Entreprises

Services financiers: Maroc Telecom dévoile ses plans

Par Franck FAGNON | Edition N°:5025 Le 17/05/2017 | Partager
L'opérateur va solliciter un agrément auprès de Bank Al-Maghrib
L'expérience Mobicash devrait lui permettre d'accélérer son projet
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Le groupe présidé par Abdeslam Ahizoune est en train de boucler son dossier pour solliciter un agrément d'établissement de paiement. Pour les opérateurs télécoms, le parc client mobile constitue un atout de taille pour développer l'usage de ces services (Ph. Bziouat)

L'ouverture de la licence de services de paiement à de nouveaux acteurs va créer un nouveau champ de compétition notamment entre les opérateurs télécoms. Avec leur clientèle, ils disposent déjà d'une base de recrutement assez dense. Maintenant, il faudra aller les conquérir. «Nous partons avec un atout qui est le parc et surtout la connaissance client.

Cela nous permettra de bien nous adresser à la clientèle qui est à même d'utiliser un service bancaire sur le portable grâce à notre compréhension des usages», analyse une source au sein de Maroc Telecom. Le groupe compte plus de 18 millions de clients sur le segment mobile au Maroc. Il est en train de boucler son dossier pour solliciter un agrément. La filiale dédiée va offrir des prestations de transfert, de dépôt et retrait d'argent, de prélèvements unitaires ou permanents et de virements.

Des assouplissements par rapport à la pratique dans les agences bancaires ont été introduits par la réglementation pour permettre l'accès à ces services au grand nombre. Il suffira d'être identifié dans la base des opérateurs télécoms pour pouvoir ouvrir un compte de moins de 200 DH. Entre 200 et 5.000 DH, le souscripteur devra produire une pièce d'identité et remplir un formulaire pour l'ouverture d'un compte d'un montant supérieur à 5.000 DH.

Pour le déploiement des services financiers, Maroc Telecom part avec une avance sur la concurrence puisqu'il a déjà emmagasiné de l'expérience avec Mobicash. L'opérateur s'appuiera sur ses plateformes de mobile paiement et proposera un éventail de services dans ses agences et un réseau sélectif de revendeurs. Les bureaux de tabacs, les téléboutiques ou encore les épiceries pourront aussi faire office de mini «agence bancaire».

«Les process sont connus et rodés. La plateforme de mobile paiement permet aussi de répondre aux impératifs de sécurité et de lutte anti-fraude. Il faudra apporter quelques ajustements pour satisfaire aux exigences réglementaires», assure notre interlocuteur.

Loin d'être des concurrents pour les banques, les établissements de paiement viendront compléter le dispositif existant pour améliorer la bancarisation des populations. Selon un rapport conjoint de Bank-Al Maghrib et de la Banque mondiale, plus de 13 millions de Marocains n'auraient pas accès aux services financiers. «C'est une façon intelligente d'intégrer les petits porteurs, les personnes non bancarisées.

Notre objectif est d'upgrader ce service à travers le mobile et de lui donner du sens avec l'émission de carte de paiement pour permettre aux clients d'effectuer des opérations directement sur les terminaux de paiement électronique», relève-t-on auprès de Maroc Telecom.

L'existence des plateformes de mobile paiement réduit significativement les nouveaux investissements qui seront engagés pour le développement de l'offre de services financiers. «Le réseau de revendeurs est déjà identifié et est opérationnel. L'écosystème est là. Il faudra mettre à niveau techniquement notre solution», précise notre source.

11 millions de clients mobile-payment dans les filiales

Plus qu'au Maroc, les services financiers offrent davantage d'opportunités dans les pays d'implantation du groupe Maroc Telecom en Afrique subsaharienne. Le taux de bancarisation dans ces territoires reste très faible et il y a une prédisposition à adhérer à ce type de service. Le taux d'équipement en téléphone sur la plupart des marchés est très élevé.

Maroc Telecom compte plus de 11 millions de clients mobile-payment dans ses filiales africaines, soit pratiquement le tiers du parc global. Partout, le challenge sera d'accroître la consommation de ces services. Les transactions peuvent être importantes sur certains marchés mais les marges sont réduites. Le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire et le Mali se présentent comme les marchés les plus porteurs pour les services financiers sur mobile.

 

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