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Economie

La ministre de l’Habitat au Club de L’Economiste: Une nouvelle génération de logements sociaux

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5892 Le 26/11/2020 | Partager
La demande est toujours importante pour les produits de 140.000 et 250.000 DH
Défi: Equilibrer l’offre territorialement et élargir la cible des programmes
Des financements plus innovants pour la classe moyenne en négociation avec les banques

A bout de souffle, le programme de logement social est en phase d’être relancé. C’est du moins ce qui ressort des annonces faites par Nouzha Bouchareb, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de l’Aménagement du territoire et de la Politique de la ville, lors de son passage au Club de L’Economiste, lundi dernier à Casablanca.

Aujourd’hui, le dispositif de 250.000 unités arrive à terme. Même s’il est critiqué, ce programme a permis de diviser le déficit en logement par 3, passant de 1,2 million à 398.000 unités, fait valoir la ministre de tutelle. Le nombre de logements neufs livrés chaque année est de 50.000 à 60.000 unités. La demande est toujours importante pour cette catégorie de logements, particulièrement ceux entre 140.000 et 250.000 DH.

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Les programmes ont permis de livrer chaque année entre 50.000 et 60.000 logements neufs, selon Nouzha Bouchareb. La ministre insiste sur «la demande toujours importante pour les logements sociaux, qui est actuellement de l’ordre de 40%».

L’évaluation de ce programme aura permis d’identifier une série de faiblesses. D’où l’importance de lancer une nouvelle génération de produits, prenant en compte les dysfonctionnements ayant entaché les premiers programmes. Par exemple, l’offre de logement est mal répartie territorialement, avec une concentration sur la zone côtière, concède la ministre.

Actuellement, «nous sommes en train d’examiner de nouvelles formules pour préparer une offre en logement, plus équilibrée territorialement», annonce Bouchareb. Parallèlement, la cible des programmes de «logements aidés» devra être élargie, afin de toucher une classe qui ne bénéficiait d’aucune offre adaptée. Il s’agit de la classe moyenne-moins, qui cherche un produit dont la valeur ne dépasse pas 500.000 DH. Ceci est d’autant plus important que les effets de la crise actuelle risquent de se traduire par un glissement d’une proportion de la classe moyenne-plus vers la classe moyenne-moins, et de cette dernière vers la classe sociale.

«Le défi des nouveaux programmes de logement est de disposer d’une offre couvrant toutes ces catégories», a noté la ministre. Cette nouvelle démarche impliquera des efforts à la fois par les autorités publiques que par les opérateurs privés du secteur. Du côté des pouvoirs publics, l’accent a été mis sur la relance de la demande, à travers «la mise en place de dispositifs pour solvabiliser les ménages».

Bouchareb a précisé que «plusieurs scénarios ont été proposés à ce sujet, dont certains très ambitieux et d’autres tenant compte du contexte actuel très particulier». Certaines mesures sont prévues dans le projet de loi de Finances, actuellement en examen au Parlement.

Il s’agit notamment du maintien de l’exonération des droits d’enregistrement sur l’acquisition des logements sociaux, ainsi que de l’abattement de 50% pour l’achat des biens destinés à la classe moyenne et supérieure. Cette mesure, introduite dans la loi de Finances rectificative, a permis d’initier une dynamique positive, selon la ministre. Cela s’est traduit par une augmentation du nombre des transactions de 30% entre août et septembre derniers.

Quid de la classe moyenne?

Depuis son lancement il y a quelques années, le programme de logements pour classe moyenne ne prend pas. Plusieurs dysfonctionnements ont été pointés, notamment l’inadaptation de l’offre par rapport aux exigences de cette catégorie d’acquéreurs. Aujourd’hui, «il est important de produire un programme à prix abordable, notamment à travers l’allègement des charges et l’optimisation du foncier utilisé», selon Bouchareb. De l’avis de la ministre, les produits financiers destinés à cette catégorie doivent être plus innovants, afin de mettre sur le marché un produit qui pourra intéresser le plus grand nombre d’investisseurs et constituer une réponse adéquate aux besoins des ménages concernés. «C’est en cours de négociation avec le secteur bancaire», a fait savoir la ministre. Que ce soit pour les logements sociaux ou pour ceux de la classe moyenne, la nouvelle génération de produits devra changer de mode opératoire concernant le prix de vente. L’une des pistes à l’étude: passer à un système de prix du m2 plafonné et d’une superficie d’au moins 80m2.

                                                                              

Villes sans bidonville: Un goût d’inachevé

C’est un véritable casse-tête que les gouvernements successifs n’ont pas réussi à résoudre. Lancé en 2004, le programme ville sans bidonvilles a dépassé les objectifs fixés initialement pour 2017, avec le traitement de 280.000 ménages sur les 270.000 prévus au départ. Mais entre-temps, le nombre de baraques a considérablement augmenté, tiré par une série de facteurs, dont la pauvreté urbaine, l’exode rural, les défaillances du dispositif de contrôle… Aujourd’hui, 160.000 ménages restent encore à traiter. «Le conventionnement pour cette opération est bien avancé. Il reste actuellement le tiers des conventions à finaliser», tient à préciser la ministre. Au-delà du traitement des noyaux de bidonvilles existants, le gouvernement veut renforcer l’intervention en amont, afin d’arrêter les flux. Nouzha Bouchareb a signalé que le mode opératoire sera articulé autour de 2 axes. D’un côté, l’absorption rapide des noyaux existants, avec un contrôle plus rigoureux. Cela devra être couplé au développement de centres émergents et intermédiaires, en mesure de sédentariser les populations rurales et atténuer l’impact de l’exode vers les grands centres urbains. La ministre a également mis l’accent sur les limites du modèle de recasement, «très consommateur en foncier». Désormais, le gouvernement va privilégier davantage le relogement, qui consiste à accorder aux ménages issus des bidonvilles des appartements au lieu de lots de terrain, plus coûteux pour l’Etat.

M.A.M.

 

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