
A l’instar du régime de la fonction publique, les grades des magistrats sont répartis en plusieurs échelles. Le grade le plus bas (3e) compte 9 échelles. Le second, lui, est réparti en 5 échelles.Le 1er grade se divise en six échelles. Quant au grade exceptionnel, il se compose de 3 échelles.
Salaires, salaires, salaires… tonnent les magistrats depuis plus d’une décennie. La dernière augmentation à laquelle ils ont eu droit remonte à 1996. Du côté de la profession, la «rumeur d’une hausse des salaires» se fait insistante. Or, «il n’y a pas encore de décision sur une quelconque augmentation», confie une source gouvernementale. Le nouveau ministre, Mustapha Ramid, a pourtant présenté, le 30 janvier, un projet d’augmentation des salaires à son collègue des Finances qui peaufine toujours la loi de finances de 2012. Seuls sont concernés les magistrats de 1er, 2e et 3e grades. Ceux ayant un grade exceptionnel ne sont pas inclus dans le projet. Leur statut est régi par dahir.
Pour le Club des juges du Maroc (CJM), «gagner plus est un préalable pour la réforme de la justice». Son jeune président, Yassine Moukhli, en fait une requête «qui distingue l’année judiciaire de 2012 des autres au même titre que le projet de loi organique du Conseil supérieur de la magistrature, la mise à niveau de la formation et des conditions de travail». L’ouverture de l’année judiciaire s’est faite justement le 24 janvier au sein de la Cour de cassation. Evénement annoncé le jour même en exclusivité sur nos colonnes. Et durant lequel le représentant du CJM n’a pas été «officiellement convié».
Lorsqu’on évoque la réforme de la justice, le CJM la qualifie, avec un certain excès, comme «un slogan resté longtemps en stand-by. La déclaration gouvernementale est positive quoiqu’elle n’a pas enveloppé la situation financière des magistrats».
Le Club peut se permettre une telle sortie dans la mesure où il plaide pour sa représentativité: 1.800 adhérents sur les 3.700 juges en exercice. Tout «en croyant à la diversité de l’action associative», il défend la complémentarité des rôles avec la très officielle Al Widadiya Al Hassania des magistrats dont le président, Abdelhak El Aïssi, est resté injoignable. A ces deux associations professionnelles, il faudra ajouter, entre autres, l’association des femmes magistrates… Tel est le paysage avec lequel le ministère de la Justice devra composer. Le principe d’une révision du statut a été cité dans le discours royal du 20 août 2009 dédié à la réforme de la justice. Il a été question aussi «de réviser le statut des greffiers». Ces derniers ont eu gain de cause après de longues grèves entamées dès septembre 2010. Avec au final une augmentation de salaire arrachée. Cet épisode est politiquement instructif. L’actuel ministre de la Justice n’est pas un technocrate. S’il y a accord de principe, les négociations devraient porter sur la fourchette des revalorisations des salaires. Budget serré oblige. Les juges, eux, n’ont pas droit à l’action syndicale. Quoique le Club des juges a l’allure d’une centrale. Il tient à dire son mot sur ce dossier. Quitte à intenter symboliquement une action en justice contre le gouvernement. Il lui donne jusqu’à mai 2012 pour tenir sa promesse.
Faiçal FAQUIHI