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Economie

Les nouvelles ambitions de la microfinance

Par L'Economiste | Edition N°:1746 Le 13/04/2004 | Partager

. Potentiel de développement énorme. Mise à niveau de l'opérationnel et des compétences. Plus de moyens financiers pour répondre aux besoins “Qui veut être visible de loin doit être prêt à grossir”. Si l'on juge par son vaste plan de développement, la microfinance marocaine s'y est mise dès cette année. Ses opérateurs ambitionnent en effet de “faire passer le nombre des bénéficiaires des microcrédits de 300.000 actuellement à 1.000.000 à l'horizon 2010, et l'encours de crédits de 537 millions de DH à 4,5 milliards”, a souligné Réda Lamrini, président de la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM), lors de son intervention devant le dernier conseil national de la monnaie et de l'épargne. Une projection qui s'appuie sur les potentialités relevées dans l'environnement immédiat. Structurellement, le Maroc présente “une population de 30 millions d'habitants, dont 44% vivent dans la zone rurale et 19% en dessous du seuil national de pauvreté. Pis encore, 35% vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue tel que défini par la Banque mondiale”, indique le président de la fédération. Allusion est également faite au “chômage qui frappe le quart de la population active urbaine”. Quant au nombre des microentreprises, “qui constituent, selon Réda Lamrini, la principale source d'emplois de la classe pauvre marocaine, il est estimé à plus de 500.000”.Au niveau de l'exercice des activités, les statistiques de la fédération montrent que les bénéficiaires remboursent leurs prêts et utilisent les gains pour accroître leur patrimoine. Aussi, “les institutions de microfinance ont-elles de solides capacités professionnelles, certaines n'hésitant pas à s'exposer même au difficile examen du rating (comme c'est le cas d'Al Amana)”, ajoute-t-il. Ainsi, à travers ces postulats, des niches de croissance ont été identifiées et les institutions de microfinance comptent les exploiter. Il s'agit de couvrir les demandes du monde rural, servir la petite entreprise et traiter les besoins non satisfaits des ménages. Notamment à travers une offre de services financiers d'épargne tels que les assurances et la retraite. Mais exploiter ces ouvertures impose de mettre à niveau les structures et hisser les pratiques au niveau des nouveaux enjeux. Les projets lancés dans ce dessein concernent le renforcement de l'opérationnel, l'établissement d'un code de déontologie, le développement d'une centrale des risques et le traitement de la compensation des crédits. Il s'agit également de moderniser la réglementation du secteur pour coller à son développement et aux besoins des bénéficiaires. L'action de la FNAM s'étend également en direction de l'amélioration des compétences, l'adoption de normes comptables, des règles prudentielles et de bonne gouvernance des institutions ainsi qu'une grille de taux débiteurs. Enfin, la FNAM veut mettre en place des critères de répartition des ressources publiques ou celles transitant par le canal officiel.Ces réglages impliquent, selon Lamrini, la multiplication des encours et des produits par 10, des organisations par 3 et des effectifs permanents par 4. Ainsi que la diminution du coût des transactions, la formation des compétences (le déficit des ressources humaines est estimé à plus de 400 cadres supérieurs et concepteurs) et la vulgarisation des règles de transparence, d'innovation et de rigueur au sein de la profession. Cette mise à niveau de la microfinance marocaine est en grande partie tributaire des financements disponibles ou à mobiliser pour développer les prêts et s'offrir les compétences et la gestion adéquates. Jusque-là, le secteur s'est autofinancé, mais sa présente mutation est “conditionnée in fine par l'accès durable à des sources de financement”, souligne le président de la FNAM. Les opérateurs souhaitent en fait bénéficier d'un statut avancé tel que celui des banques, pour accéder aux ressources des marchés de capitaux. C'est ce qu'ils appellent “l'intégration financière”.Pour convaincre, Réda Lamrini montre que l'expérience internationale a prouvé que “les chances de succès de la microfinance sont plus élevées lorsqu'elle est mise en oeuvre comme une activité bancaire professionnelle et dispose de ressources importantes et d'une perspective à long terme”. Dans le détail, la FNAM préconise de capitaliser les institutions remplissant les critères de performance. Et aussi, accéder au refinancement auprès des institutions financières et bénéficier de garanties partielles de prêts pour encourager les banques locales à constituer des lignes supplémentaires à leur bénéfice. Par étape, le principe est d'abord de faciliter l'accès de ses membres aux lignes de crédit bancaires, mobiliser ensuite l'épargne des microentrepreneurs, financer des dettes par les marchés de capitaux et enfin lever des fonds sur la Bourse en s'y introduisant.Cette intégration financière, note Lamrini, est le seul moyen de satisfaire les exigences de croissance du secteur, en lui permettant une gestion maîtrisée des risques financiers et de contrepartie, et une amélioration de ses fonds propres.


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Le secteur de la microfinance regroupe actuellement onze associations agréées par le ministère des Finances. Les crédits distribués depuis la création totalisent près de 1,5 million de prêts, pour un volume cumulé de 3,4 milliards de DH. Ces associations comptent sur plus de 300.000 clients actifs, dont 75% de femmes. L'encours global arrêté au 31 décembre 2003 a atteint près de 537 millions de DH. Leur taux de remboursement est de plus de 99%. Les Associations de microcrédit emploient près de 1.000 permanents. Selon les estimations, leur action couvre 40% de la population urbaine et près de 5% dans la zone rurale.Les ressources mobilisées par le secteur, cumulées entre dons, prêts, cautions et subventions des opérations, atteignent environ 868,6 millions de DH. Bouchaïb EL YAFI

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