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Affaires

«Le marché de la PME nécessite une démarche mixte de la part de la banque»
Entretien avec Ali Iben Mansour, président de la Fédération des services bancaires et financiers

Par L'Economiste | Edition N°:1760 Le 04/05/2004 | Partager

. Cette démarche s’appuie sur le traitement de masse et l’approche de proximité du marché des particuliers. Elle recourt à la diversité des opérations et à l’analyse des risques attachés au marché des entreprises.- L’Economiste: La profession bancaire souffre d’une mauvaise image de marque. Quelles actions comptez-vous entreprendre pour mettre un terme aux idées préconçues?- Ali Iben Mansour: Il se passe chez nous, en matière d’image de marque de la banque, ce qui s’est passé ou qui se passe encore dans tous les pays à économie libérale. Aussi, comme cela s’est produit ailleurs, il faut convaincre que cette image est non méritée et injuste. Pour y arriver, il n’y a d’autres moyens qu’une action de vulgarisation du rôle et de la situation des banques et des institutions financières auprès du public et même de certains opérateurs pour éviter que leur opinion ne soit formée sur une compréhension imparfaite du secteur financier et des règles qui le régissent. A cet égard, si l’on a tout le temps mis en exergue ce que les banques n’ont pas financé, il n’a jamais été présenté à l’opinion publique pour une raison de confidentialité ou tout simplement par un excès de discrétion, toutes les réalisations qui ont vu le jour grâce notamment à l’engagement du secteur bancaire et financier.- Jusque-là, la Fédération est restée très discrète au sein de la CGEM. Comment expliquez-vous cette passivité?- On ne peut parler de passivité, c’est plutôt une situation due à la mobilité professionnelle des présidents qui m’ont précédé.- Comment expliquez-vous la persistance de la mauvaise image de marque du banquier non seulement aux yeux de l’entreprise mais aussi des pouvoirs publics?- Je ne pense pas que l’on puisse parler d’une image de marque mauvaise. Il est vrai que le banquier, ne pouvant répondre favorablement à toutes les demandes et sollicitations dont il est l’objet, suscite chez certains entrepreneurs ou auprès de certains représentants des pouvoirs publics des réactions négatives. Mais vous le savez bien, nous sommes dans un domaine où les relations portent sur l’argent et, où les sentiments sont donc souvent exacerbés. Ceci dit, il faut tout de même préciser que l’image de marque dont vous parlez est plutôt correcte auprès d’une large frange de la population et surtout auprès de celle qui a été sensibilisée au rôle des banques par une communication efficace.- Cette approche devra particulièrement concerner la PME qui s’estime lésée ou négligée par les banques, notamment dans le cadre du processus de mise à niveau.- Effectivement, il sera soumis à l’approbation du bureau de la Fédération le lancement d’une action dédiée à la fédération des PME. Cette action consiste en une série de propositions pour améliorer le traitement des besoins de ces entreprises par le secteur financier. Il est essentiel d’instaurer un dialogue constructif pour faire avancer les choses. L’objectif est que la PME soit convaincue de trouver dans la banque un partenaire dont l’apport principal est le financement, apport important mais non suffisant à la réussite de l’entreprise. Au-delà, le banquier pourrait effectivement apporter son conseil, voir son assistance. Mais il faut tout de même rester prudent sur sa capacité de jouer le rôle de conseil et, en tous les cas, rester attentif aux conditions dans lesquelles cette extension de métier peut se faire.- Quelles sont ces conditions?- Pour donner de bons conseils et apporter une assistance efficace, le banquier, ou le financier en général, doit disposer d’un niveau et d’une qualité d’informations élevés. Est-ce qu’aujourd’hui nos PME, dans leur grande majorité, seraient-elles disposées à la fournir et surtout pourraient-elles la rendre pérenne? La réponse à mon avis n’est pas aisée. En tous les cas, pour atteindre l’objectif en la matière, l’action des banques ne peut être nullement suffisante.- N’est-il pas temps de changer de regard? Finalement, la PME est un marché comme un autre... - Pas tout à fait puisque ce marché nécessite de la part de la banque une démarche mixte qui emprunte au traitement de masse et à l’approche de proximité du marché des particuliers et à la diversité des opérations et à l’analyse des risques attachés au marché des entreprises. - Pourtant les banques hésitent à investir dans des outils d’aide à la décision pour l’octroi de crédit à la PME.- Cette hésitation s’estompe de plus en plus. La démarche de plusieurs banques casablancaises est franchement volontariste dans la prospection de ce marché. Certaines d’entre elles se sont d’ores et déjà organisées et équipées pour l’aborder avec des outils d’analyse perfectionnés, avec un rating, une tarification compétitive et une gamme de produits dédiée.- Comment comptez-vous synchroniser votre action avec celle du GPBM dans ce domaine?- Toute action de la Fédération sera menée de concert avec les associations professionnelles dont évidemment le GPBM. L’objectif sera, bien entendu, l’enrichissement mutuel du débat et la recherche d’un meilleur climat dans les relations entre le monde financier et celui des autres secteurs d’activité.- Les autorités monétaires préconisent l’adoption d’un système de notation homogène par toutes les banques. Techniquement, est-ce possible?- La commission est chargée de définir une base commune aux banques et acceptée par la banque centrale pour un système de notation. Au-delà, il va de soi que chaque établissement devra adapter cette base à ses règles internes de prise de risque et de tarification.- Y a-t-il un dead-line pour l’aboutissement des travaux?- Ce chantier devrait évoluer rapidement car il fait partie des prescriptions de Bâle II et des exigences de la banque centrale. En outre, sa mise en oeuvre devient indispensable pour la prise de risque et l’appréciation des contreparties.



Parcours

Administrateur directeur général de la BCM, Ali Iben Mansour est actuellement à la tête de plusieurs pôles: gestion globale des risques, ressources humaines, finances groupe, recouvrement judiciaire et conseil juridique. Iben Mansour est juriste de formation. Il entame sa carrière en 1971, en assumant des responsabilités au niveau de l’exploitation régionale de la BCM. En 1990, il est détaché en tant qu’administrateur directeur général de la Société de Banque et de Crédit (SBC) qui sera absorbée par la BCM l’année suivante.En 1991, il rejoint la BCM en tant que directeur général adjoint en charge des directions du crédit, de l’international, des marchés de la clientèle, de l’informatique, des services bancaires et de la comptabilité. L’année suivante, Iben Mansour est nommé directeur général avant d’être coopté administrateur en 1993. Depuis mars 2003, il dirige les pôles supports et moyens et finances groupe auxquels s’ajouteront dans le dernier organigramme, celui de la gestion globale des risques. Il a été élu président de la Fédération des services bancaires et financiers (FSBF) de la CGEM en mars dernier.


FSBF/GPBM: Des missions complémentaires

POUR le nouveau président de la Fédération, il n’y a aucune ambiguïté. Les deux instances ne sont pas concurrentes mais complémentaires.- La Fédération des services bancaires et financiers (FSBF) est une émanation du patronat qui prend fait et cause pour l’ensemble des pairs en étant le porte-parole auprès du patronat. Son comité permanent est constitué de représentants des banques, des sociétés de Bourse et des sociétés de financement.- Le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) est un organe corporatiste qui veille aux intérêts communs des banques.


Les autres chantiers de la Fédération

- Traiter avec la Fédération des bâtiments et travaux publics (FBTP) le problème de l’escompte des effets présentés par les entreprises, suite aux difficultés que connaît la Caisse marocaine des marchés notamment.- Développer la collecte de l’épargne en incitant par exemple les sociétés de financement à étendre leur activité à des régions enclavées, des activités marginalisées et à des strates sociales non bancarisées. Il faudra cependant veiller à ce que le coût de la collecte de l’épargne ne soit pas trop élevé. Les nouvelles technologies offrent des opportunités d’optimisation.- Sur le plan fiscal, les banques doivent accéder à un statut banalisé, au même titre que les autres entreprises. “La démarche de la Fédération ne sera pas revendicative. Elle visera à sensibiliser le patronat sur la nécessité d’une clarté des règles fiscales. La Fédération jouera le rôle de facilitateur entre l’administration fiscale et les banques”, tient à souligner le président.- Les règles du comité de Bâle II concernent les banques. Mais la Fédération aura à expliquer leurs implications aux entreprises. “La modification majeure introduite par Bâle II concerne le mode d’appréciation du risque. Sa pondération renvoie non plus à la seule capacité de la banque mais à la qualité de son client”. En tant qu’organisme prêteur, la banque sera donc tenue de s’immiscer dans les affaires internes de l’entreprise. Ce qui risque de compliquer les rapports entre les deux parties.Propos recueillis par Mouna KABLY

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