Evénement

Les communes s’engagent, pourvu que ce soit durable!

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4894 Le 09/11/2016 | Partager
Agadir, Chefchaouen, Tiznit… des cas d’école
Décharges, éclairage public, tableau de bord énergétique… Les actions

Le rôle des communes ne doit pas se borner à délivrer les CIN et nettoyer les rues. Certains présidents des villes d’Agadir, de Chefchaouen ou Tiznit sont venus présenter pour cette COP22 leurs actions en faveur du développement durable. Aux côtés de l’AMEV, (l’Association marocaine pour des éco-villes), tous travaillent à former un réseau efficace au Maroc pour s’inscrire comme une force de propositions dans le cadre des projets de lois et des alliances qu’elles soient nationales ou internationales. Conscients de la tâche à accomplir, il s’agit avant tout de renforcer les capacités des ressources humaines, entre élus et cadres. Chefchaouen est une ville modèle et initiatrice de la transition écologique. En effet, depuis 2010 déjà, les questions de l’environnement sont au centre de ses décisions. Il faut dire que la commune n’a eu qu’à surfer sur une dynamique associative très forte. Une piscine municipale avec chauffage de l’eau des bassins et des douches par le solaire, le premier centre au Maroc d’information sur l’énergie, un éco-centre où parler climat et développement sont quelques exemples de cette transformation. Mais surtout, la mise en place d’un tableau de bord énergétique avec compteurs électriques, carburant et eau potable pour un suivi précis des consommations de la ville. Un outil essentiel pour une gestion communale optimale. Le point noir de Chefchaouen étant encore sa décharge qu’ils espèrent rapidement transformer en centre d’enfouissement et de valorisation des déchets. Précisons que la ville reçoit dans quelques jours le Middle East Africa Energy Award. Une récompense internationale qui aide à décrocher les financements. Même état d’esprit à Agadir. Son président rappelle qu’elle est la seule ville du sud à avoir une décharge contrôlée depuis 8 ans maintenant, utilisée par 9 autres communes environnantes. Des études ficelées sur la mobilité pour 4 milliards de DH d’investissement, des panneaux photovoltaïques installés dans le cadre du projet d’efficacité énergétique, des futures bornes de recharge pour le transport électrique… et voilà que la ville d’Agadir a été choisie pour abriter en 2017 le 1er Forum international sur les villes durables. A Tiznit maintenant, ce sont 5 projets de développement durable qui sont en cours. Il s’agit pour la ville de sauver le patrimoine de sa médina. Une mosquée, un musée quasi autonome en énergie, un centre d’archives (une première au Maroc) se mettent aux normes environnementales. La ville réutilise également ses eaux usées à des fins agricoles et travaille à son éclairage public. Sa consommation actuelle de 6 millions de DH pour 5.500 points lumineux passera ainsi à 3 millions de DH par an pour 8.000 points lumineux.

Médaille d’or

L’ÉCOLODGE Atlas Kasbah dans la région du Souss-Massa a obtenu la médaille d’or aux trophées internationaux de tourisme responsable en novembre 2015 à Londres en sa qualité de meilleur hôtel au monde pour la valorisation locale. Il est le premier hébergement francophone au monde à avoir obtenu cette récompense en reconnaissance de ses mesures en développement durable et de sa promotion de l’écotourisme au Maroc. Il s’agit d’un projet unique dans le Royaume qui a pris en compte dès sa conception la vulnérabilité du lieu. En effet, tout y a été mis en oeuvre pour coller aux contraintes de cette zone semi aride. Recyclage, compostage, une politique d’achats qui favorise le local et en particulier les femmes sont autant de démarches écolos. Des arbres y ont été plantés pour la séquestration du carbone, les eaux grises épurées à 100% pour l’irrigation, ou l’utilisation de produits ménagers naturels pour zéro produit chimique. Un exemple à valoriser dans cette région défavorisée.

 

 

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