Régions

Taza/Aknoul Les courageux élèves de l’école El Marj

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5187 Le 15/01/2018 | Partager
Une école dont l’état précaire reflète celui d’une majorité d’écoles dans les régions rurales
Bâtiments vétustes, plafonds endommagés et un froid glacial que supportent une vingtaine d’écoliers
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Pendant l’hiver, suivre en classe est une bataille quotidienne pour les élèves de l’école El Marj, car sans chauffage, et avec un sol en piteux état et des murs sans isolation, la température à l’intérieur est pratiquement la même qu’à l’extérieur (Ph. SIT - Les visages ont été modifiés)

Par ce temps enneigé et ce froid glacial qui touche tout le pays, les 20 écoliers de la région montagneuse d’Aknoul, dans la province de Taza, continuent d’arpenter le chemin pour rejoindre leur école El Marj. Ils viennent de plusieurs villages des montagnes avoisinantes et pour arriver à l’école, il faut marcher entre une heure pour les uns et jusqu’à trois heures pour un petit garçon et sa sœur rien que pour l’aller. En plus de l’éloignement, le froid est omniprésent dans cette zone montagneuse, en particulier en hiver.

Suivre en classe est une bataille quotidienne pour ces élèves, car sans chauffage, et avec un sol en piteux état et des murs sans isolation, la température à l’intérieur est quasiment la même qu’à l’extérieur. Et lorsqu’il pleut, les eaux s’infiltrent à travers le plafond et les vitres cassées.

Une triste réalité sur l’état précaire dans lequel se trouve une grande partie des écoles situées dans le monde rural et dans les zones montagneuses et qui explique, entre autres, pourquoi beaucoup d’élèves quittent l’école dans ces zones. La rencontre avec ces écoliers s’est faite dans le cadre d’une visite de quelques membres de la société civile pour identifier les besoins et rencontrer les responsables de l’école El Marj.

«Nous avons effectué cette visite pour lister les besoins et proposer notre aide aux élèves pour améliorer leur niveau scolaire à travers un programme d’accompagnement ludique et pédagogique», note Saad Ibn Talib, président de l’association Boured pour le développement et le sport pour tous.

Cette école a en effet été construite en 1968, et dispose de deux classes avec une toiture en charpente en préfabriqué, dont une sans faux plafond. L’école est située au bord d’une route goudronnée et à côté d’un cimetière, de quoi donner quelques frissons aux plus courageux.

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Construite en 1968, l’école dispose de deux classes avec une toiture en charpente en préfabriqué, dont une sans faux plafond. On peut même voir la charpente et les plaques de toiture percées à quelques endroits, d’où l’eau s’écoule par temps pluvieux (Ph. SIT)

Le mur de l’école qui fait office de clôture ne fut construit quant à lui qu’en 2000. L’école dispose de deux enseignants et accueille les niveaux scolaires allant du CP à la 6e, et comme dans le milieu rural, les élèves ont classe une demi journée seulement.

La première année primaire accueille 6 élèves, la deuxième année 5 élèves, la troisième, la quatrième et la cinquième année accueillent chacune 2 élèves. Le niveau de sixième année enfin accueille 3 élèves. Mais comme l’école ne dispose que de deux classes plusieurs niveaux sont réunis dans la même classe. Lors de cette visite, ces élèves ont pu recevoir des cahiers et des stylos, en marge d’une opération de dons de vêtements chauds au profit des habitants dans le besoin de la région montagneuse d’Aknoul.

Ils ont surtout exprimé leurs attentes, très modestes, en demandant des crayons de couleur, du papier, des livres, des stylos et des cahiers, de la musique et des jouets et de quoi chauffer leur classe. Et malgré des températures très basses qui avoisinent parfois le 0 degré au petit matin, sans oublier la difficulté du chemin lorsqu’il neige ou il pleut, ces 13 filles et 7 garçons continuent d’aller à l’école en espérant un avenir meilleur.

De notre correspondante, Sabrina BELHOUARI

 

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