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    L'assurance au seuil de la libéralisation

    Par L'Economiste | Edition N°:250 Le 17/10/1996 | Partager

    Après la mise en liquidation de cinq compagnies et l'annonce officielle de la libéralisation des tarifs encadrés, l'assurance poursuit sa révolution, mais les mois qui viennent seront chauds.

    «Franche et empreinte de responsabilité». C'est ainsi que les participants qualifient leur réunion du jeudi 10 octobre entre le Ministère des Finances et la Fédération des Assurances. C'est l'expression consacrée pour dire que les partenaires n'étaient pas d'accord du tout mais qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de s'entendre. Réunion du Comité technique, mais au plus haut niveau, avec le ministre et les PDG des compagnies.
    La rencontre fera date dans l'histoire du secteur par son contenu comme par sa situation à un moment clef de l'histoire du secteur. En effet, elle arrive un an après la mise en liquidation des cinq compagnies restées sous administration provisoire pendant dix ans et à la veille de la libéralisation des tarifs... Mais c'est aussi l'année où ont été fiscalisées, rétroactivement, les plus-values de cessions mobilières, l'année où va démarrer une belle dispute sur les résultats techniques, en même temps d'ailleurs que la dernière ligne droite pour un nouveau code des assurances, en gestation depuis la fin des années 80.
    C'est beaucoup pour un seul secteur, qui a en plus deux privatisables en instance, la CNIA et la Société Centrale de Réassurances. Autrement dit les deux seules portes pour entrer dans le secteur de l'assurance marocaine. Car il est plus que douteux que le Ministère de tutelle prenne avant longtemps le risque politique de redonner des agréments d'assurances. L'octroi d'agréments a trop mauvaise image de marque après les débordements des années 70 et 80 qui ont donné les compagnies aujourd'hui mises en liquidation. Et de toute façon, 17 compagnies pour un marché d'un peu moins de 7 milliards de DH (1995), c'est déjà beaucoup.
    Pourtant, ce n'est que maintenant que le vrai rôle des compagnies d'assurances commence à être correctement posé. Elles sont importantes aux deux bouts de leur travail: la sécurisation des gens et des patrimoines d'une part et, d'autre part, la formation d'un socle financier pour l'économie marocaine.
    Ce n'est que maintenant, par exemple, que l'on commence à comprendre dans le bon sens le «rôle social» de l'assurance. Ce n'est pas en sous-payant un service que ce service devient social. Au contraire, en le sous-payant, on le réserve automatiquement à ceux qui ont l'argent ou le pouvoir d'en profiter. Ce qui est arrivé dans la Santé publique, dans l'Education ou dans la distribution d'eau potable est aussi arrivé dans l'assurance automobile, le tiers du marché de l'assurance marocaine. Seul le vrai prix garantit l'existence du service. Autrement, ce n'est qu'une manière de prendre au plus démuni pour donner au plus puissant en habillant cela de discours sur la préservation du pouvoir d'achat.
    En principe, ce mécanisme devrait cesser d'exister d'ici deux ans pour les couvertures obligatoires qu'est la responsabilité civile en automobile. Le Ministère de tutelle et les compagnies ne sont pas d'accord sur l'état de santé de cette branche.
    Pas d'accord non plus sur l'analyse des résultats du secteur: «il a renoué avec les bénéfices», dit la Direction des Assurances et de la Prévoyance Sociale. Mais «attention aux réserves techniques», dit la Fédération qui souligne qu'hors produits financiers, l'assurance est encore en déficit virtuel.
    Quant au «socle financier», il n'est plus sujet à discussion avec des placements de plus de 25 milliards de DH l'année dernière. Mais le vu commun, c'est justement de l'accroître. Ce qui sera le dernier volet de la réforme financière marocaine.

    Nadia SALAH

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