Enquête

MRE : «Les ONG sont écoutées, pas entendues»

Par Jaouad MDIDECH | Edition N°:4829 Le 05/08/2016 | Partager
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Salem Fkire, président de l’association Cap-Sud MRE
(Ph. Cap-Sud MRE)

Créée à Agadir (lieu d’une immigration massive vers l’Europe à la fin des années 1950, 60 et 70) par un groupe de MRE chefs d’entreprise, ayant la particularité d’avoir investi au Maroc, l’association Cap-Sud MRE ambitionne de jeter les ponts entre le Maroc et les pays d’accueil, et prêter main-forte aux jeunes MRE de la deuxième et troisième génération désireux aussi d’investir dans leur pays d’origine.

- L’Economiste: Vous êtes de cette génération issue des Marocains de l’étranger et avez choisi d’investir au Maroc. Pourquoi ce choix?
- Salem Fkire:
Ce choix est partagé par un grand nombre de trentenaires et quadragénaires MRE, car il est la suite logique d’un entrepreneuriat ou d’une carrière professionnelle accomplis dans le pays d’accueil. Ce retour aux sources est une forme d’hommage au sacrifice de nos pères qui n’ont pas hésité à émigrer pour garantir une vie meilleure à leur famille.

- Avez-vous le sentiment d’être bien servis et bien accueillis en tant qu’investisseurs?
- Le problème ne réside pas dans un accueil plus favorable car, au Maroc, dans la difficulté, les MRE sont logés à la même enseigne et les institutions aiment à le rappeler. Il est indispensable, en tant qu’investisseur étranger ou MRE, de s’adapter au pays où vous décidez d’investir, que ce soit au Maroc ou tout autre pays. Il ne faut surtout pas transposer la mentalité du pays d’accueil au Maroc et ne pas penser que le fait d’être Marocain vous permet de croire que vous n’avez pas besoin d’étudier le marché et la mentalité. L’erreur est de croire que la génétique répondra à toutes les anticipations.

- Vos principales doléances comme Marocains de l’immigration?
- La principale doléance est plus que d’actualité, c’est la participation politique qui nous est refusée malgré la Constitution.
Comment vouloir impliquer ce potentiel économique que sont les 5 millions de MRE, dont 70% ont moins de 40 ans,  en l’excluant de la vie civique de notre nation?! Comment défendre nos intérêts juridiques, sociaux ou économiques sans représentativité politique? Cette exclusion aura de réelles conséquences identitaires sur les générations récentes et en aura d’autant plus sur les investissements en provenance de la diaspora.

- Avez-vous le sentiment que les ONG défendant les intérêts des MRE sont écoutées au Maroc?
-Les ONG sont écoutées, mais pas entendues. Pour être entendue, l’ONG doit faire preuve de complaisance, mais cela n’est pas forcément dans l’intérêt de la diaspora, malheureusement! «Investisseur, oui, citoyen, non», nous refusons ce statut discriminatoire.
Propos recueillis par JM

 

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