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    Economie Internationale

    L'OTAN face aux «menaces» du Sud

    Par L'Economiste | Edition N°:492 Le 23/04/1999 | Partager

    · Un dialogue est ouvert avec six pays dont le Maroc. L'Otan voudrait faire plus dans la sécurité soft
    · Les pays du Sud, comme la petite Serbie, bien que faiblement armés, causent des "tracas" à l'Otan. Ils restent muets dans l'affaire du Kosovo


    L'intégrisme musulman est le nouvel ennemi de l'Occident, contre lequel l'Otan doit pointer ses armes. C'est le secrétaire général de l'Otan qui l'a déclaré. Mais heureusement, c'est l'ancien. L'actuel, Xavier Solana, est, en bon espagnol, plus compréhensif du Monde arabo-musulman. Il rejette catégoriquement l'analyse simpliste de son prédécesseur.
    Néanmoins, les fonctionnaires de l'Otan ne nient pas les risques et les hostilités à l'Europe et à l'Amérique qui naissent autour de la Méditerranée. Il y a le vieux conflit du Moyen-Orient, avec ses extensions jusqu'en Irak, en Iran, en Afghanistan, les violences en Algérie, l'ex-embargo sur la Libye, et surtout les embarrassantes questions de la Bosnie et du Kosovo... régions musulmanes.
    L'Otan a-t-elle une politique délibérée en Méditerranée comme L'Union Européenne? Sa priorité, comme l'UE, est l'ouverture à l'Est, et la Pologne, la Hongrie et la Tchéquie ont été intégrés le 12 mars, portant la nombre des membres de 16 à 19, malgré la Russie qui n'apprécie pas cet élargissement.
    Pour le Sud, un stratège du siège de Bruxelles affirme: «Nous n'avons pas de politique méditerranéenne formalisée, mais nous considérons la région comme un ensemble. Nous voulons informer en permanence les pays du Sud et discuter avec eux».
    Un autre ne se voile pas les yeux: «Nous savons que l'opinion arabe nous est hostile, nous prête un rôle partial au Moyen-Orient, ou nous reproche notre passivité dans le processus de paix».
    En fait, l'Otan compte déjà en son sein un pays musulman, quoique officiellement laïc, la Turquie, chargée autrefois de faire face à L'URSS.
    Avec six autres pays, Maroc, Mauritanie, Tunisie, Egypte, Jordanie et Israël, un «dialogue» est déjà ouvert. Comment? «C'est aux pays arabes de montrer ce qu'ils veulent faire avec nous», répond un fonctionnaire de Bruxelles. «Des contingents arabes avaient déjà participé aux opérations de paix en Bosnie, et nous pouvons faire plus en matière d'information, de sciences, d'aide civile d'urgence. Dans la guerre pour le Kosovo, région musulmane, le Monde arabe reste muet: ni condamnation des frappes, ni condamnation de l'épuration ethnique... la balle est dans le camp des pays arabes, mais il faut qu'ils donnent des réponses actives pour une participation concrète». Pour cela, il existe à l'Otan une trame de coopération bilatérale, dit PFP (Partnership For Peace), déjà conclu avec 27 pays, et l'organisation croit aux relations à «géométrie variable». La conception nouvelle de la sécurité qui est avancée se veut "inclusive et non exclusive», l'ennemi n'est pas tant un pays que l'instabilité. L'exemple cité est bien sûr l'ex-Yougoslavie qui abrite les deux casse-têtes de l'Otan depuis la guerre froide, et les deux seules occasions qui lui ont été données d'intervenir: la Bosnie et le Kosovo.
    «En définitive, l'Otan a fait la guerre moins souvent que vous», aime à dire M. Solana aux représentants des petits pays, une fois en 50 ans.
    En fait, ce n'est pas tant du pacifisme qu'une impuissance à agir. L'Otan ne décide pas d'intervenir par vote à la majorité, mais à l'unanimité des Etats membres. C'est difficile à obtenir, surtout de la part de démocraties, où les peuples sont soucieux de l'argent et des causes pour lesquels meurent leurs hommes.
    C'est pourquoi l'Otan pour intervenir est en quête de «mandat», en l'occurrence ceux de l'ONU. L'idée est que «L'Otan n'a pas à dire le droit mais à suivre le droit». Tout cela pour donner une caution morale à des «interventions» très prudentes: cela a commencé par des appels aux cessez-le-feu, à l'arrêt des massacres, au dialogue. A Rambouillet, Mme Allbright est venue «peser» de tout le poids de l'Amérique dans les pourparlers de paix sur le Kosovo. Quand les belligérants continuent, l'Otan «menace» de frappe et a fini par frapper, bien après des multiples massacres en Bosnie, puis au Kosovo.
    A la suite des accords de Dayton, les Casques bleus de l'ONU étant dépassés, elle a envoyé en 1996 la SFOR, une «force de stabilisation de 35.000 hommes, 29.000 des 16 membres de l'Otan, et 6.000 à 20 autres nations. Il en reste 30.000 à ce jour, car la mission est reconduite tous les six mois. Objectifs, séparer les belligérants, désarmer, déminer, reconstruire les ponts, les routes... Plus récemment, l'Otan a créé un nouveau terme militaire, «la force d'extraction»: 1.500 hommes étaient allés en Macédoine pour garantir la sécurité des 2.000 vérificateurs de L'OSCE (Organisation de la Sécurité et de la Coopération en Europe).

    Khalid BELYAZID

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