×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Entreprises

    Publicité sur les médicaments: Le MSP rappelle à l'ordre

    Par L'Economiste | Edition N°:325 Le 09/04/1998 | Partager

    L'opération baisse des prix décidée il y a quelques semaines par le laboratoire Hoechst-Marion-Roussel a entraîné un véritable remue-ménage autour de la publicité des médicaments. Le nouveau ministre de la Santé a frappé du poing sur la table.


    C'est par une circulaire sur la publicité des médicaments que M. Abdelouahed El Fassi aura fait son entrée officielle en tant que nouveau ministre de la Santé. Une entrée, plutôt en trombe. Car le document, non daté et diffusé depuis peu auprès des différents labora-toires, ressemble plus à un rappel à l'ordre. Et il s'adresse d'abord à Hoechst-Marion-Roussel. Motif: le laboratoire n'aurait pas respecté les précautions d'usage pour communiquer la baisse substantielle de prix décidée sur un de ses médicaments, un antibiotique de la classe des amoxicilline (Cf L'Economiste du 5 mars). Rappelons que, pour annoncer la mesure, M. Ali Ghandi, son PDG, avait tenu une conférence de presse le vendredi 27 février. Celle-ci a vu la participation de différents journaux, y compris non spécialisés. La conférence de presse avait été justifiée par "l'avantage en termes d'économie de la santé " auquel répondait la baisse des prix. Des objectifs commerciaux n'étaient pas exclus pour autant.

    M. Ghandi n'imaginait pas la suite des événements. Bien avant la diffusion de la circulaire, quelques concurrents n'avaient pas caché leur grogne. L'affaire HMR n'est mention-née nulle part sur la circulaire du MSP. Mais c'est sous-entendu. «cette publicité a constitué un acte de concurrence déloyale vis-à-vis des concurrents", souligne la circulaire. Tout en rappelant les dispositions juridiques en vigueur, elle condamne vigou-reusement ce genre d'opération et met en garde contre "l'exploitation publicitaire qui peut en être faite".
    Si l'objectif principal de la publicité, dans le cas des produits courants est purement commercial, pour la publicité médicale le caractère informatif et éthique doit primer sur l'aspect marketing et ce, en vertu d'un décret-loi de 1997 réglementant la publicité médicale.

    Les contraintes


    Un médicament ne peut faire l'objet d'une publicité que sur autorisation préalable du Ministère de la Santé Publique (MSP). Et encore, dans les revues spécialisées uniquement (le premier moyen de communication reste les visites des délégués médicaux).
    A qui faut-il adresser des reproches? A HMR, auteur de l'opération ou bien aux journaux qui ont diffusé l'information en lui donnant une ampleur commerciale.
    Le PDG de HMR avait affirmé avoir obtenu l'autorisation préalable du MSP. Reste le rôle de la presse. Certes, la presse d'information générale obéit à des contraintes et parfois poursuit des objectifs qui ne sont pas toujours conciliables avec les exigences de rigueur, d'objectivité et de prudence qui caractérisent généralement le savoir scientifique.

    Pour autant, l'information biologique et médicale n'exclut pas des enjeux économiques. Le secteur pharmaceutique, en particulier, n'est pas étranger aux stratégies d'entreprise, où des groupes industriels trouvent avantage à financer colloque ou congrès, revues et journaux spécialisés. Pis, dans ce domaine, des opérateurs eux-mêmes déplorent l'influence croissante de l'argent sur l'indépendance de l'information. Là où le bat blesse, c'est que la publicité prend parfois des formes qui ne sont pas toujours perceptibles. A commencer par les facilités accordées généreusement aux prescripteurs sous forme de prise en charge des frais de voyage (billet d'avion et hôtel). Sans oublier le ton du message utilisé: des insertions publicitaires sur les médicaments, pourtant bien ciblées, comportent parfois elles aussi des accroches et des clichés tendancieux.
    Ces mesures sont-elles pour autant taxées de concurrence déloyale ou condamnées?
    C'est là où s'impose peut-être une vigoureuse sensibilisation, appuyée par des efforts sur la transparence financière à tous les niveaux. Le public pourra alors aisément identifier la nature des messages qui lui sont adressés: information ou démarche publicitaire?

    Mohamed BENABID

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc