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    Economie

    Les gouverneurs de l'Alternance s'occuperont d'économie

    Par L'Economiste | Edition N°:408 Le 25/12/1998 | Partager

    Probité, droiture, protection des libertés, promotion de l'investissement, lutte contre le chômage Le Premier ministre édicte les commandements à respecter par les walis et gouverneurs de l'Alternance.


    Le gouvernement était au complet pour cette grand-messe. Le Premier ministre rencontrait les walis et les gouverneurs au siège du Ministère d'Etat à l'Intérieur à Rabat. Concession de taille? Officiellement, la Primature ne dispose pas de salle assez vaste pouvant contenir les 73 gouverneurs et les 41 ministres. Curieusement, c'est le Premier ministre qui a souhaité que la rencontre se tienne à huis clos. Cette décision, qui ne milite pas en faveur de la transparence, a surpris plus d'un observateur.

    Visiblement, le gouvernement minimise la portée de cette rencontre qu'il qualifie de première réunion de travail qui sera suivie par d'autres. Le choix délibéré du huis clos au lieu d'une plénière médiatisée a été retenu pour marquer cette rencontre inédite du sceau du sérieux. Il s'agissait donc d'un séminaire que le chef du gouvernement réunit pour imprimer sa marque de patron de l'exécutif au niveau de l'ensemble du territoire national. Le message est clair: les walis et les gouverneurs sont désormais les exécutants de la lettre et de l'esprit du programme du gouvernement d'alternance. Car pour M. Abderrahman Youssoufi,"le changement ne serait qu'un slogan si la volonté et l'enthousiasme régnant au niveau central ne trouvaient pas de prolongement effectif sur le plan local". Place donc aux gouverneurs de l'Alternance. Il s'agit bien d'une prise en main de l'Administration territoriale jusque-là du ressort exclusif du Ministère de l'Intérieur. Reporté une première fois pour des raisons de calendrier, l'événement programmé pendant l'été est resté chargé de symboles. Il est considéré comme stratégique aux yeux du gouvernement.
    D'entrée de jeu, M. Youssoufi a indiqué clairement que l'ordre du jour de la réunion avec les gouverneurs portait sur l'application du programme de son gouvernement à court terme. Sur ce registre, les gouverneurs sont appelés à s'imprégner du "Pacte de bonne gestion".

    Promotion de l'investissement


    Plusieurs commandements ont été édictés: enraciner la démocratie locale, suprématie de la loi et de la légalité garants de la sécurité et du développement, intégrité et droiture pour conforter la crédibilité des agents d'autorité et instaurer des relations de respect et de confiance avec les citoyens.
    Le Premier ministre a ainsi mis l'accent sur la nécessaire protection des droits et des libertés. Il a martelé les maîtres-mots de dignité des citoyens, de l'égalité de tous les Marocains devant la loi et du devoir des autorités de réunir les conditions nécessaires pour l'exercice de ces droits. L'essentiel du message portait toutefois sur le rôle central des gouverneurs et walis dans la promotion de l'investissement et la mise en place d'un environnement favorable au développement économique. Le projet de mise en place d'une Agence Nationale pour la Promotion de l'Investissement implique étroitement les autorités locales. Les gouverneurs sont investis de la responsabilité vitale d'encourager et de faciliter l'investissement.
    Dans cette perspective, les services extérieurs sont incités à réussir le saut qualitatif réclamé par les opérateurs économiques: l'Administration territoriale est sommée d'instaurer une relation de confiance avec ses usagers, de réduire les entraves à l'investissement... Il est temps d'agir "méthodiquement et en profondeur" pour mobiliser l'ensemble des potentialités.
    L'heure est également pour la mobilisation pour l'emploi et la lutte contre le chômage. M. Youssoufi a encouragé les walis et les gouverneurs à s'inscrire dans le sillage des recommandations des Assises de l'Emploi qu'ils ont la charge d'appliquer et de concrétiser sur le terrain, chacun dans sa région.


    Le défilé des mercedes


    Le parking en contrebas de la Résidence, lieu du séminaire du gouvernement et des gouverneurs, était archicomble. Il avait l'allure d'un site de production de l'usine Mercedes Benz. Ces berlines des walis et gouverneurs y étaient soigneusement rangées. Les chauffeurs venus de partout conversaient paisiblement en attendant leur patron. Ils ne savaient ni l'heure ni le jour de la fin de "cette expédition vers la capitale".
    En tout cas, les walis et les gouverneurs sont venus à l'avance. Ils ont pris place dans cette spacieuse salle, bien avant les ministres dont le dernier à arriver est le ministre des Affaires Etrangères. Il a accumulé plus de 20 minutes de retard.
    Ce séminaire, pour reprendre l'expression du Premier ministre, était quelque peu perturbé par les va-et-vient de quelques membres du gouvernement. Selon l'ordre du jour du Parlement, certains étaient programmés afin de répondre aux questions orales des députés. Le ministre de l'Equipement quittera le premier la réunion, suivi par d'autres. D'ailleurs, un fonctionnaire du Ministère des Relations avec le Parlement a fait le déplacement pour synchroniser l'opération. Les députés n'ont pas apprécié l'absence des ministres de leur enceinte le jour des questions orales. Pour certains d'entre eux, "les Chambres sont reléguées au second rang".

    Malgré ces perturbations, les ministres ont eu le temps d'écouter le discours d'ouverture du Premier ministre. Par contre, certains ont raté ceux de leurs homologues qui se sont succédés pour exposer la situation dans leur secteur de compétence. Le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération a évoqué les développements de la question des provinces du Sud, celui en charge de l'Economie et des Finances a brossé un tableau sur les mesures pour encourager les investissements... Quant au ministre de l'Intérieur, il a expliqué qu'il était naturel que les gouverneurs assimilent la politique gouvernementale, puisqu'ils sont chargés de l'appliquer au niveau local.

    Mohamed CHAOUI

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