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    Jeu, savoir et consommation : Jouba 94: L'éveil de l'enfant-roi

    Par L'Economiste | Edition N°:159 Le 22/12/1994 | Partager

    Pour la deuxième fois, Jouba, le Salon de l'Enfant, réunit petits et grands dans le Grand Palais de la Foire de Casablanca du 17 au 31 décembre. Animations, jeux et concours: le Salon répond aux préoccupations éducatives, sanitaires, culturelles et ludiques des parents.

    Son ami Mickey était venu spécialement des U.S.A., l'année dernière, pour soutenir la première manifestation de ce genre et avait presque comblé le vide de son absence. Car Jouba n'était certes pas présent lors du premier Salon de l'Enfant pour accueillir ses quelque 130.000 visiteurs. Mais cette année, le mal est réparé. Jouba est là et bien là, "en chair et en os", pendant quinze jours, tous les jours.

    La deuxième édition du Salon de l'Enfant a ouvert ses portes le 17 et accueillera jusqu'au 31 décembre entre 150 et 200.000 jeunes et moins jeunes, puisqu'il reprend le thème de "l'année internationale de la famille" . La famille sera donc là, ce qui permet à la manifestation d'élargir son public, avec des produits ciblant le foyer marocain: linge de maison, meubles, appareils ménagers, etc...

    En 1993, l'investissement était de 600,5 millions de DH, et le CA global d'environ 4,5 millions. Les organisateurs de Jouba 93, Tisli Communication, récidivent avec bonheur, pour la version 94, malgré ce déficit de 1,5 million de DH.

    Au programme: enfants émerveillés, larges sourires aux lèvres et yeux grands ouverts. Pour plus d'efficacité, se munir d'une bonne dose de patience, de beaucoup de bonne humeur, et... d'aspirine à consommer en fin de parcours.

    Une fois son entrée payée -10 DH pour l'enfant, le double pour l'adulte et franchie la passerelle d'entrée, le visiteur aperçoit les remparts de la ville comme une invitation à entrer dans un autre monde, un monde magique.

     


    Un monde magique

    A l'intérieur, il découvre une énorme maison familiale traditionnelle, avec un patio central, "Al B'sat", qui comprend une scène où se déroulent les "Halqas", spectacles "en plein air" inspirés de la très fameuse place de Marrakech "Jamaâ El Fna" et un "jardin intérieur" dans lequel sont exposés des plantes et arbustes décoratifs en tissu aussi vrais que nature.

    Des "gnaoua" accompagnés de leurs inséparables singes proposent des spectacles typiques de danses traditionnelles sur une scène, et sont relayés par d'autres danses et animations diverses offertes, celles-ci par les quelque 1.000 enfants-animateurs des écoles et collèges du Grand Casablanca. Cinq "pièces", appelées "Bayt", présidées par des "sponsors de pavillon", entourent le centre et sont autant d'espaces à visiter dans le désordre puisqu'une des erreurs que nous avions commises l'année dernière, explique Mme Wafa El Berny Mezzouar, administrateur de Tisli Communication, a été d'instaurer un système de circulation contraire à la mentalité marocaine. Nous avons compris que le Marocain circule "désordre". Chaque pavillon présente un secteur d'activité (83% des participants de Jouba 93 ont reconduit leur participation) telle que l'Education, la culture et l'environnement; les loisirs et les sports; l'hygiène, la prévention et la santé; l'équipement et la décoration et, pour finir, l'alimentaire et l'agro-alimentaire.

    Les trois sponsors officiels, la Banque Centrale Populaire, Somapa et la Centrale Laitière se taillent la part du lion en occupant les emplacements près de l'entrée. Si la Centrale Laitière à travers son stand "Danone, côté enfants", et surtout Somapa, ont créé de véritables animations et remportent un franc succès auprès des enfants, la Banque Populaire, elle, a choisi un style plus sobre, moins attrayant.

    Sponsorisé par l'O.N.E.P, "Bayt Jouba" est le pavillon consacré à l'environnement, la culture et l'éducation. Le sponsor attise notamment la curiosité des enfants par l'exposition d'un barrage miniature dans lequel circule de la vraie eau, qui est d'ailleurs présente dans tout le Salon à travers des éléments décoratifs pour symboliser l'importance de l'eau dans notre vie et sa nécessité vitale.

     


    Pour les gourmands

    La Samir a également bien réussi son attraction grâce à sa structure futuriste et une exposition afin de sensibiliser l'enfant aux réalités de l'industrie pétrolière.
    "Bayt Annadafa", pavillon consacré à l'hygiène, la beauté, la prévention et la santé, est le plus serein de tous. Il s'en dégage une quiétude certaine, un apaisement qui contraste avec la cohue ambiante.

    Le CIH, qui parraine le grand concours "Manzil Jouba" (voir L'Economiste du 8 décembre) sponsorise aussi "Al M'saria" consacré à l'équipement et à la décoration. L'attraction majeure de ce stand est l'exposition des 3.000 maquettes de "la maison idéale" que les enfants de tout le pays ont envoyées.

    Les gourmands s'arrêteront naturellement au pavillon de l'alimentation et de l'agro-alimentaire, "Bayt El Mouna", sponsorisé par CPC Maghreb qui organise un concours de gâteaux avec dégustation. Les gourmets pourront goûter tous les produits présentés par les entreprises sur place.

    Le plus animé des pavillons est sans aucun doute celui des Sports et Loisirs qui comprend également "L'espace Femmes Créatives" qui encourage l'esprit d'initiative des femmes qui exposent leurs produits artisanaux pour la plupart.
    Le Salon doit théoriquement fermer ses portes tous les soirs à 19h30. Théoriquement seulement, car, précise Mme Mezzouar, "il est difficile de les faire partir".
     


    Kamel ou la passion des voitures

    A 7 ans, Kamel entreprend la confection de maquettes. Il commence par des avions puis viennent ensuite les maisons. Aujourd'hui Kamel a 15 ans et s'intéresse depuis trois ans aux voitures. Ce jeune créateur utilise du papier, du plastique, de la pâte à modeler... Septième au concours de Jouba 93, il va régulièrement aux nouvelles depuis, à Tisli Communication.
    Les directeurs marketing des concessionnaires et des constructeurs sur la place le connaissent, et pour cause, cet entreprenant adolescent vient souvent leur rendre visite. Il fait connaissance, prend les derniers catalogues, des photos et des posters et surtout leur présente ses maquettes: il en a 17 dont 4 créations personnelles. Pour Jouba 94, Kamel voulait acheter un stand pour se faire connaître. Les organisateurs ont eu l'idée de créer un atelier auto-moto, mais encore fallait-il que l'idée intéresse un sponsor. Finalement Peugeot adhère. Du coup, Kamel décore le stand sous le thème "Peugeot, la voiture familiale" et expose fièrement ses créations. Sa ténacité est récompensée: CREA, l'école de design automobile, lui a gracieusement offert des cours de design deux fois par semaine, le temps que ce passionné finisse ses études.

     


    Les étoiles de Barcelone

    De toutes les missions culturelles étrangères que les organisateurs ont contactées pour participer à Jouba 94, seule la mission espagnole avec "el Instituto Cervantes" a répondu.
    En collaboration avec le département culturel de l'Ambassade d'Espagne à Rabat, cet institut a présenté le dimanche 18 décembre une oeuvre théâtrale "La cabeza del Dragon" (la tête du Dragon). Conte philosophique de Vallé-Inclan, grand dramaturge du début du siècle, c'est une espèce de légende basée sur une critique sociale. La troupe "El teatro del Duende", qui vient de Madrid, obtint le premier Prix au Festival Universitaire de Théâtre de Casablanca de 1993.

    Mais l'attraction qui a fait l'unanimité auprès des grands et des petits est sans aucun doute le "Planétarium". Il a été créé en Espagne, à Barcelone, par la Fondation La Caixa (une des plus grande institutions financières espagnoles), dans le cadre de programmes éducatifs pour l'enfance et la jeunesse. Le premier pays bénéficiaire de ce programme est le Maroc "parce que c'est un pays voisin, qu'il est en même temps près de nous par certains côtés tout en étant loin par d'autres", explique Arturo Lorenzo, le directeur de l'institut.
    Le planétarium est un igloo en matière plastique. On y accède par un petit couloir également en plastique qui est une partie intégrante de la structure.

    Dans le plafond en forme de voûte, à travers un simple système de projection, les moniteurs spécialisés expliquent aux enfants en deux versions arabe et espagnol - les mystères et l'ordre du firmament: emplacement et nom des étoiles, variation des saisons, face de la lune, éclipses, comètes, etc...

    Le tout est animé par des histoires et des narrations: trois contes: la nuit hivernale "pour qu'en sortant du Salon les enfants cherchent à voir dans le ciel ce qu'ils viennent d'apprendre, commente M. Lorenzo, la nuit estivale et la nuit des "Los reyes Magos", qui est le 6 décembre; c'est la fête la plus populaire en Espagne puisque c'est cette nuit-là que les enfants reçoivent des cadeaux"
    "Les enfants sont les citoyens de demain
    , dit M. Lorenzo, nous cherchons à délivrer un message de compréhension, de tolérance, et à faire accéder les enfants à la connaissance culturelle et scientifique". En d'autres termes, un message universel... comme le sont les étoiles!

     

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