de la demande". Le ministre reconnaît durant la réunion avec les industriels à la CCI de Casablanca, tenue le 26 mai, "que cette situation est anormale dans an pays qui encourage l'investissement". Il précise, néanmoins, qu'il ne porte la responsabilité du déficit électrique sur personne et qu'il est, au contraire, prêt à l'assumer tout entière.

Le problème électrique ne sera résorbé qu'à partir du deuxième semestre 1994. Des programmes ont été lancés afin que "le Maroc ne connaisse plus jamais le problème du déficit électrique", ajoute le ministre.

Le plan d'équipement électrique capable de répondre à la demande de 1997 nécessite des investissements de 20,5 milliards de DH, évaluation 1993. L'ONE autofinance 20 à 30%. L'Office lance par ailleurs des emprunts obligataires pour 1,2 milliard de DH, autorisation qui avait été accordée par le CIPEP(1). Les dotations de l'Etat sont de 800 millions de DH par an jusqu'en 1997. Le reste est financé par des crédits fournisseurs et des crédits étatiques étrangers.

Une réforme du système de la tarification est également envisagée afin d'offrir une gamme plus large de prix en fonction de l'horaire, de la saison et de la région.

Laïla TRIKI

(1) L'Office est passé par le Comité Interministériel Pour les Entreprises Publiques (CIPEP) pour financer le gap de 8 milliards de DH. (Cf L'Economiste du 2 juillet 1992).





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