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    Du calme, messieurs, du calme s'il vous plaît! Par Mohamed LAROUSSI

    Par L'Economiste | Edition N°:907 Le 01/12/2000 | Partager

    D'abord, j'ai une bonne nouvelle pour vous: comme c'est Ramadan, nous allons pouvoir rester plus longtemps ensemble. Et je suppose que, comme tout le monde, vous n'avez pas grand-chose à faire. Ah, le Ramadan! Quel sacré mois! Si on pouvait en avoir plusieurs par an, j'en connais beaucoup qui seraient preneurs. Regardez un peu autour de vous: les gens fument moins même si, sous prétexte de prendre l'air, ils trichent un peu avec les pots d'échappement; ils ne boivent plus que du café et du thé car, entre nous, il n'y a pas autre chose à boire; ils ne mangent pas le jour mais, mon Dieu! qu'est-ce qu'ils se rattrapent le soir; ils dorment moins la nuit, mais ils récupèrent bien au boulot; ils réfléchissent peu, mais agissent presque autant; la belle vie quoi! Mais, il y a un hic, et que mon honnêteté maladive chronique, associée à mon attachement viscéral à la déontologie professionnelle laquelle, aujourd'hui, nous dit-on, fait tellement défaut, m'obligent à vous en révéler la teneur. Dans le cas où vous l'auriez déjà oublié, et je le comprendrais parfaitement, je parle de la teneur du hic. Le hic, mes chers amis, et je ne vous apprendrais rien, c'est que durant le mois de Ramadan, les gens sont hyper énervés. (J'allais dire «hyper excités« mais, j'ai peur que ce soit mal interprété.) Certains ont même commencé plus tôt. Comme ce vénérable vieillard presque centenaire, ancien combattant mais toujours combatif, qui a décidé, apparemment, de jouer aux militants de l'IRA.Je vais vous raconter l'histoire. Pour ceux qui la connaissent, ils n'ont qu'à faire un petit somme en attendant que je termine. Il était une fois, à Derb Soltan, le quartier des «résistants« (c'est-à-dire ceux qui «résistent« à la faim et à la soif), un vieux bonhomme qui, se sentant lésé par une décision judiciaire, n'a trouvé mieux à faire qu'à enfiler sa superbe redingote militaire kaki, arborer toutes ses médailles et décorations d'intérieur, et s'en aller rendre visite à qui de droit. Et il n'est pas parti les mains vides. Dans l'une, une superbe canne avec laquelle il effraie les bambins du quartier et frime les bambines du lycée et dans l'autre, une bouteille pleine à craquer. Alors, d'après vous, que va-t-il en faire? Je vous donne un indice: dans sa poche - et ça, on ne pouvait pas le voir - il avait une boîte d'allumettes. Attention, ne répondez pas trop vite: vous jeûnez et vous risquez de dire des bêtises. Vous ne le croirez jamais: il a mis le feu au bureau de Monsieur le procureur et avec Monsieur le procureur dans le bureau. Mais, ne vous inquiétez pas: tout le monde est sain et sauf. Les meubles, les tapis, tout ça, c'est cuit, mais tous les dossiers ont été épargnés. Tant pis pour ceux qui espéraient s'en tirer comme ça. Mais pourquoi les gens sont-ils si énervés? Vous lisez la presse ces temps-ci? C'est fou, ce que les gens, journalistes ou pas, s'engueulent entre eux par canard interposé. Rien qu'en lisant les articles, on peut entendre les engueulades. Au Maroc on a inventé, avant tout le monde, le JDS (le Journal Défouloir Sonore). A ne pas laisser à la portée des enfants et âmes sensibles. Bon sang! pourquoi les gens s'énervent comme ça? Je vous donne un autre exemple: les camionneurs. Pour un oui ou pour un non, ils se mettent en grogne, et juste après, ils se mettent en grève. Et en plus, pour des bricoles: charger autant de tonnes qu'ils veulent (après tout, c'est leur camion), changer de pneus tous les vingt ans, ne plus payer la vignette «comme en France« (ça, c'est la faute de TV5 et qu'il faudrait, à mon avis, interdire), ne plus entendre parler du «mouchard«, et surtout, ne plus subir de hausse du diesel. Ah, pour ça, ils vont bientôt être servis. Et, je vous le garantis, ils ne seront pas les seuls. Je ne vous en dirai pas plus. En tout cas, nos chers camionneurs auront une nouvelle occasion de «débrayer«. Et ils auront de la compagnie: les enseignants. Ceux-là, je ne les comprends pas du tout. Alors que le gouvernement leur offre des «promos exceptionnelles«, eux, pour le remercier, lui disent: pouce, on arrête. Les ingrats! D'après un copain, cette future grève aurait un rapport direct avec la visite nocturne du site Web des finances effectuée dernièrement par des inconnus. Et justement, ces «inconnus«, toujours selon ce même copain, seraient des enseignants qui auraient découvert ainsi que les caisses étaient archibourrées de fric. D'ailleurs, ils ne comprennent pas pourquoi les gens du gouvernement mettent autant de temps à leur filer l'oseille alors que, soi-disant, ce sont des potes à eux. C'est moi qui vous le dis: ça va bientôt jaser dans les chaumières. Déjà, ça a commencé dans les villas: les patrons n'aiment plus le gouvernement et ils le disent ouvertement. Et dire qu'on les soupçonnait d'être des socialistes déguisés en patrons. Ou vice versa. Moi, je vous préviens: si on continue à faire tout ce boucan, on va faire fuir «les prétendants«. Vous voyez ce que je veux dire. Oh, la vache! J'ai oublié le plus important. Savez-vous que seules trente communes auraient un vétérinaire? Alors, si, à Dieu ne plaise, on est obligé un jour de passer son steak au microscope avant de l'avaler, il serait vivement conseillé, dès aujourd'hui, de bien choisir sa commune. Bon appétit, bon week-end et à vendredi prochain. Si je peux.

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