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    Les universités auront plus d'autonomie

    Par L'Economiste | Edition N°:756 Le 27/04/2000 | Partager

    . Le texte de loi accorde de plus larges prérogatives dans le domaine pédagogique et scientifique aux
    universités conçues comme de futurs pôles de développement

    . L'accès aux hautes fonctions universitaires s'effectuera par voie de concours


    Une nouvelle conception de l'Université. La Charte de l'enseignement et les dispositions de la loi relative à l'organisation de l'enseignement supérieur marquent une rupture à plusieurs niveaux par rapport au passé. Une autonomie financière et pédagogique plus grande, un champ d'action plus large et des prérogatives étoffées. L'université, selon la nouvelle vision, n'est plus seulement une institution de formation et de recherche. C'est un véritable pôle de développement.
    Le premier changement est à relever sur le plan législatif. La loi sur l'enseignement supérieur est le premier texte unificateur de toute la législation relative à ce domaine. Auparavant, c'était le Dahir du 25 avril 1975 et toute une panoplie de décrets et de textes qui régissaient les institutions de l'enseignement supérieur public ou privé. Aujourd'hui, à part les lois organiques, ce sont la Charte et le texte de loi qui regroupent toutes les dispositions légales relatives à l'organisation et la gestion des institutions universitaires. D'autres nouveautés sont introduites sur le plan pédagogique. De larges pouvoirs en matière d'élaboration de programmes et de réformes pédagogiques sont octroyés aux universités. Celles-ci sont habilitées à créer des cycles spéciaux pour répondre à des besoins particuliers en formation, formation continue ou en recherche.
    Par ailleurs, la licence est supprimée. C'est la conséquence directe de la refonte des cycles de formation qui existaient jusque-là. Ces derniers, désormais d'une durée de six mois chacun, se répartissent en troncs communs et cycles spécialisés. La suppression de la licence, à laquelle de nouveaux diplômes se substitueront, marque la fin d'une série de préjugés qui se sont accumulés ces dernières années. Il n'y a plus de liens automatiques à établir entre le diplôme universitaire et l'accès à la fonction publique ou le chômage des jeunes diplômés.

    Le poste de recteur supprimé


    Au plan organisationnel, les nouvelles mesures arrêtées marquent nettement une rupture avec la vision qui a pour longtemps sous-tendu la gestion des institutions de formation supérieure. Une innovation concerne la création du conseil de l'université. C'est un organe où sont représentés, en plus des différentes composantes de l'université (direction, enseignants, personnel, étudiants) tous les acteurs politiques et économiques de la région où se trouve l'université. Le conseil est chapeauté par «le président de l'Université». Un poste qui n'existait pas par le passé et qui est plus important que celui de recteur qui est supprimé.
    Des changements importants concernent par ailleurs l'accès aux hautes fonctions universitaires (président, doyen, directeur d'institut supérieur). Cet accès se fera désormais par voie de concours. Ce qui marque déjà la fin de la vision sécuritaire qui faisait de la désignation dans ces postes une affaire de contrôle plus que d'encadrement pédagogique. Fini aussi le clientélisme: les critères de compétence devront être consacrés. Ces postes ne peuvent d'ailleurs être occupés par une même personne que pour deux mandats de 4 ans chacun.
    Sur le plan financier, de nouvelles dispositions ont été prévues donnant à l'université une véritable dimension économique. En effet, en vertu de la nouvelle loi, les universités pourront offrir des prestations payantes, créer des pépinières d'entreprises, exploiter des brevets, vendre les produits de leurs activités. Plus important encore, elles pourront acheter des actions d'au moins 20% dans des sociétés publiques ou privées. Elles ont également la possibilité de créer des entreprises commercialisant des biens et services dans «les secteurs économique, scientifique, technologique et culturel».
    Pour ce qui est de l'enseignement supérieur privé, le texte de loi énonce une série de mesures concernant les conditions d'exercice, la formation dispensée et les diplômes délivrés. Mais sur le principe, ce type d'enseignement assure le même rôle que celui public. L'Administration conserve son rôle de contrôle et peut même nouer des partenariats avec les institutions d'enseignement supérieur privé pour certains types de formation. C'est là un résultat de l'unification du système national de formation que la Charte met en place.


    La coordination tous azimuts

    Le renforcement de l'autonomie de l'université a été accompagné d'un dispositif de coordination aussi bien sur le plan interuniversitaire qu'au niveau des composantes de chaque université. L'article 81 du texte de loi institue une commission nationale de coordination chargée essentiellement de l'harmonisation des normes et des critères scientifiques et pédagogiques. Cette commission pourra émettre des avis concernant la création d'universités, arrêter les critères d'accès aux cycles de formation et les modalités des examens, activer la coopération internationale
    En plus de cette commission, le texte de loi institue deux autres organes de coordination. Le premier dit «Conseil de coordination» est relatif aux institutions mises sous la tutelle de Départements autres que l'Enseignement supérieur. Le deuxième est une commission de coordination de l'enseignement supérieur privé. Des lois organiques définiront la composition et les modalités de fonctionnement de ces organes.

    Omar MAKHFI

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