×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Culture

    «Yacout« ou l'éloge de la beauté spirituelle

    Par L'Economiste | Edition N°:907 Le 01/12/2000 | Partager

    . Le film de Jamal Belmejdoub «Yacout« est en salle depuis le 29 novembreIl était une fois un énergumène dénommé Moulay Driss (Mohamed Miftah). D'un esprit vif et cultivé, mais d'un physique non choyé par la nature, il ne peut s'empêcher de tomber amoureux de la belle Yacout (Fatima Kheir), sa cousine. Il garde son amour enfoui au fond de son coeur et n'ose le dévoiler à sa bien-aimée de peur de toucher sa sensibilité. Il en fait la confidence à son meilleur ami Moulay Ahmed, étudiant au Karaouiyine. Pour sa part, Yacout l'aime d'un amour fraternel. Elle lui confie ses moindres secrets et le charge de la périlleuse mission qui consiste à décourager les prétendants qui ne méritent pas ses faveurs. Trop laid pour nourrir l'illusion de l'avoir à lui seul, Moulay Driss, se contente de la protéger et finit par s'allier avec un bel homme qui jette son dévolu sur sa belle protégée. Passés la déception et le désespoir, il prête sa plume et son éloquence à son rival Ali (Khalid Benchegra) qui n'a pour atout que sa beauté. Mais il lui en faut beaucoup plus pour conquérir le coeur de Yacout.Alors que les autres courts-métrages de Belmejdoub «L'homme de paille«, «Moins une« et «Sacrée soirée« ont été inspirés de faits divers, le scénario de son premier long-métrage est un amalgame d'oeuvres classiques «Cyrano de Bergerac«, «Le bossu de Notre Dame«, «La belle et la bête« avec comme toile de fond la ville de Fès qui constitue, en fait, le personnage principal du film. En effet, la ville impériale des années 40, est le théâtre d'une multitude d'actions qui accompagnent l'histoire principale. Pour commencer, il y a évidemment l'histoire de Yacout et Moulay Driss, ensuite la lutte des résistants pour l'indépendance du Maroc, puis l'histoire de Moulay Thami (père de Yacout) avec son «oiseau du Nil« qui est entré dans un mutisme agaçant, le tout ponctué par une série de tableaux, alimentés d'une infinité d'images qui tentent de retracer la vie estudiantine de l'historique «Karaouiyine«. Mais à vouloir tout regrouper dans un même film, Belmejdoub a fini par se perdre. Le spectateur, bombardé par une rafale d'images superflues, se perd à son tour dans des histoires qui l'éloignent de l'essentiel. En fait, à elles seules, les scènes filmées sur les cours prodigués au Karaouiyine, suffiraient à monter un documentaire sur ce monument marocain. Et de trame en trame, le dénouement se fait attendre pour que chute enfin une lettre rédigée par Yacout, qui fait office de «fin« et qui montre surtout à quel point l'imagination a fait défaut au scénariste. On comprend donc que Jamal Belmejdoub était guidé dans son film par une passion intense pour la ville de Fès dont il a tenté de reconstituer l'atmosphère et, bien entendu, les costumes. A cet égard, la chef costumière, Zineb El Idrissi Mendili, qui a monté et dirigé deux ateliers de couture à Marrakech et Casablanca, a fait du bon travail. Avec un budget de 4 millions de DH, dont 2 octroyés par le Fonds d'aide, un casting de choix avec à sa tête le grand Mohamed Miftah, une superbe musique signée Saïd Chraïbi, Jamal Belmejdoub a réussi à faire un film d'époque mais dont la morale nous échappe. Kenza ALAOUI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc