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    Economie Internationale

    Otan: 50 ans de guerre froide, un mois de guerre chaude

    Par L'Economiste | Edition N°:492 Le 23/04/1999 | Partager

    · La plus grande force militaire jamais constituée s'enorgueillit de n'avoir jamais mené une seule guerre et d'avoir maintenu la paix par l'équilibre des forces, jusqu'au Kosovo
    · Trois ex-pays communistes, Pologne, Tchéquie, Hongrie, intégrés le 12 mars 1999 pour tourner la page de la guerre froide


    Qui veut la paix prépare la guerre. Voilà un vieil adage que les militaires ont toujours évoqué pour convaincre les civils et les politiques de leur donner les moyens de constituer de belles armées. Les dirigeants de l'Otan (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord) ont toujours avancé cet argument, y compris maintenant qu'ils se préparent à la première guerre terrestre. C'est ce discours pacifiste qui a aussi été mis en avant lors de la Conférence de Valence en Espagne, du 24 au 26 février dernier, sous le thème «Le dialogue sur la Méditerranée et la nouvelle OTAN». Là, il s'agissait de s'ouvrir sur six pays, le Maroc, la Mauritanie, la Tunisie, l'Egypte, la Jordanie et Israël. La paix est bien sûr un «axe de communication», comme disent les publicitaires, surtout depuis le démantèlement du «Pacte de Varsovie». Ce vieux rival, constitué après la deuxième Guerre Mondiale par l'URSS et ses pays satellites, menaçait par ses «forces conventionnelles» (infanterie, marine, aviation) et nucléaires. «Il suffisait que Brejnev s'enrhumât, ou qu'un char soviétique fît le plein pour obtenir des crédits», ironise un fonctionnaire du Quartier Général de Bruxelles».
    Aujourd'hui, ceux qui donnent de l'argent à L'Otan, les Parlements européens et américain ne voient plus de grands danger et préfèrent consacrer les budgets à choyer leurs électeurs. Et en plus, ils sont travaillés par les pacifistes et les écologistes. Il faudrait voir leur attitude après la fin de la guerre contre la Serbie. Les 400 militaires et 2.600 civils, confortablement installés dans la capitale Belge, doivent donc trouver de bonnes raisons de faire maintenir cette armée «virtuelle». Car chaque pays garde sa propre armée et l'Otan ne possède que des systèmes de surveillance.
    En cas de nécessité, les 19 pays membres mettent des troupes et du matériel à la disposition d'un «commandant suprême» qui va diriger tout le monde lors des opérations.
    Pour l'Europe, c'est le général Wesley K. Clark. Pour l'Atlantique, c'est l'Amiral Harold Gehman Jr, tous deux Américains.
    Sur le papier, la somme des armées des 19 pays membres est le plus grand arsenal jamais constitué par l'humanité. Sur le terrain, la mobilisation n'a jamais eu lieu depuis 1949. Même pendant la Guerre du Golfe, ce sont les Etats-Unis et leurs alliés qui, en tant que pays, ont combattu, pas l'Otan.
    Auparavant, la guerre froide avait été un exercice de «dissuasion» et «d'équilibre des forces».
    Puisque le sang n'a jamais coulé avec les ennemis d'hier, l'OTAN cherche donc à en récupérer quelques-uns, d'autant plus qu'il reste, malgré le démantèlement du «Pacte de Varsovie», d'autres puissances militaires en Europe: la Russie, l'Ukraine, le Kazakhstan, pour ne citer que celles qui ont récupéré l'arsenal nucléaire de l'ex-URSS. Plus loin, en Asie, il y a la Chine, l'Inde, le Pakistan, l'Irak qui a créé des surprises et, tout près, la Yougoslavie qui ne plie pas aux menaces.
    Alors, la diplomatie sert de soutien logistique aux militaires et finit par prendre le dessus. Comme tous les pays membres sont des démocraties, «les militaires apprennent des politiques, et les politiques apprennent des militaires», explique un officier du QG de Bruxelles. Ce bâtiment ne ressemble d'ailleurs en rien à une caserne: pas de fusées, de chars, de canons, même avec la guerre contre la Serbie, les armées sont ailleurs. Ce sont des bureaux agréables avec des dossiers et de la paperasse. Beaucoup de fonctionnaires sont des dames et les talons aiguilles remplacent les talons qui claquent. L'organisme militaire a bien digéré la diplomatie et la politique.

    Khalid BELYAZID


    L'OTAN en bref


    Les membres
    Les membres fondateurs en 1949 étaient les Etats-Unis, le Canada, la Belgique, le Danemark, l'Islande, l'Italie, le Luxembourg, la Hollande, la Norvège, la Grande-Bretagne, le Portugal et la France qui abritait le siège, place Dauphine, aujourd'hui immeuble de la meilleur faculté de gestion. Celui-ci a été transféré en 1966 à Bruxelles, parce que la France du Général De Gaulle s'était retirée d'une manière très ambiguë militairement pour mener une politique nucléaire plus autonome, mais elle a gardé une présence politique. La France revient à l'Otan avec les opérations dans l'ex-Yougoslavie.
    En 1952, la Grèce et la Turquie rejoignent l'Otan, suivies de l'Allemagne (ex-RFA) en 1955, de l'Espagne en 1982 et le 12 mars 1999, la Tchèque, la Hongrie, et la Pologne.

    La décision
    Le principe est de ne pas imposer une décision à un membre contre sa volonté, car L'Otan ne se veut pas une organisation supranationale. Aussi les membres cherchent-ils à trouver des compromis, ce qui a pour effet d'alourdir la machine. La décision doit être consensuelle, et finalement être prise à l'unanimité. C'est la dimension politique de l'Otan qui le veut. Le consensus est possible pour décider des budgets, des forces à mettre à disposition au cas où... le consensus est difficile et inefficace pour les opérations armées rapides.

    Les moyens
    L'Otan est une armée virtuelle et ne possède en propre que des moyens de surveillance aérienne et de télécommunications dont des avions Awacs. Il y a une coordination permanente dans des QG multinationaux. L'Otan peut disposer de trois catégories de forces:
    - une force de réaction rapide sous le commandement du Général Clark déployable en 48 heures;
    - des forces assignées à l'Otan, mais maintenues sous la responsabilité des nations, mises à disposition en cas de besoin par les autorités militaires, selon des procédures convenues d'avance;
    - des forces militaires non assignées par les nations, mais qui peuvent l'être par décision politique;
    Tous les Etats membres contribuent à un budget en fonction de leur capacité économique et de leur sensibilité à la menace du moment: les Etats-Unis sont les premiers financiers, mais ils poussent de plus en plus les Européens à prendre en charge leur défense commune tout en gardant le commandement.

    Les organismes proches
    - Le Conseil de L'Europe
    Créé il y a 50 ans, le Conseil de l'Europe est un organisme politique et non politico-militaire comme l'Otan, qui fait la promotion de la démocratie. Il compte aujourd'hui, en plus des fondateurs, les pays de l'Europe occidentale et la plupart des pays ex-communistes, soit 40 membres. Sa première action fut la Convention Européenne des Droits de l'Homme en 1950 et plus tard la Cour Européenne. Suivent des chartes et des textes à vocation sociale et humanitaire. Les pays européens ont été intégrés au fur et à mesure qu'ils se sont démocratisés (Espagne, Portugal, pays de l'Est...), ou exclus quand il n'ont pas respecté les libertés (Grèce des colonels et Turquie). Pour sa part, l'Otan n'a pas été regardante sur cette question, par exemple avec la Turquie qui occupait une position stratégique face à l'ex-URSS, ou le Portugal de Salazar.
    -L'OSCE
    L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, créée en 1973, compte 55 membres et incluent les pays d'Amérique du Nord, «de Vancouver à Vladivostock», selon le slogan. Elle s'est ouverte plus rapidement aux ex-pays de l'Est et a une vocation de calmer les tensions militaires et les conflits par l'intervention politique.
    - L'Union Européenne
    C'est un espace économique et non militaire, où les biens et les services circulent aujourd'hui librement. Il a hérité de la CEE ouverte en 1960 avec 6 pays. Les 15 pays de l'UE, n'aspirent pas tous à faire partie de l'Otan: Suède, Autriche... et des pays de l'Otan comme les Etats-Unis ou la Turquie n'ont pas vocation à intégrer l'UE.

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