Economie

Régime de change: Ce n’est qu’un début!

Par Franck FAGNON | Edition N°:5192 Le 22/01/2018 | Partager
L’élargissement de la bande de fluctuation sera graduel
A ce stade, l’impact des modifications sera peu significatif sur l’économie
Au plus 0,2 point de croissance supplémentaire si le dirham reculait de 2,5%
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Dans l’hypothèse d’une dépréciation maximale de 2,5% du dirham cette année, la croissance s’établirait à 3,4% soit un gain de 0,2 point par rapport aux prévisions de la loi de finances 2018

Après l’oral devant les parlementaires, les autorités monétaires ont de nouveau insisté sur l’intérêt de la réforme du régime de change jeudi 18 janvier lors d’une conférence conjointe du ministre des Finances, du gouverneur de Bank Al-Maghrib et du directeur de l’Office des Changes. Si l’opinion publique attendait des indices sur les prochaines étapes de la réforme, sa curiosité n’aura pas été assouvie. «L’élargissement se fera graduellement.

Il faut veiller à ce que les pré-requis soient réunis à chaque fois avant de franchir de nouvelles étapes», a simplement indiqué Abdellatif Jouahri. Les analystes de JP Morgan anticipent de nouveaux ajustements cette année. “Ce que dit JP Morgan n’est pas la Parole Sainte», a commenté le wali de Bank Al-Maghrib.

Les banques comme JP Morgan ou encore l’agence de notation Fitch qui tablent sur une remontée du taux directeur cette année sont dans leur rôle en livrant leur lecture de la situation économique et des réformes à leurs clients. Et, les évaluations et anticipations peuvent diverger d’une institution à l’autre. Pour Mohamed Boussaid, ministre des Finances, «dans cette réforme, nous avons joué la transparence totale vis-à-vis du public, des opérateurs et des partenaires».

La crainte des opérateurs et l’impact d’un dirham plus volatil sur le pouvoir d’achat des ménages qui auraient en partie justifié le renvoi de la réforme du régime de change initialement prévu l’été 2017 n’avait pas lieu d’être, a laissé entendre le gouverneur de la banque centrale. «Si nous avons eu toute une tempête à cause de l’élargissement de 2,5% de la bande de fluctuation, qu’en sera-t-il au moment du flottement total», s’interroge Jouahri.

Il faudra beaucoup de pédagogie envers le public et les opérateurs pour qu’ils assimilent la réforme. La bande de fluctuation actuelle du dirham (+/- 2,5%) demeure faible pour peser sur l’économie. Dans l’hypothèse d’une dépréciation maximale de 2,5% du dirham cette année, la croissance gagnerait 0,2 point selon les simulations de Bank Al-Maghrib et du ministère des Finances. Suivant ce même scénario, l’inflation s’établirait à 1,9% en moyenne en 2018 au lieu de 1,5% selon les dernières prévisions.

L’été dernier, les autorités monétaires avaient peut-être sous-estimé le rapport à la monnaie des marocains et n’ont pas eu les bons mots pour expliquer la réforme, ce qui pourrait en partie expliquer le fiasco. Maintenant, le taux de change peut être un atout mais ne va pas régler tous les maux de l’économie.

«Il ne faut pas faire jouer à des instruments les rôles qui ne sont pas les leurs. Le régime de change flexible viendra appuyer les autres réformes de structure. Cela fait partie des réformes de deuxième génération dont le Maroc a besoin pour accélérer la convergence vers les économies émergentes», insiste Jouahri.

 

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