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mercredi 16 mai 2012,
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Exportations agrumes: Objectif, la grande distribution

Exportations agrumes: Objectif, la grande distribution

«La création de plateformes de stockage et de distribution est urgente pour favoriser l’intégration des produits marocains auprès des grandes chaînes de distribution européennes», affirme Ahmed Darrab, secrétaire général de l’Aspam

   

Les exportations marocaines d’agrumes ont reculé dans les principaux marchés européens. Pour Ahmed Darrab, SG de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (ASPAM), les producteurs nationaux n’ont pas su s’adapter aux exigences de la grande distribution 

- L’Economiste: Dans quelle ambiance s’est tenue la 11e participation du Maroc au salon Fruit Logistica?
-Ahmed Darrab: La conjoncture est difficile dans la plupart des pays importateurs des fruits et légumes du Maroc. Face à ces contraintes, nous avons mis en place, dans le cadre du plan Maroc Vert, un programme d’actions ambitieux pour le développement des productions.

-La priorité se focalise sur les agrumes…
-Pas seulement, les primeurs sont également ciblées. Pour les agrumes, je le rappelle, nous avons signé avec le gouvernement un contrat-programme qui couvre la période 2009-2020 et qui a pour objectif d’atteindre 2,9 millions de tonnes de production contre 1,8 million actuellement. Et en matière d’export, l’ambition est de porter les expéditions à 1,3 million de tonnes contre 500.000 tonnes actuellement.

- Et par conséquent, entrer dans la grande distribution…
-Oui. Et dans ce domaine, le Maroc a pris du retard. 
- Comment le Maroc s’est laissé distancer?
-En partie à cause de l’éloignement géographique et le mode de transport. La voie maritime est pleine d’aléas. Dans le domaine des agrumes, denrées très périssables, aucun retard n’est toléré. Ce qui ne peut coller avec les exigences de la grande distribution qui impose des délais serrés, des conditions de livraison draconiennes.

- De quelle manière pensez-vous intégrer ce secteur?
-Nous sommes en train de réfléchir, avec le ministère de l’Agriculture et Maroc Export, à la création de plateformes de stockage et de distribution dans les pays importateurs. Cela coûtera cher, mais c’est le seul moyen pour être réactifs à la demande des grandes chaînes de commercialisation.

- Il y a de grosses ambitions sur le marché russe…
- Effectivement. Le Maroc est leader sur la Russie qui absorbe 50% de nos exportations d’agrumes. Mais ce pays est très convoité, notamment par l’Egypte qui propose des produits de moins bonne qualité et à moindre prix. En cette période de crise, les consommateurs sont moins exigeants sur la qualité. Cela ne veut pas dire que le Maroc doit baisser en qualité, loin de là mon idée.

- Est-ce une question de main-d’œuvre?
- En Egypte, la main-d’œuvre est disponible et moins chère. L’eau est abondante dans les régions agrumicoles et la livre égyptienne est avantageuse au change.
Au Maroc, on a un déficit de main-d’œuvre. Les jeunes ne veulent plus travailler dans les champs. Par ailleurs, la multiplication des conflits sociaux perturbe à chaque campagne les récoltes. Attention, il ne s’agit pas d’échapper à  la loi, mais il faut réglementer le droit de grève car notre activité est saisonnière et nous travaillons sur des produits périssables.


Propos recueillis par Fatima EL OUAFI