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Les industriels déclarent ouvertement la guerre au gouvernement

Par L'Economiste | Edition N°:800 Le 30/06/2000 | Partager

. Les industriels indignés parlent de rebellion face au mépris de l'Etat. Une Assemblée Genérale Extraordinaire prévue le 12 juillet pour mettre en place des mesures d'urgence et parer à la criseC'est une Assemblée Générale Ordinaire presque extraordinaire qui a réuni avant-hier les professionnels du textile à Casablanca. En effet, elle fut caractérisée par les éclats de voix des membres qui, excédés par le marasme sans fin dans lequel ils se dépêtrent, ont tenu à trouver un exutoire rapidement au lieu de reporter, aux calendes grecques, les décisions qui s'imposent. L'autre particularité, c'est le nombre peu élevé d'industriels présents. Selon M. Mohamed Lahlou, président de l'Association Marocaine des Industries du Textile et de l'Habillement (AMITH): «C'est un signe de découragement et de renoncement. Ceux qui ne sont pas venus n'y croient plus«, lance-t-il désemparé.Le renchérissement du Dirham, les mesures compensatoires avant le 1er juillet pour contrebalancer l'augmentation du Smig qui ne viennent pas et le Contrat-Programme jeté aux oubliettes, font de la profession un magma en fusion prêt à déferler. D'ailleurs, explique M. Lahlou qui a participé à plusieurs réunions concernant la dévaluation du DH, les intéressés, au lieu de prendre les devants, n'espèrent qu'une chose, c'est que l'Euro monte! 1999, est considérée comme une année de régression pour le secteur. La baisse de la demande conjuguée à la poursuite de la détérioration de la position concurrentielle ont conduit à des pertes d'emplois estimées entre 8.000 et 10.000. Les industriels ne tenant plus en place ont proposé tour à tour des mesures percutantes à prendre devant ce qu'ils appellent le mépris de l'Etat. Le plus étonnant, c'est que les investisseurs étrangers ont monopolisé la parole parce qu'autant touchés que tous les autres. Le propriétaire de la société Virgo, M. Robert Lenga, un Belge installé au Maroc depuis dix ans et employant 200 personnes, est sorti de ses gonds. Pour lui, l'Amith ayant fourni des efforts colossaux sans résultats, c'est aux industriels de se mobiliser. Aujourd'hui, la grande question qui se pose est de savoir comment payer l'augmentation du Smig qui deviendra effective à partir du 1er juillet prochain, alors que l'argent ne rentre plus dans les caisses? Selon M. Lenga, le gouvernement ne va pas les écouter parce qu'il les considère comme de richissimes hommes d'affaires dotés de tous les artifices apparents de la réussite. «Seulement, ce que les personnes continuent à ignorer, c'est que ces objets sont le fruit d'efforts précédents. Les choses ont bel et bien changé depuis«, tance-t-il vertement. Plusieurs propositions ont fusé avec véhémence de la salle toutes aussi improbables les unes que les autres, mais qui démontrent néanmoins la rupture qui s'annonce. Certains préconisent de «geler« les cotisations à la CNSS, d'autres suggèrent une journée de grève par semaine, alors que certains parlent de désobéissance civique. Certains industriels se disent prêts à ne pas payer l'augmentation du Smig.«Sensibiliser les pouvoirs publics ne sert plus à rien«, estime M. Louis Charliet, propriétaire de la société Topmen. Selon lui, la phase que traverse le secteur est on ne peut plus critique. Son entreprise, qui employait 1.000 personnes à temps plein, il n'y a pas si longtemps, se retrouve avec 150 personnes à mi-temps. En tant qu'investisseur étranger, M. Charliet s'est permis d'envoyer une lettre ouverte au Premier ministre, puis une autre au Ministère de l'Emploi. Aucune réponse. La dernière missive fut adressée au wali du Grand Casablanca. Tous ces recours n'ont abouti à rien. Ce qui ne l'étonne pas outre mesure, «vu le laxisme et le manque de réactivité des responsables«. D'ailleurs, indique le président de l'Amith, plus de 320 sociétés ont écrit au Premier ministre pour l'informer de la sinistrose qui gagne le secteur. Aucune réaction à ce jour. «Nous sommes en train de crever«, s'écrie un industriel de Marrackech qui semble dépassé par les événements. Il assure ne pas avoir mis les pieds dans son entreprise depuis plus d'un mois par ce qu'il a peur de tout. Mais ce qui l'exaspère encore plus, c'est lorsque les pouvoirs publics disent accompagner les industriels en crise: «Où les accompagnent-ils? Au tombeau?«.Ce qui apparaît clairement au détour de cette AGO, c'est que l'Amith a épuisé toutes ses ressources, et qu'il faut aujourd'hui décocher des flèches plus empoisonnées. Etant donné que le secteur est le premier employeur du Royaume, autant utiliser ses atouts à son avantage. De quelle manière? C'est le sujet de discussion de la prochaine assemblée Générale Extraordinaire que les adhérents ont décidé de tenir au plus tard le 12 juillet prochain. Avant la fin du mois, avant les paies, avant la Fête du Trône. L'essentiel selon les industriels mais aussi le bureau de l'Amith est de ne pas céder au découragement, car les enjeux sont trop importants. Selon l'Amith, il faut changer de stratégie puisqu'elle n'est pas payante, et attendre, dernier espoir, la réunion avec le Ministère de l'Emploi la semaine prochaine.Radia LAHLOU

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