Economie

Energie: La facture s’embrase

Par Nadia DREF | Edition N°:5095 Le 29/08/2017 | Partager
Les importations ont grimpé de 33,4% à 39,1 milliards de DH
C’est la conséquence d’une hausse de 6% des cours mondiaux des produits énergétiques
Augmentation de 5% de la production d’électricité à fin juin
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Cette hausse est attribuée essentiellement à l’augmentation de la production de l’ONEE et de celle de la production de l’électricité issue des projets liés aux énergies renouvelables

Comme nous l’avions déjà annoncé, la facture énergétique ne cesse de s’envoler. En atteste, le niveau d’importations des produits énergétiques qui ont bondi de 33,4%, en juillet dernier, atteignant 39,1 milliards de DH. Cette hausse est essentiellement attribuée à l’augmentation des achats des hydrocarbures, en l’occurrence des gas-oils et fuel-oils, dont l’approvisionnement sur les marchés internationaux a augmenté de 43,7%, ou encore du gaz de pétrole (+22,3%). D’autant plus que depuis plusieurs mois, le Maroc importe des produits raffinés, donc plus chers.

Cette flambée, le gouvernement s’y attendait déjà. Le ministre de l’Energie et des Mines avait annoncé, sur les colonnes de L’Economiste, que la facture sera salée pour 2017 (cf. notre édition du 8 août 2017). Selon le ministère des Finances, les cours des matières premières ont enregistré une remontée en juillet dernier profitant de  la baisse du dollar face à l’euro et de l’accélération de la croissance économique globale ainsi que la pression sur l’offre. L’indice des prix des produits énergétiques, calculé par la Banque mondiale, s’est accru de 3% en juillet après un recul de 6% un mois auparavant.

A contrario, les cours du phosphate brut n’ont pas profité de cette hausse. Ils se sont établis à 88 dollars la tonne en juillet 2017, en baisse de 5,4% sur un mois et de 23,5% en glissement annuel, apprend-on auprès du ministère des Finances. Par ailleurs, les prix des engrais phosphatés DAP ont reculé de 2% à 343 dollars la tonne en juillet, marquant, cependant, des gains de 9% depuis leur creux de décembre 2016. Cette situation est la conséquence de la forte progression de la production mondiale suite aux grands investissements que mènent le Maroc et la Chine, pour augmenter leurs capacités de production.

Reste que le Maroc dépend quasi totalement des importations en matière de l’énergie primaire. Il dispose d’un potentiel considérable en énergie éolienne estimé à 25.000 MW en on shore et 250.000 MW off shore, en plus du potentiel solaire estimé à 20.000 MW.

Pour ce qui est de l’électricité, les indicateurs semestriels du secteur font ressortir une amélioration de la production et une hausse de la consommation. La production appelée nette d’électricité a progressé de 5% au lieu de 2,3% il y a un an.
Cette amélioration s’explique par la hausse de 6,8% de la production de l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE) et de 16,2% de celle de la production de l’électricité inscrite dans les projets développés dans le cadre de la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables. En revanche, la production concessionnelle s’est légèrement repliée de 0,9%.

Côté importations, le volume acheté a progressé de 13,5% au premier semestre. Pour ce qui est de la consommation d’électricité, le rythme de progression est passé de 1,4% au premier semestre 2016 à 3,7% à la même période de cette année. Cette évolution favorable a été portée par les hausses de 5,8% de l’électricité destinée au secteur industriel, de 3,6% de la consommation résidentielle et de 1,9% de celle destinée aux régies. Cette progression est attribuée à l’orientation favorable des ventes de l’énergie de très haute (THT), haute (HT) et moyenne tensions (MT) (+4,2% contre +0,7%). Elle est soutenue par la bonne dynamique de celles adressées, principalement, au secteur industriel (+5,8% contre +0,1%) et de celles attribuées aux distributeurs (+2,9% contre +1,2%), précise l’Office.

Quant à la consommation de l’énergie de basse tension (BT), elle s’est accrue de 1,8%, au lieu de +3,6% un an plus tôt.

Miser sur la basse tension

Pour faire bénéficier les clients raccordés à la basse tension des retombées de l’introduction des énergies renouvelables à l’instar des clients THT, HT et MT, le principe de l’accès à la basse tension est annoncé dans le cadre de la loi n° 58-15 modifiant et complétant la loi 13-09 sur les énergies renouvelables, publiée en 2016. Des textes d’application seront élaborés et publiés pour fixer les modalités et les conditions d’accès au réseau BT.
Le ministère de tutelle a lancé une étude pour évaluer les aspects technique, juridique, économique et financier de cette ouverture. Ce plan d’action profitera également aux distributeurs des énergies renouvelables (tarif d’accès au réseau BT et achat de l’énergie excédentaire), et permettra par conséquent d’avoir un équilibre entre le transport et la distribution dans le système électrique.

 

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