Evénement

L’action climat passe d'abord par les villes

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4896 Le 11/11/2016 | Partager
Les zones urbaines représentent environ 70% des émissions mondiales
L'adaptation au changement nécessite 80 à 100 milliards de dollars par an
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195 pays sont engagés dans la course de 100 milliards de dollars par an de financement d'ici 2020. La COP22, qui poursuit ses travaux à Marrakech, devra être un accomplissement de leur promesse pour soutenir les actions dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables (Ph. Bziouat)

C’est une évidence. Les villes restent au cœur du problème climatique. Et sans une vraie mobilisation de la part des acteurs locaux, il sera difficile de mettre en œuvre l'Accord de Paris. Les zones urbaines représentent environ 70% des émissions mondiales liées à l'énergie. Le secteur des bâtiments et de la construction représente à lui seul plus de 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Réaliser une réduction de 80% des émissions carbonées du secteur d'ici 2050 (comme le prévoit l'Agence internationale de l'énergie) sera donc crucial pour le succès de l'Accord de Paris, selon Gino Van Begin, secrétaire général de l'ICLEI (Gouvernements locaux pour le développement durable). «Les nations rassemblées à la COP22 doivent maintenant faire preuve de leadership en fournissant un cadre solide pour appuyer l'action et combler l'écart des émissions avant qu'il ne soit trop tard. L'action climat dans et par les villes, les communes et les régions sera déterminante pour nous assurer de rester sur la voie des 2 °C, avec la cible d’atteindre les 1,5 °C», a-t-il ajouté. Selon la Banque mondiale, l'adaptation au changement climatique pourrait coûter entre 80 et 100 milliards de dollars par an, dont 80% devront être investis dans les zones urbaines. Déjà des victoires: de nombreuses actions visant à adapter les zones urbaines au changement climatique ont été adoptées. Lors de la COP21, les élus locaux s’étaient engagés à réduire de 80% les émissions de gaz à effet de serre de leur territoire d'ici 2050. Et dans la continuité de cet élan, les élus organisent à Marrakech un sommet sur la localisation de la Finance Climat au niveau des territoires. D’autres victoires sont à enregistrer comme la rénovation de bâtiments anciens et la construction de nouveaux bâtiments à faible consommation d'énergie et à haute performance énergétique. L'Alliance mondiale pour les bâtiments et les constructions a d’ailleurs lancé une feuille de route, axée sur les bâtiments à faible consommation d'énergie dans les zones chaudes et tropicales et sur l'amélioration de l'accès au financement, en particulier pour les pays en développement. L’accomplissement de la promesse faite par les pays développés d’atteindre 100 milliards de dollars par an de financement d'ici 2020 pour soutenir les actions dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables reste donc un facteur critique à la réalisation des objectifs climatiques. D’autant plus que l’urbanisation la plus rapide est en Afrique. Ces pays ont besoin d'un soutien opportun et adéquat pour éviter les infrastructures à haute teneur en carbone et pour mettre en place des solutions résilientes et bas carbone dès que possible. La course aux 100 milliards de dollars par an est donc bien engagée. Attention, dans cette enveloppe, il y a de l'argent public mais aussi des investissements privés. Il y a des dons et surtout des prêts. Cet argent va servir à financer des énergies vertes, des éoliennes, des panneaux solaires, des barrages... Pour Laurence Tubiana, championne du climat, les 100 milliards de dollars ne devront être qu’un plancher pour l'après-2020. La bonne nouvelle est cet engagement fort important des pays développés qui vont mobiliser 67 milliards de dollars de fonds publics sur les 100 milliards. La part des financements allant à l’«adaptation» est aussi réglée. En principe, 50% de ces fonds iraient à l’adaptation.

Le sommet des élus

Financer la mutation durable des territoires sera justement à l’ordre du jour du sommet des élus qui sera organisé le 14 novembre en marge de la COP par l’Association marocaine des présidents des conseils communaux (AMPCC) et l’Association des régions du Maroc (ARM). Ce sommet intervient suite à la première édition tenue à Paris. Quelque 700 élus locaux et régionaux du monde entier inviteront les acteurs du financement du développement durable à venir partager leurs expertises, afin d’ériger pour la première fois une véritable culture financière commune et nouer des coopérations.

 

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