Evénement

Radeema: Le pari de la réutilisation des eaux usées!

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4894 Le 09/11/2016 | Partager
La Station de traitement et de réutilisation des eaux préserve la nappe phréatique
Une unité de séchage solaire des boues issues de la station

La Station de traitement et de réutilisation des eaux usées (STEP) est l'un des modèles concrets d’adaptation aux changements climatiques. La ville qui connaît un stress hydrique fait face à des exigences contradictoires imposées pour le soutien du développement touristique et économique. C’est ainsi que la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Marrakech (Radeema) a adopté une approche avant-gardiste d’adaptation aux changements climatiques avec la Step qui a nécessité 1,23 milliard de dirhams et qui permet désormais l’arrosage des golfs, des espaces verts et de la palmeraie de Marrakech.
Cette station est aussi un cas d’école de par son financement réalisé en partenariat public-privé (PPP). Il y a eu aussi la contribution des promoteurs golfiques bénéficiaires.

Atténuation des gaz à effet de serre

Reposant sur les techniques de traitement intensif et fiable, la station d’épuration de Marrakech traite actuellement jusqu’à 118.000 m3/jour d’eaux usées jusqu’au niveau de traitement secondaire selon le procédé des boues activées avant qu’elles ne soient évacuées dans le milieu naturel. Selon le besoin exprimé de réutilisation, le traitement est poussé au niveau tertiaire par filtration et désinfection aux rayons ultra-violet pour satisfaire la quantité d’eau commandée. Les eaux épurées au niveau tertiaire sont par la suite transportées par pompage depuis la station d’épuration jusqu’à leur destination finale. 8 greens sont alimentés à ce jour et 19 autres sont au stade de conception, indique Rachid Benchikhi, directeur de la Radeema. L'autre particularité de ce projet réside dans l’atténuation des gaz à effet de serre à travers la valorisation énergétique du biogaz potentiellement productible lors de la digestion anaérobie des boues issues du traitement des eaux usées.
En effet, le biogaz produit par la station permet de générer par cogénération 30 MWh/jour d’énergie électrique couvrant 50% des besoins de la Step et 40 MWh/jour de chaleur satisfaisant les besoins thermiques de la station, soit au total l’équivalent de 67 barils de pétrole par jour, évitant ainsi l’émission en atmosphère du méthane. Le second projet de la Radeema est son unité de séchage solaire des boues issues de la Step en perspective d’une valorisation ultérieure, énergétique ou agricole.
L’unité traitera au quotidien 215 tonnes de boues d’épuration pour en produire 56 t/jour de boues séchées à 80% de siccité. Le procédé de séchage solaire adopté tire profit du contexte climatique local favorable pour offrir au quotidien 120 MWh d’énergie thermique, soit l’équivalent de 80 barils de pétrole par jour, souligne Benchikhi.

 

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