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    Economie

    Phénomènes naturels, pollution et déchets : Des plages disparaissent

    Par L'Economiste | Edition N°:160 Le 29/12/1994 | Partager

    Le littoral demeure une zone particulièrement fragile et sensible. Les phénomènes naturels, mais aussi la pollution et les déchets sont les principales causes relevées par l'étude du LPEE sur l'état d'érosion d'un grand nombre de plages, mais aussi sur les raisons de leur disparition.

    Le long des côtes, qu'elles soient sur l'Atlantique ou sur la Méditerranée, plusieurs plages sont en état d'érosion, voire totalement disparues. Le recul du trait de côte en résultant peut atteindre plus de 10 m par an. L'exemple de la plage d'Agadir est assez significatif, soulignent les experts du LPEE.

    Les côtes sont soumises à de fortes érosions dues à des phénomènes naturels tels que la surélévation du niveau de la mer, les tempêtes et les raz-de-marée. S'ajoute également l'action de l'homme, et ce par l'extraction de matériaux ou l'installation d'ouvrages qui risquent de modifier localement la morphologie du littoral.

    Diagnostic du sable

    Parmi les plages disparues, les ingénieurs du LPEE citent les cas des plages de Dahomey dans la région de Mohammédia, de Fnideq, de M'Diq, de Kemado à proximité d'Al Hoceima.

    L'érosion, de son côté, a touché des plages telles que Martil, Cabo Negro, Kabila, Oubaha, Monika et Manesmann près de Mohammédia.

    A la demande de la Direction des Affaires Techniques du Ministère des Travaux Publics, le LPEE a réalisé une étude de surveillance de la qualité du sable de 18 stations au cours de la période de février 1993 à mai 1994. Cette étude a englobé trois campagnes de balayage, de tri des déchets et d'analyses microbiologiques et chimiques. Les stations choisies sont les mêmes que celles ayant fait l'objet de suivi de la qualité des eaux de baignade(1). "Il a été procédé ainsi dans l'optique de déduire une éventuelle interaction entre l'état de qualité des eaux de baignade et celui du sable adjacent", indiquent les experts.

    De plus, faute de procédure normalisée au Maroc et dans les pays européens, la méthodologie adoptée "permet juste d'obtenir un diagnostic qualitatif du sable.

    Les résultats obtenus sur la base de ces trois campagnes ont montré que les quantités de déchets rencontrées sur les plages ont considérablement baissé suite aux campagnes de balayage entreprises par les autorités locales, notamment au niveau des plages d'Agadir, d'Asilah et de Martil. Les déchets sur toutes les plages sont en général à prédominance matières plastiques, papier-carton et bois. S'ajoutent les cadavres d'animaux et les résidus d'hydrocarbures.

    Les nuisances liées à la présence de ces déchets sur les plages sont multiples. Elles peuvent être esthétiques et olfactives. S'agissant de ce dernier point, la fermentation des déchets organiques alimentaires ou naturels s'accompagne d'odeurs désagréables amplifiées par la chaleur estivale. Elle attire les insectes nuisibles et favorise leur prolifération. Les déchets solides (bouteilles, ferrailles, seringues...) représentent un danger sur la plage et dans l'eau, particulièrement pour les enfants. Les plastiques sont également nuisibles pour les animaux marins qui, les prenant pour une proie, peuvent les avaler et s'étouffer (tortues, dauphins). Les rejets d'eaux usées non épurées, les excréments et les cadavres d'animaux nuisent également à la qualité du sable.

    De leur côté, les analyses microbiologiques n'ont pas révélé de pollution d'origine fécale. Les analyses chimiques ont montré que le sable des plages marocaines est d'une qualité chimique conforme aux normes adoptées aux Pays-Bas.

    Les déchets attirent le déchet

    "Il convient de souligner, avancent les experts du LPEE, que les déchets attirent le déchet. Les usagers auront tendance à amplifier la malpropreté du littoral en adoptant un comportement laxiste. Il faut cependant rester dans certaines limites, les plages trop propres paraissent "minérales" et donc artificielles".

    Pour les ingénieurs du Laboratoire, les actions à entreprendre par les services compétents afin d'assurer la propreté du littoral sont:

    - l'amélioration de la qualité des eaux en assainissant les eaux usées déversées sans traitement préalable;

    - une résorption des décharges brutes non seulement le long du littoral, mais aussi sur les berges des cours d'eau pour éviter que les crues ne ramènent sur la côte des amas de branchages et de détritus divers;

    - un ramassage régulier des déchets sur les plages;

    - des campagnes d'information et de sensibilisation du public.

    Dans un premier temps, le LPEE envisage de procéder à une visite de reconnaissance sédimentologique de cinq plages. Il s'agit de la première zone qui engloberait M'Diq, Martil, Kabila et Restinga, ensuite Tanger, Boukhalef, Chlihat, Bouznika et Al Hoceima. Cette reconnaissance se traduira par une enquête sur le terrain, auprès des riverains, la collecte des données existantes et le diagnostic de l'évolution de chaque plage.

    Meriem OUDGHIRI

    (1) Cf L'Economiste du 8 décembre 1994.

    Les facteurs d'érosion des plages

    Les divers facteurs susceptibles de rompre l'équilibre dynamique des plages et de causer un état d'érosion peuvent être d'origine naturelle ou humaine.

    Parmi les facteurs naturels:

    - L'agitation: C'est le facteur essentiel de l'évolution des plages. En fait, sous l'action de la houle, les sédiments sableux pourront être soumis à différents mouvements se traduisant par des déplacements dans le profil perpendiculaire à la côte, et à un transit littoral dont la direction et l'importance dépendront essentiellement des caractéristiques de la houle, de l'inclinaison du trait de côte, des matériaux et du profil des fonds.

    - La surélévation du niveau de la mer (marée): Dans l'état actuel, les différents spécialistes sont unanimes pour admettre une surélévation lente du niveau de la mer évaluée entre 1,5 et 1,9mm par an(1): ce qui reste, soulignent les experts du LPEE, préjudiciable pour soumettre de nouvelles zones du littoral à l'action des forces hydrauliques. Les phénomènes d'érosion deviennent particulièrement intenses lorsqu'il y a conjonction d'une marée de vives eaux et un état agité de la mer.

    - Les courants: Ceux qui contribuent le plus à mettre les sédiments en mouvement, à les transporter et à les disperser sont engendrés par la houle, le vent et les marées.

    - Les vents: Ils sont à l'origine de la formation des vagues. Ils provoquent des courants résiduels non négligeables tant parallèles que perpendiculaires au littoral.

    Parmi les facteurs humains:

    - Les dragages: Pour maintenir et améliorer l'accès aux ports, des dragages sont nécessaires pour s'opposer aux apports littoraux et une partie seulement de ces matériaux est restituée au littoral par suite des difficultés de venir déverser les produits de dragages très près de la côte. Ce qui entraîne une décroissance des apports solides et donc un déséquilibre de la dynamique sédimentaire.

    - Les dégradations ou disparition des dunes: L'extraction de sable à partir des dunes, qui sont considérées pour certains comme des réserves de sable pour la construction, est souvent l'origine principale des érosions et parfois de disparition de plages.

    - Les ouvrages portuaires: Ils constituent un obstacle au transit littoral. Suivant la profondeur d'implantation des ouvrages construits, la totalité ou la partie du transit littoral est interceptée, ce qui entraîne des accumulations de sable à l'amont et des érosions à l'aval.

    M.O.

    (1) Rapport n°5.10.94 de Manoujians relatif à l'étude bibliographique sur le rechargement des plages par les problèmes de dragages, juin 1989.

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