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    Economie

    Le faux débat sur la liberté des prix du sucre

    Par L'Economiste | Edition N°:486 Le 15/04/1999 | Partager

    · En réalité, le prix du pain de sucre est libre dans les souks
    · A l'exception de l'Oriental, les prix ont flambé en février juste après la grève de la Cosumar


    Faut-il ou non totalement libéraliser le sucre? Face à un débat qui a tendance à se mystifier, le gouvernement cherche à voir plus "clair", selon l'expression de M. Youssef Tazi, responsable du Cabinet de M. Ahmed Lahlimi, ministre des Affaires Générales. Une étude sur le secteur sucrier vient d'être lancée. Elle doit permettre de cerner les différents enjeux de cette filière et ce, avant la fin du premier semestre. Le consommateur rural bénéficie-t-il réellement de la protection? La réglementation des prix du sucre vise avant tout à le protéger contre des hausses sur un produit aussi sensible, puisque considéré comme une denrée de base. Depuis 1989, date de sortie du dernier arrêté, le prix du pain de sucre, qui est essentiellement consommé par le rural, est fixé à 4,70 DH le kg sortie usine et à 5 DH prix public. Pour l'heure, les prix et les marges, dernières composantes de la libéralisation totale, sont toujours bloqués, le pain de sucre étant donc en toute logique vendu à 10 DH, puisqu'il fait 2 kilos. Dans certains cas quelques Centimes viennent s'ajouter pour tenir compte du transport.
    Dans les souks, la réalité est autre et le prix du pain de sucre est très sensible. Il fluctue facilement, constituant l'un des produits les plus spéculatifs.
    Le consommateur rural y étant profondément attaché, il est prêt à le payer bien au-dessus du prix public. Dans les souks difficilement contrôlables, le prix du pain de sucre est dans la pratique libre.
    Le constat est basé sur les prix relevés par les enquêteurs de la Direction de la Statistique pour l'établissement de l'indice du coût de la vie mensuel.
    Ainsi, sur trois régions: Oriental, Centre et Sud et sur une période s'étalant de novembre 1998 à février 1999 correspondant à un moment où l'approvisionnement a été perturbé, les écarts de prix sont perceptibles.
    Cette période assez significative permet d'apprécier le comportement du marché avant, pendant et après la grève de la Cosumar. La raffinerie produisant environ 85% (345.000 tonnes en 1998) de la consommation du marché du pain de sucre, l'arrêt de son activité durant le mois de janvier a gêné énormément l'approvisionnement des zones rurales où se concentrent d'ailleurs l'essentiel des ventes de pain de sucre. Le produit étant exclusivement fabriqué au Maroc avec des capacités de production qui restent limitées, il demeure très sensible. Il l'est d'autant plus qu'il est souvent associé aux traditions (mariage, naissance, décès...).
    Phénomène intéressant, à l'Oriental dans les villages avoisinant Oujda, à savoir Benidrar, Naïmia, Elaïyoun et Aïn Sefaa, les prix sont restés stables de novembre à janvier période de référence. En revanche, en février, le "kalleb" était simplement introuvable. Aucune spéculation n'a été relevée sur le produit. La logique commerciale de l'Oriental est très peu spéculative, les commerçants ont le respect des prix. Ce sera d'ailleurs la seule exception...
    Dans les villages ruraux dans les environs de Casablanca ou de Marrakech, les prix ont flambé en février, le pain de sucre atteignant 15 DH à Birjdid et à El Gara (à une soixantaine de km de Casablanca). La même hausse a été perceptible dans les environs de Marrakech où le prix du kalleb a atteint 15,50 DH à Aït Ourir. Les prix dans cette région ont commencé à flamber dès le mois de janvier.

    Fatima MOSSADEQ


    Les cours mondiaux sur un trend baissier


    La demande mondiale en sucre est estimée à 127,8 millions de tonnes cette année et à 130,7 millions en l'an 2000. Elle sera inférieure à l'offre mondiale qui est évaluée respectivement à 132,2 et 133,1 millions de tonnes, selon un rapport de The Economist Intelligence Unit (EUI) repris par l'AFP. La conséquence est que pour ces deux années les prix vont s'inscrire sur un trend baissier. Sur le LIFFE, le marché à terme de Londres, le cours de référence du sucre blanc (livraison d'août) s'affichait à 189,40 Dollars la tonne au 8 avril, soit son niveau le plus bas depuis février 1993, contre 191,80 en clôture.
    A New York, la livre de sucre blanc livrable à juillet a clôturé le 7 avril à 5,24 cents, non loin des niveaux d'il y a onze ans.
    La chute de la consommation dans les pays frappés par la crise économique (Asie, Russie et Moyen-Orient) impacte les cours du sucre blanc et non raffiné. Nouvelle tendance, les pays importateurs préfèrent s'orienter vers des achats ponctuels plutôt que de s'engager sur de grandes quantités et des contrats à long terme, au moins tant que l'environnement économique mondial est incertain, indique l'EUI.
    La Russie, qui figurait dans la liste des plus gros importateurs, est obligée de serrer la ceinture faute de moyen financier.
    Ce n'est pas tout, même dans les pays développés la consommation n'a pas augmenté.

    F. M. (AFP)

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