×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Environnement: L'ébauche d'une stratégie anti-pollution

Par L'Economiste | Edition N°:83 Le 10/06/1993 | Partager

La croissance démographique, l'urbanisation et l'industrialisation engendrent des foyers de pollution et de dégradation de l'écosystème. Le Maroc n'échappe pas à ce phénomène. Une stratégie de protection de l'environnement est en cours d'élaboration.

Au Maroc, prés de 100.000 tonnes de matières oxydables sont déversées chaque année en milieu marin. Les cours d'eau reçoivent directement près de 68.000 tonnes de matières oxydables par an. Ce sont surtout les oueds Sebou, Oum-Er-Rabia et Moulouya qui sont les plus touchés. Le flux maximum de cette pollution intervient pendant l'étiage des cours d'eau, limitant ainsi leurs capacités d'auto-épuration. Le sol et le sous-sol reçoivent environ 51.000 tonnes de matières oxydables par an. Une importante partie de cette pollution est susceptible d'être lessivée en profondeur, ce qui engendre ainsi des risques de contamination des nappes d'eau souterraines. Cette pollution, selon le document réalisé par le sous-secrétariat d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur chargé de la protection de l'environnement, est principalement concentrée dans la zone côtière atlantique entre Kénitra et Casablanca, zone de grandes agglomérations urbaines et de nombreuses unités industrielles.

La conférence ministérielle concernant le lancement de la seconde phase du Programme d'Assistance Technique pour la Protection de l'Environnement en Méditerranée (METAP) a mis en exergue l'état de la pollution de la région(1). Ce type de rencontres est toujours l'occasion d'une prise de conscience d'un phénomène dont l'ampleur est encore aujourd'hui méconnue.

La pollution agricole, quant à elle, est essentiellement due à l'utilisation d'engrais et de produits phytosanitaires dans les zones agricoles. Les quantités d'engrais utilisées actuellement au Maroc restent très faibles par rapport aux niveaux atteints par les pays développés. On estime aujourd'hui que 8 à 10% de la quantité d'azote en agriculture migre vers les nappes par lessivage ou vers les eaux superficielles sous l'effet du ruissellement. En matière d'érosion, sur une superficie étudiée de 22,5 millions d'hectares, 12,5 millions d'hectares de terres de culture et de parcours sont menacés par l'érosion en raison de leur fragilité et de leur texture. S'agissant de l'ensablement, ce dernier menace principalement les palmeraies. Ainsi, par exemple, les palmeraies menacées sont estimées à 30.000 hectares pour 80.000 habitants dans la Province de Ouarzazate et à 25.000 hectares pour 200.000 habitants dans la Province d'Errachidia.

A cela s'ajoutent les problèmes de collecte et de traitement des ordures ménagères qui se posent également au niveau des concentrations urbaines les plus importantes. Ces dernières ne disposent parfois pas de moyens de traitement adéquats permettant de valoriser ces déchets.

Surveillance des sources

Aujourd'hui, le Maroc a conçu une nouvelle stratégie environnementale. Celle-ci se concentre notamment sur la connaissance scientifique de l'état de l'environnement, la formulation d'un cadre législatif et réglementaire adapté aux besoins du Maroc, la sensibilisation, l'éducation et la formation, ainsi que l'évaluation et la surveillance. Le sous-secrétariat d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur chargé de la protection de l'environnement procède actuellement à la réalisation de plusieurs projets relatifs à l'évaluation et à la surveillance de l'environnement. Il s'agit notamment du "Projet de stratégie nationale pour la protection de l'environnement et le développement durable", en collaboration avec le PNUD. Afin de répondre aux objectifs de ce projet, trois composantes ont été incluses. Il en est ainsi de l'Observatoire National de l'Environnement qui comprend un centre de documentation, une base de données sur l'environnement, des monographies régionales de l'environnement..., du Programme national de formation et du Plan d'Action National pour l'Environnement (PANE). Ce dernier a pour objectif d'analyser les principaux problèmes et tendances de l'environnement ainsi que les instruments de sa gestion, d'identifier les besoins d'assistance technique et d'investissement et de définir une stratégie de protection de l'environnement. Parallèlement à ce "projet de stratégie nationale", figure la mise en place du "Laboratoire National de Surveillance de la Pollution et des Nuisances", opérationnel depuis 1992. Cette nouvelle institution a été créée dans le cadre de la coopération entre le Maroc, la RFA et le PNUD. Le but est de "répondre à la nécessité de disposer d'un instrument scientifique capable d'assurer une évaluation continue et une surveillance de toutes les sources et formes de pollution". Le domaine d'activité du laboratoire concerne principalement les analyses de l'eau, de l'air et du sol, dont l'objectif est de mettre en place une banque de données globales.

Par ailleurs, concernant la gestion de l'environnement, un Projet de Gestion de l'Environnement (PGE) a été initié et élaboré en collaboration avec la Banque Mondiale. Le but est de renforcer le cadre institutionnel et juridique en matière d'environnement et d'assister, dans le domaine de transfert de technologies, les secteurs public et privé. Pour ce dernier point, le PGE envisage la réalisation de cinq projets de démonstration traitant de la lutte contre la pollution industrielle et des déchets solides:

- collecte et traitement des margines d'huileries à Fès,
- récupération du chromate dans une tannerie à Fès,
- traitement des rejets de deux sucreries et d'une distillerie,
- traitement de déchets solides à Safi.

Enfin, dans le cadre du METAP, le Maroc a déjà engagé l'étude de l'aménagement de la zone côtière de Martil depuis juillet 1992.

M.O.

(1) Cf L'Economiste du 27 mai 1993.




  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc