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Economie

Troisième congrès National de la douleur ce week-end
Interview du Pr Mati Nejmi, président de la Société Marocaine d'étude de la Douleur

Par L'Economiste | Edition N°:800 Le 30/06/2000 | Partager

. L'amélioration de la prise en charge de la douleur passe aussi par la révision des textes relatifs à l'approvisionnement, la délivrance et la durée de prescription des produits antalgiques comme la morphine. En tout cas, pour M. Nejmi c'est une priorité. Ce professeur d'anesthésie-réanimation à la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat est l'un des grands spécialistes de la question. Il est directeur du programme de recherche «Douleurs Sans Frontières« au Maroc et président de la Société Marocaine d'Etude de la Douleur, qui organise le troisième congrès national de la douleur ce week-end à Rabat. Il est également chef du service d'anesthesie-réanimation et de traitement de la douleur à l'Institut National d'oncologie à Rabat. - L'Economiste: La logique voudrait que la réglementation sur la délivrance des stupéfiants ne nuise pas à une bonne prise en charge de la douleur. Quel est l'état des lieux au Maroc?- Tout d'abord, il faut bannir le mot «stupéfiant« à connotation péjorative du vocabulaire des professionnels de la santé et des patients car il est en lui-même facteur de réticence et barrière à la prescription et la consommation dans un but strictement antalgique de médicaments de type morphinique. Le terme opioides est plus adéquat et moins dissuasif. Utilisé correctement, un traitement de base de médicaments antalgiques comme la morphine pourrait soulager la douleur chez plus de 90% des patients cancéreux par exemple. En réalité, des dizaines de milliers de nos concitoyens continuent à souffrir de façon dramatique. Une raison majeure: des craintes non fondées d'utiliser les antalgiques opioides. La crainte de la toxicomanie est entretenue par des informations obsolètes sur les opioides et c'est une conséquence indirecte des campagnes de presse antidrogue. La crainte exagérée de la toxicomanie est due à plusieurs facteurs: les efforts légitimes visant à empêcher l'abus des stupéfiants ignorent généralement l'usage des opioides à des fins thérapeutiques, l'obsession des médias concernant les dangers des drogues; la confusion généralisée se rapportant au sens du terme «toxicomanie« et le manque de connaissances des professionnels de la santé en pharmacologie des opioides. Améliorer le soulagement de la douleur dans notre pays nécessite l'élimination des craintes irrationnelles concernant les antalgiques opioides et la toxicomanie. Les professionnels de la santé doivent être les premiers à maîtriser leurs craintes, afin de pouvoir éduquer patients et familles ainsi que pouvoirs publics et les responsables de la réglementation.- Les problèmes sociaux peuvent entretenir ou aggraver la douleur. Comment réagit le médecin lorsque ces deux contraintes sont réunies ?- Très souvent, plusieurs facteurs physiques, socioculturels et psychologiques concourent au maintien de la douleur. Ainsi, la douleur chronique est multifactorielle. En outre, elle a des répercussions émotionnelles, affectives, existentielles (stress, dépression, angoisse, souffrance morale). Afin de bien comprendre le malade douloureux chronique, le médecin doit s'efforcer de connaître le mieux possible son milieu familial et professionnel car le phénomène douloureux peut être entretenu par le comportement de l'entourage du patient et les réactions du malade à celui-ci. Les problèmes socio-économiques sont tels que parfois le suicide peut être envisagé. Enfin, la douleur constitue une expérience personnelle et subjective, influencée par l'éducation, les circonstances, l'attention ainsi qu'un certain nombre d'autres paramètres psychologiques. - Quelles sont aujourd'hui les techniques de traitement de la douleur les plus couramment utilisées?- Dans la plupart des cas, un traitement médicamenteux représenté essentiellement par les antalgiques est actif sur la majorité des douleurs. Un consensus international est actuellement admis pour traiter les douleurs très intenses de la période postopératoire ou les douleurs sévères liées au cancer, au sida, à la drépanocytose (maladie héréditaire du sang due à la présence d'une hémoglobine anormale), aux brûlures, etc. par de la morphine. Les douleurs faibles à modérées sont en général soulagées par les antalgiques périphériques seuls ou associés à un opioide faible. Les antidépresseurs et les antiépileptiques ont leur place dans certains types de douleurs dites neuropathiques. Des techniques d'analgésies loco-régionale et autocontrolée par le patient sont également possibles. D'autres traitements d'appoint non pharmacologiques seront proposés en fonction de la pathologie douloureuse (rééducation, kinésithérapie, bio-feed back, stimulation nerveuse transcutanée, acupuncture, etc. Exceptionnellement, une chirurgie peut être indiquée. Propos recueillis par Mohamed Benabid

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