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    Economie

    Les liaisons dangereuses de l'industrie pharmaceutique

    Par L'Economiste | Edition N°:467 Le 19/03/1999 | Partager

    · Des accusations graves portées par " Science et Vie" sur l'éthique dans la presse médicale

    · Visites médicales: Contre-indications et interactions médicamenteuses passées sous silence


    C'est un sujet hautement dérangeant auquel s'est attaqué le mensuel français "Science et Vie" dans son dernier numéro. Le magazine de vulgarisation scientifique a en effet consacré un dossier spécial à l'industrie pharmaceutique, et plus spécialement aux rapports qu'entretiennent les laboratoires avec le corps médical. Le constat est sévère. Citant des médecins appartenant à des revues médicales indépendantes, les auteurs de Science et Vie soulignent que, "dans 75% des cas, le visiteur passe sous silence tout ce qui est de l'ordre de la contre-indication, précaution d'emploi ou interaction médicamenteuse". Par ailleurs, le mensuel rappelle que ces VRP du médicament profitent de leur passage pour "distribuer les publications-maison appelées "house organs" dans lesquels les leaders d'opinion, c'est-à-dire les médecins qui font référence dans leur domaine, vantent les produits de la firme".
    Tout cela ne serait pas si grave, note Science et Vie, comme le reconnaît lui-même le Syndicat National de l'Industrie Pharmaceutique français (SNIP), la visite médicale n'était pas la première source d'information pour 60 à 70% des médecins juste devant la presse médicale(...). La revue ne manque pas de fustiger au passage les relations qu'entretient l'industrie pharmaceutique avec cette dernière.

    "Afin d'accroître la crédibilité de leurs messages promotionnels, les firmes achètent à des revues médicales de référence le droit de concocter de A à Z un numéro spécial qu'elles glissent ensuite dans la mallette du visiteur médical".
    La revue fait également référence à une étude parue en 1998 dans le New England Journal of Medicine, et réalisée par une équipe de l'Université de Toronto. Les chercheurs ont analysé 70 articles de la presse scientifique internationale parus entre mars 1995 et septembre 1996 traitant des antagonistes calciques, médicaments prescrits pour l'hypertension artérielle ou l'angine de poitrine. Les résultats sont pour le moins surprenants: 96% des auteurs favorables à ces médicaments entretenaient des liens avec les laboratoires impliqués sur ce marché.
    Hasard de calendrier, Science et Vie n'est pas l'unique publication à avoir traité du sujet des délégués médicaux. Le mensuel indépendant d'information médicale, Prescrire, a en effet consacré, dans son numéro de mars, un dossier spécial à la visite médicale.
    Il est catégorique: il invite pharmaciens et médecins à carrément fermer leurs portes aux délégués médicaux, estimant qu'ils n'ont rien à attendre d'eux. "Ah oui, bien sûr, il y a les échantillons pour la trousse d'urgence, pour les soins à sa propre famille (...), les stylos et autres articles de bazar et les repas dans les restaurant étoilés", souligne Prescrire. Le sevrage n'est pas difficile, note la publication.

    Mohamed BENABID

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