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    Economie

    L'Internet, levier des mouvements militants d'aujourd'hui?

    Par L'Economiste | Edition N°:741 Le 06/04/2000 | Partager

    . C'est le moins onéreux des moyens de communication

    Derrière l'écran, un appartement parisien. Dominique Foufelle, 45 ans, journaliste et féministe, l'une des adhérentes actives du site des Pénélopes(1). Malgré les apparences et le côté professionnel, le site des Pénélopes n'est pas le produit d'une entreprise high-tech: c'est avant tout un site d'information militant, très éloigné des «portails féminins» pièges à pub comme Newsfam ou Aufeminin.com. Ces derniers, bien en prise avec un monde de mâles, ont engrangé des dizaines de millions de Francs pour bâtir leurs sites fardés de conseils psychologiques et d'horoscopes. De leur côté, les Pénélopes se débrouillent entre leur boulot et leur vie privée, et travaillent chez elles.
    La première version de leur site, cousu à la main, a été mise en ligne en 1997 par un noyau de féministes emmenées par Joëlle Palmieri, «toutes liées à des métiers de la communication», précise Dominique Foufelle. Un site destiné avant tout à relayer des nouvelles sur la situation des femmes dans le monde.
    Un mélange entre les infos provenant des réseaux militants classiques et celles puisées sur le réseau des réseaux. Et, à l'origine, une démarche moderniste qui suscitait le doute dans les milieux des associations traditionnelles. «On nous accusait de dénoncer le fait que les femmes étaient les premières victimes de la pauvreté et, en même temps, d'utiliser un outil coûteux», rappelle Dominique Foufelle. Pour les Pénélopes, le Net est au contraire le moins onéreux des moyens de communication: moins cher que le téléphone, plus rapide que la Poste. Mois après mois, le site s'étoffe de travaux de chercheuses du monde entier sur la condition féminine, d'actualités africaines, américaines, asiatiques.

    200 adhérentes


    «L'association compte aujourd'hui autour de 200 adhérentes, et à peu près la moitié nous ont contactées par Internet», signale Dominique Foufelle. Pour coordonner le travail, les Pénélopes usent des listes de diffusion, ces agoras électroniques par e-mail.
    Les rédactrices collectent l'information, la mettent en forme, puis l'expédient à celles chargées de l'installer sur le site. Elles débattent des problèmes quotidiens, affinent leurs positions, mais se rencontrent aussi en live, si possible, une fois par mois. «Les rencontres sont la garantie d'un fonctionnement démocratique, explique Dominique Foufelle. Si on reste seulement planté devant son ordinateur, il y a appauvrissement». Les Pénélopes disposent même de leur propre émission hebdomadaire, Cyber-
    femmes, sur le bouquet de CanalWeb.
    Surtout, l'association s'est insérée dans le réseau international des associations féministes. «Comme l'utilisation de l'Internet va en s'amplifiant dans le monde, on a commencé à entretenir des relations avec des groupes de toute la planète»: France Afrique Infos, les Canadiennes de Womanspace, voire les femmes adeptes de Linux, les Linuxgirls. Elles se rapprochent d'Attac, aussi, l'association pour une taxe sur les mouvements financiers spéculatifs, elle aussi très alerte avec le Net. Pour Dominique Foufelle, l'Internet est un levier indispensable aux mouvements militants d'aujourd'hui. «Certains disent que les manifestations antimondialisation de Seattle n'auraient pas eu lieu sans l'Internet, dit-elle.
    De New York, où se tiennent des réunions régulières et des séances de travail, les Pénélopes envoyées là-bas ont expédié chaque jour des informations, des articles. Le tout mis en forme sur le site en quelques heures. Pour Dominique Foufelle, aucun doute: «Les femmes se rendent de plus en plus compte de l'intérêt de l'Internet».

    Florent LATRIVE
    Syndication L'Economiste-
    Libération (France)

    (1) www.penelopes.org


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