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Entreprises

Les grandes manoeuvres autour de la SMDC

Par L'Economiste | Edition N°:41 Le 06/08/1992 | Partager

Le centre des difficultés se situe au niveau de deux entreprises de pêche, Pechex, un chantier naval français et SIP, Société Industrielle de Pêche (Maroc). Pechex est lié par deux accords avec la SIP, qui détient des agréments de pêche, accords selon lesquels Pechex devait fournir des bateaux puis les gérer. Pechex est un client de Worms, que la banque française, qui détient un peu plus de 22% au capital de la SMDC, a apporté à la banque marocaine, en 1988.

Un an plus tard, l'affaire donne des signes qui inquiètent la SMDC, et à cette époque le management de la banque a souhaité arrêter le développement de l'opération. Cependant, les actionnaires français, disposant de renseignements qu'ils jugeaient bons, estiment qu'il faut au contraire continuer.

A cette même époque, en Novembre 1989, le montant utilisé du crédit SIP équivalait à seulement 50% du crédit acheteur soit environ 70 millions de DH. Le management de la banque demande des travaux d'expertise sur l'affaire et traîne des pieds pour effectuer les paiements.

Puis, pendant quelque temps, tout semble vouloir rentrer dans l'ordre, sans qu'il soit besoin d'apporter les 150 millions de FF de provisions (en comptant les intérêts intercalaires) que réclamaient l'encadrement de la banque et M. Omar Akalay, alors Administrateur délégué de la SMDC. Près d'un an plus tôt, une inspection de Bank Al Maghrib avait relevé que l'affaire SIP-Pechex devait être provisionnée à hauteur de 140 millions de Dirhams(4).
Au passage, cependant, le déroulement de l'affaire refroidit les relations qu'entretenaient entre eux les partenaires au capital, comme elle rend difficiles les relations des partenaires avec le management. Ont aussi joué les imprécisions des règles bancaires en vigueur (qui sont promises à changement) en matière de provisions, règles qui sont sur certains points contradictoires avec les pratiques fiscales(5).

De l'été 1990 jusque vers la fin 1991, les différents représentants de Paribas seul ou de Paribas conjoin-tement avec Worms, acceptent de pou-rsuivre leur engagement auprès de SIP-Pechex. Entre temps, M. Akalay avait présenté sa démission à son Conseil d'Administration, refusant toujours de faire des commentaires publics sur la situation. Un Directeur Général français a été pressenti pour lui succéder, mais les autorités monétaires marocaines s'y sont opposées et c'est finalement un haut cadre de Bank Al Maghrib, M. Tazi, qui a été choisi.
La qualité des informations apportées par Worms à ses partenaires francais et marocains quant à la position de son client Pechex est évidemment mise en doute. Mais les questions vont plus loin puisqu'on parle de "coup" ou de "drapeau refilé"(6) dans la communauté bancaire .
Arrivées à l'impasse, selon l'expression de M. Laski, les relations entre les partenaires ont donc débouché sur la demande d'intervention à l'ONA qui, elle, passe par le préalable de l'arbitrage de Bank Al Maghrib, dont les termes sont aujourd'hui en négociations entre les partenaires.
De sources concordantes, on indique que le montant des provisions totales demandées par la Banque Centrale se situe dans une fourchette de 500 à 800 millions de DH, à étager sur plus de dix ans et dont une partie bénéficie déjà de garanties qu'il faut mobiliser.
De l'avis général, l'opération est à la portée de la banque, à condition que le principe énoncé par les autorités monétaires soit respecté et que par la suite le management soit capable de mobiliser les énergies de l'établissement, ses richesses foncières et immobilières, ses bénéfices des exercices passés...

Nadia SALAH

(1) Un phénomène typique de rumeurs s'est développé autour du dossier. Les milieux professionnels casablancais connaissent des parties des enjeux de la négociation et les partenaires sont tous, bon gré mal gré, des acteurs très en vue, et respectés, dans le monde économique, que ce soit Paribas, l'ONA, le groupe Bensalah, M. Omar Akalay, Bank Al Maghrib. Il était mathématiquement obligatoire que des rumeurs apparaissent et se développement avec force et rapidité, car, à part le sexe et la politique, tous les ingrédients sont réunis. Cf L'Economiste du 19 Mars 1992: "Les rumeurs? On adore!" entretien avec le Pr Kapferer, psycho-sociologue.
(2) Cf. L'Economiste du 14 Mai 1992.
(3) Avec l'indépendance de la Banque Centrale vis-à-vis de la politique gouvernementale, l'ouverture du marché, les incompatibilités restent un point chaud des débats autour du projet de réforme bancaire. Cf L'Economiste du 31 Octobre 1991.
(4) Un double audit réalisé en 1990 par le cabinet Ernst and Young, chez la SMDC et sur l'affaire SIP-Pechex, fixe à 480 millions de DH l'ensemble des provisions à constituer, dont 300 pour SIP-Pechex. La communauté bancaire estimait alors que la SMDC avait "les reins assez solides" pour supporter "avec le sourire" l'ensemble des provisions, puisque les créances, en partie hypothécaires, s'échelonnaient sur plus de dix ans et que la SMDC est une banque riche en foncier et immobilier.
(5) En particulier, une circulaire de Bank Al Maghrib voulait introduire une provision à 100%, dans les cas de garanties hypothécaires, mais l'application a dû en être reportée. Les règles fiscales ne peuvent admettre que 75% au maximum.
(6) Vilain argot des banquiers entre eux, qui signifie que des pertes (drapeau) ont été renvoyées sur une autre banque.

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