Competences & rh

Cloud computing
Les entreprises marocaines s’y mettent

Par | Edition N°:4075 Le 16/07/2013 | Partager
Grands groupes et PME y souscrivent, mais l’offre reste non structurée
Des services à 100 DH par utilisateur et par mois
Après les clouds privés, les banques s’intéressent aux publics

LE concept du cloud computing (l’informatique dans les nuages) prend au Maroc. Ces deux dernières années, petites et grandes entreprises y recourent, même si le marché manque encore de maturité. «Les PME sont les plus demandeuses, car elles n’ont pas les moyens de s’offrir un département informatique en bonne et due forme», précise Samir Benmakhlouf, DG de Microsoft Maroc.
Les grandes entreprises telles que Maroc Telecom, Poste Maroc, ou encore les banques s’orientent plus vers le cloud privé, car elles préfèrent assurer elles-mêmes la sécurité de leurs données. «Toutefois, les banques sont contraintes par les règles prudentielles de Bâle 3 de constituer des sites back up, c’est-à-dire des sites de secours identiques à leurs sites centraux. Elles s’intéressent donc de plus en plus aux offres de cloud public», relève Hassan Bahej, DG de Cisco Maroc. Les petites structures, elles, optent pour le cloud public. Grâce à la mutualisation des logiciels et des infrastructures, elles peuvent accéder à plusieurs services avec des tarifs accessibles. Microsoft, qui est pratiquement le seul grand opérateur, avec Cisco, à offrir des services en cloud et à être installé au Maroc, propose un service pour messagerie, gestion de documents, espace de travail et vidéoconférence à partir de 100 DH par utilisateur et par mois. Le groupe compte parmi sa clientèle plusieurs enseignes, dont Coca Cola, Mc Donald’s, Axa, ou encore Alliances Développement.
«Cependant, l’offre sur le marché reste non structurée. Elle se fait au cas par cas, alors qu’ailleurs vous trouvez des catalogues avec des tarifs bien précis», souligne Bahej.  
Les ministères aussi suivent la tendance. Certains optent pour leur propre cloud, tandis que d’autres font appel à des spécialistes. Celui de l’Education nationale, par exemple, a eu recours à Microsoft pour offrir à plus de 480.000 lycéens l’accès aux résultats du baccalauréat. Sans compter le service messagerie et de vidéoconférence ouvert à quelque 7 millions d’élèves.
La tendance est donc au cloud computing. Même les fonctions libérales (avocats, notaires, etc.) s’y intéressent. Toutefois, il existe encore un frein psychologique, lié à des craintes sur la sécurité des données. La disponibilité et le coût de la connexion haut débit préoccupent également les utilisateurs. «Le Maroc doit faire plus d’efforts en matière d’infrastructures IT, afin de permettre un accès raisonnable aux nouvelles technologies. Selon un rapport de la Banque mondiale, augmenter le nombre d’utilisateurs du haut débit de 10% permettrait une hausse de 1,3 point du PIB», insiste Benmakhlouf.  «Il est également nécessaire d’investir dans l’innovation afin de ne plus dépendre entièrement des contenus étrangers, et former plus de spécialistes. Actuellement, nous formons surtout des compétences généralistes en IT», ajoute-t-il.

Qu’en dit la réglementation?

AUCUNE disposition dans la réglementation marocaine n’empêche les entreprises de recourir au transfert ou à l’archivage de leurs données sur des serveurs basés à l’étranger, selon le ministère de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies. Il n’y a donc aucune barrière juridique au cloud computing. Cependant, le problème se pose au niveau des données à caractère personnel.
L’article 43 de la loi 09-08, relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel, ne permet pas le transfert de ces données vers un Etat où le niveau de protection de la vie privée des personnes n’est pas «suffisant». Autrement, il est nécessaire d’obtenir au préalable l’autorisation de l’organe chargé du contrôle des données personnelles (CNDP), ainsi que le consentement des personnes concernées.

Ahlam NAZIH

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