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Les accidents croissent en nombre comme en gravité : L'insécurité routière à son maximum

Par L'Economiste | Edition N°:83 Le 10/06/1993 | Partager

Rapportée au nombre de véhicules en circulation, l'insécurité routière est au Maroc considérablement plus élevée que dans les pays voisins, alors que depuis 1991, le parc automobile croît dans des proportions sans précédent..

Les routes et les villes marocaines comme le point noir de la circulation routière de la région? Le Comité National de Prévention des Accidents de la Circulation (CNPAC) et l'Association Marocaine Permanente des Congrès de la Route (AMPCR) ont tenu les 8 et 9 juin un colloque sur la sécurité routière, dans l'espoir de trouver les moyens d'en finir avec cet état de choses. Les précédentes rencontres sur le même thème avaient donné des résultats, mais sur un court laps de temps. Accessoirement, ces rencontres étaient aussi l'occasion de vider des querelles entre services publics sur la recherche de la responsabilité. "C'est ce qu'il faut éviter", note Mme Lambert (de l'Association Internationale Permanente des Congrès de la Route). Elle souligne que s'il y a des conditions de circulation différentes d'un pays à l'autre, un problème est commun partout: coordonner les actions des divers intervenants dans un même pays. Apparemment son message est assez bien compris par les invités du colloque qui ont évité de rééditer leurs vieilles disputes.

Le plus difficile: Faire travailler les services publics ensemble

Apparemment aussi, le Maroc se trouve dans la situation qui prévalait en Europe dans les années 1960-1970, au moment où allaient se produire les grands pics de l'insécurité routière. Comme en Europe, de multiples facteurs sont en cause: le conducteur, le véhicule, l'infrastructure, le système de contrôles et sanctions, l'information y compris l'éducation des enfants et des couches les plus défavorisées... La dispersion des responsabilités autour de l'accident rend évidemment la prévention complexe.

Les disparités sont aussi fortes entre les agglomérations et les campagnes: 3 accidents sur quatre se produisent en ville. S'ils sont moins graves qu'en rase campagne (29,7% des tués le sont en ville), les accidents ne sont pas les mêmes d'une ville à l'autre. La willaya de Casablanca est de loin la plus dangereuse. Elle regroupe le quart de la population urbaine marocaine, mais il s'y produit prés de la moitié des accidents survenus en ville. En revanche, à l00km de Casablanca, Rabat-Salé n'enregistre que 10% des accidents urbains, mais quand ils se produisent, les accidents de la capitale sont plus grave (16% des tués de la route contre 40% à Casablanca). Un mystère...

Globalement, ce qu'il est convenu d'appeler "le facteur humain" est de loin le premier responsable des accidents. Deux piétons sur trois sont victimes de leur imprudence, et parmi eux, une majorité de jeunes de moins de 15 ans. Plus d'un mort sur trois dans un accident est un piéton. Avec une responsabilité un peu moins accusée, les cyclistes et cyclomotoristes sont les deuxièmes victimes de la route: un tué sur cinq est un cycliste ou un cyclomotoriste.

Les accidents augmentent très rapidement: plus 13,4% par rapport à l'année 1991. Le taux est jugé critique même par rapport à un parc automobile en hausse d'un pourcentage équivalent, parce qu'en 1992, le nombre d'accidents avait déjà fortement augmenté. Ramené à un indicateur sans équivoque, tel que le taux d'accidents (le nombre d'accidents rapporté à une base invariante de cent millions de véhicules/kilomètres), la progression de l'insécurité routière est de 3%. Comparée à la situation des pays de la région, le Maroc ne fait pas bonne figure. Il a un taux de 22,9 tués sur la route y compris en agglomérations, contre dix fois moins en France, selon les données recueillies par la Direction des Routes et de la Circulation routière.

L'opinion publique est plus sensible quant à l'insécurité routière qu'auparavant. Elle a été choquée par les victimes qu'elle a eues dans son entourage immédiat mais aussi par les accidents dont ont été victimes des personnalités respectées, comme M. Nadir Yata.

M.C.

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