Economie

Financement: Les start-up en attente d’un outil à la carte

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5136 Le 27/10/2017 | Partager
Le fonds Innov Invest annoncé pour début 2018
Une ouverture très attendue par les TPME et start-up
La confirmation donnée au forum international sur les garanties institutionnelles à Marrakech
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Le nombre d’entreprises ayant bénéficié du mécanisme de la Caisse cntrale de garantie a triplé en quatre ans: 17.968 en 2016 contre 5.200 sur la période 2009 à 2012. Cela se traduit dans les  volumes de crédits couverts par la garantie de la Caisse. Autrefois dominé par l’activité des fonds dédiés aux particuliers, le portefeuille global de la CCG s’est recentré sur le financement de la PME. L’activité de cofinancement a par ailleurs connu une croissance spectaculaire

S’inscrire comme catalyseur du développement de l’entrepreneuriat et des TPME. Voici l’ambition affichée par les organismes qui pilotent les mécanismes de garantie institutionnelle au forum international organisé jeudi 26 octobre à Marrakech par la Caisse centrale de garantie (CCG).

Les experts présents travaillent donc au développement des systèmes de garantie et d’appui au financement des entreprises. Et le nouveau plan quadriennal de la CCG pour 2017-2021 va dans le même sens avec une offre ciblant particulièrement les porteurs de projets innovants et les start-up. «Innov Idea», «Innov Risk» ou encore «Innov Dev» sont autant de solutions qui leur seront proposées à différentes phases de leur existence: pré-amorçage, amorçage ou pour accompagner leur croissance.
Annoncé pour début 2018, ce fonds est très attendu par les start-up.

A la tête de l’incubateur Emerging Business Factory à Marrakech, Taoufik Aboudia surveille les engagements promis. «Aujourd’hui, en tant que start-up, chercher un financement ne peut se faire que de la manière classique. Nous devons apporter à la banque, en plus de l’idée du siècle, nos propres garanties et mettre nos biens, quand on en a, en danger. Sachant qu’un jeune n’a pas forcément pu se constituer un patrimoine à hypothéquer», explique-t-il. L’attente est donc forte et pressante. Les 50 millions de dollars promis via ce fonds sont une formidable opportunité de démarrage pour les start-up.

Les guichets de la Caisse centrale de garantie ne désemplissent pas. Comme le relève Abderrahim Bouazza, DG de Bank Al-Maghrib, ses activités ont connu un développement dynamique, en particulier pour ce qui est de la garantie des crédits aux TPME, laquelle couvre aujourd’hui environ 14% desdits crédits contre 6% une décennie plus tôt. Avec une petite nuance cependant: de plus en plus de PME, étranglées par des difficultés de trésorerie, font appel aux mécanismes de la CCG pour financer leur exploitation. La garantie ne sert plus systématiquement à financer l’investissement.

Un système de garantie de crédit solide est un élément essentiel pour faciliter l’accès des TPME au financement bancaire. Mais il n’est pas suffisant. C’est ainsi que les autorités monétaires ont assoupli la réglementation et institué un dispositif de bonus/malus pour inciter les banques à consacrer une quotité de crédits à la TPME. C’est bien, mais il faut aller encore plus loin, suggère Salaheddine Kadmiri, vice-président général de la CGEM. «Il faut que les pouvoirs publics donnent plus de moyens et de capacités financières pour que la Caisse centrale de garantie joue encore plus son rôle de catalyseur».

En partant de ce que remontent les adhérents de la CGEM, le vice-président de la confédération patronale constate la mutation de la culture au sein de la Caisse centrale de garantie: «Les processus y sont beaucoup plus clairs et diligents». Satisfaction donc, du côté des entreprises, après l’annonce de mise en service au début de l’année prochaine du fonds Innov Invest. Avec l’espoir que le processus de simplification des procédures sera poursuivi et consolidé.

 

 

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