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L'architecture, une forme de langage

Par L'Economiste | Edition N°:2160 Le 29/11/2005 | Partager

. Des constructions en dépit du bon sens. Les façades oui, mais à quel prix?Ne s’improvise pas architecte qui veut. C’est l’état suprême de la création, souligne Rachid El Andaloussi. Chez les Grecs, l’architecte avait l’apanage d’un dieu. Pour El Andaloussi, «avant, pour être architecte, il fallait aspirer au Prix de Rome et savoir dessiner des détails de l’architecture gréco-romaine». Ce label de Rome était un qualificatif d’architectes d’élite qui ont le privilège et l’aptitude de réaliser des projets publics, des ouvrages d’art. C’est ce qui fait, selon Rachid El Andaloussi, que l’architecture d’un pays renseigne sur son degré de développement, sa culture et son ouverture sur le monde. Pour le cas du Maroc, c’est surtout Casablanca qui incarne l’image de l’architecture moderne et internationale et ce, depuis le début du siècle dernier. «L’architecture au Maroc est imprégnée du passage du Protectorat et de grands noms d’architectes européens qui appartenaient au CIAM (Congrès international d’architecture moderne), comme Ecochard, Prost, Marius Boyer», précise El Andaloussi. Boyer avait notamment réalisé la Préfecture de Casablanca, l’hôtel Anfa, la Régie des Tabacs… Enormément de repères qui sont restés inscrits dans les gènes de l’architecture marocaine. Mieux, ils ont fait de Casablanca une place importante dans le concert mondial de l’architecture moderne, estiment plusieurs architectes. C’est un vrai creuset de l’architecture mondiale qui a marqué son passage et témoigne d’une époque. Un moment culminant de l’histoire de l’architecture internationale. Aujourd’hui, l’identité architecturale au Maroc est soit traditionnelle, soit moderne. Sauf que, selon El Andaloussi, «nous avons brûlé un certain nombre d’étapes, sachant que, comparés aux écoles italienne, française, allemande voire américaine… nous ne sommes pas des académiciens de l’architecture». C’est ce qui explique que, mises à part certaines réalisations qui se comptent sur les bouts des doigts, «le reste n’est qu’une cacophonie architecturale sans nom. Une musique sans partitions, sans composition», estime El Andaloussi. Selon ce dernier, si on ne sait pas composer une unité avec la diversité ou si on ne maîtrise pas comment capter la lumière et la diffuser, on ne peut faire de l’architecture. Mieux, ajoute-t-il, «si on ne comprend pas la notion du temps et de l’espace, on ne peut pas faire de l’architecture». Voilà quelques éléments qui font la composition de l’architecture. Il suffit de lever les yeux pour se rendre compte qu’il y a eu des aberrations, des constructions qui se font en dépit du bon sens. «Quand on commence à faire la colonne, le fronton, l’architrave… et reproduire l’architecture romano-grecque, j’appelle cela de l’inquisition architecturale», poursuit-il. A quoi bon cela nous sert de reproduire le passé. Quelle est l’orientation que l’on donne à nos enfants pour pouvoir construire leur avenir? S’interroge l’architecte. L’histoire, selon lui, nous permet de la comprendre, de l’assimiler pour vivre notre présent et construire l’avenir autrement que le passé, mais avec les bases et les enseignements du passé. Car notre langage change, et l’architecture est une forme de langage. «On ne fait pas la même musique qu’il y a 30 ans, on n’écrit plus de la même manière».


Le façadisme, une facilité

De l’avis d’El Andaloussi, il y a des règles d’urbanisme qui font que nous sommes dans un registre de gabarits et de niveaux, contrairement à l’urbanisme d’îlots. Autrement dit, l’on construit à même la façade et on monte comme à Paris. Mais ailleurs, à New York ou Francfort par exemple, l’on trouve des immeubles isolés à quatre façades par exemple. Cela n’excuse pas de faire des murs-rideaux qui sont très inappropriés au Maroc, estime l’architecte. Les façades doivent protéger les vitrages par des systèmes de protection par rapport au bris de soleil et à moindre prix. Mais il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas dans un pays producteur d’énergie, rappelle El Andaloussi qui prône les espaces aérés et ensoleillés. La climatisation, c’est de l’électricité. Il faut aller vers des bâtiments autonomes et trancher entre la transparence et le coût de l’énergie, précise-t-il. Et d’ajouter que la transparence est souvent prise au premier degré. Elle est plutôt à l’intérieur des bâtiments dans les open-spaces. Les murs-rideaux sont une facilité, une technique que l’architecte ne maîtrise pas. C’est un travail d’industriels et de façadiers. Et les Français ont dépassé depuis longtemps le façadisme. A. R.

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