×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

    Economie

    Finances : Bank Al Maghrib approuve la politique financière

    Par L'Economiste | Edition N°:38 Le 16/07/1992 | Partager

    Le Rapport Annuel de Bank Al Maghrib vient d'être présenté. Il était très attendu en raison des tensions qui se sont nouées dans les relations financières intérieures. Le rapport n'apporte pas d'arbitrages bien nets sur les débats qui opposent le monde des affaires à la politique monétaire. Par contre, il fournit des données de première main pour ré-alimenter les débats.

    Par ce que la plus diffusée, c'est la conclusion du Rapport que l'on retient le mieux. Cette année, cette conclusion décevra les habitués parce qu'elle ne contient pas les marques de l'indépendance d'esprit que la Banque Centrale avait acquise au fil des années(1).
    Le corps du rapport a plus de fermeté que la conclusion et apporte entre autres des éléments d'appréciations sur le comportement des flux financiers.

    Evolution épargne/consommation

    Dans les grands flux financiers, le rapport relève "l'accélération de la consommation aussi bien publique que privée" qui abaisse la part de l'épargne dans le PIB. Celle-ci qui affiche néanmoins un taux de croissance de 4,6%, a vu sa part se réduire de 20,1% en 1990, à 18,8% en 1991. Bank Al Maghrib indique le relèvement du salaire minimum, la hausse des traitements de certaines catégories de fonctionnaires et l'amélioration des revenus agricoles "ont sans doute favorisé" l'accroissement de la consommation.
    La Banque précise que le maintien des taux d'intérêt réels tandis qu'apparaissait un mouvement de hausse des prix, "n'a guère stimulé le développement de l'épargne intérieure".
    Le rapport se réfère à la volonté d'améliorer l'allocation des ressources, grâce à la libéralisation des taux d'intérêt. Cependant, s'il s'attache à observer la partie emploi de ces ressources, il consacre peu de développements à l'analyse des comportements à l'origine des ressources.
    Le rapport note la forte part des dons (5 milliards de DH) dans les concours extérieurs qui se sont montés à 20 milliards de DH. Il souligne que ces concours ont permis de couvrir le déficit. A ce niveau, il contredit quelque peu les données du Ministère des Finances sur la fiabilité du redressement des comptes publics en fixant le niveau du déficit, hors concours et dons, à 5,6% du PIB, et en précisant que ce ratio a été obtenu avec le bénéfice d'un rééchelonnement de 5 milliards de DH.

    Configuration de sortie

    La structure de base des finances publiques est désormais appuyée sur les repaiements supérieurs aux concours(2). C'est une configuration logique pour une sortie de rééchelonnements, mais évidemment une situation difficile à tenir, surtout si dans les structures de dépenses on aperçoit mal les ressorts qui permettraient de financer les repaiements sans dégât sur le système productif.
    La conclusion du rapport n'a pas estimé utile de porter un jugement propre à la Banque Centrale sur cette question. Elle se réfère simplement aux "prises de positions favorables de la part des instances internationales et des pays étrangers" et estime que ces positions "entraînent une dynamique de soutien et d'investissements".
    La Banque Centrale considère donc, et en dépit de la légère contradiction relevée dans le corps du rapport, que la politique du Ministère des Finances mérite l'adhésion sans restriction. Elle enfonce le clou en soulignant que "l'évolution des mentalités dans le sens d'une meilleure perception de la marche des affaires, tant au plan interne qu'externe, constitue pour l'avenir un gage de réussite".

    Formules surprenantes

    La formulation a surpris voire choqué le monde des affaires, chez qui les conversations sont focalisées sur les difficultés de trésorerie et les risques pesant de ce fait sur la croissance. Ce même monde des affaires se sent de plus en plus incompris et avait accueilli avec espoir, la référence faite dans le dernier Discours Royal au rapprochement entre le monde économique et le monde administratif. Le rapport de Bank Al Maghrib relève l'excellent comportement des investissements, spécialement étrangers, durant l'année 1992. La Formation Brute de Capital fixe s'est située à 55,9 milliards de DH, ce qui donne un "effort d'équipement" de 24% du PIB. Les investissements étrangers ont connu un accroissement de 63,3% en 1991 se fixant à 2,9 milliards de DH. On souligne par ailleurs, ce comportement alors que l'année 1991 avait commencé avec les trois mois de crise due à la Guerre du Golfe et qu'au Maroc, même les tensions étaient vives autour des revendications salariales(3). Le rapport de Bank Al Maghrib observe longuement les comportements bancaires et y revient à plusieurs reprises sous des angles différents.

    Les banques au centre du désencadrement

    L'intérêt est évidemment justifié par le fait que les banques ont été au centre des mouvements de cette première année de désencadrement du crédit. Le rapport relève la baisse des ressources des Organismes Financiers Spécialisés, baisse restée cependant limitée durant l'année 1991, mais confirme qu'avec les paliers de réduction des emplois obligatoires, ces ressources s'amenuisent fatalement pour 1992. Par contre souligne le rapport, les OFS se sont plutôt bien comportés pour la collecte des dépôts.
    C'est ainsi que la Caisse d'Epargne dont le statut vient de changer, a accrû ses dépôts de 15,3% pour arriver à un total de 1,9 milliard de DH. La Banque Centrale précise que cet accroissement vient de l'augmentation du nombre des déposants (616.000 au total) alors que l'avoir moyen du compte est très en deçà de celui des comptes en banques commerciales. L'avoir moyen à la Caisse d'Epargne est de 3.112DH contre 21.000DH chez les banques.
    La CNCA améliore de 25,6% ses dépôts à vue, en comptes sur carnets et en comptes à terme, pour arriver à un total de 2,8 milliards de DH.
    Le CIH, le plus remarqué des OFS venus à la banque, a réuni en 1991, quelque 1,6 milliard de DH.
    La BNDE, tranche puisqu'elle s'inscrit en recul de 3,1%, avec un total de 309 millions de DH.
    La présentation faite par la Banque Centrale de l'arrivée des Organismes Financiers Spécialisés dans le monde de la banque classique est faite pour susciter des réactions de la part des banques commerciales. En effet, les banques soulèvent fréquemment la question de la mobilisation de ressources pour indiquer que ces dernières sont limitées. Les taux de progression des nouvelles venues viendraient contredire cette analyse, si l'on veut bien faire abstraction de la base de départ: les OFS restent de petites, voire de toutes petites banques du point de vue des dépôts.

    Les OFS toujours en suspens

    Parallèlement, la faible ampleur, en valeur absolue des ressources mobilisées sur le marché, repose la question de la stratégie des OFS, qui ont été laissés à eux-mêmes par le désencadrement. Le rapport de la Banque Centrale admet qu'il reste encore à faire dans le domaine de la libéralisation bancaire, mais prend soin de souligner fermement que l'option ne sera pas abandonnée(4).
    Le rapport de Bank Al Maghrib qualifie de "contrastée" l'évolution des trésoreries des banques. Les instruments de régulation, essentiellement la réserve n'ont commencé à jouer leur rôle que sur le second semestre. Le rapport précise que "pour l'ensemble de l'année, les trésoreries bancaires n'ont pas connu de tensions excessives en dépit des relèvements successifs du taux de la réserve "(5). La Banque explique la réduction de l'impact dissuasif de la réserve par le montant des rentrées nettes de devises, soit 7,8 milliards de DH venant compenser les 4,7 milliards de DH supplémentaires gelés au titre de la réserve et les 4,8 milliards de DH représentant un renforcement, inexpliqué, de la monnaie fiduciaire.

    N.S.

    1. Certes, Bank Al Maghreb n'a jamais prétendu à l'indépendance d'esprit et d'action de la Buba allemande ou de la FED américaine, mais elle avait acquis une certaine autonomie de pensée, si bien qu'elle était devenue une référence arbitrale en matière de conduite de la politique monétaire et financière. L'usage veut que l'on considère l'indépendance des banques centrales comme une sécurité, mais en ces temps de bouleversement des idées économiques peut-être que cela n'est plus valable! Néanmoins, cela mériterait d'être démontré.
      (2) Transferts et services de la dette: 21,2 milliards de DH; concours extérieurs 20 milliards de DH
      (3) Les banques de la place remarquent que les revendications sociales ne découragent pas les investisseurs, qui selon elles, sont considérées comme des phénomènes sains dans une société. Par contre, ces mêmes banques ont signalé des hésitations chez leurs clients étrangers au moment de la formation de la Koutla Démocratique.
      (4) Dans les revendications formées par les banques, ce n'est pas cette question d'option qui est remise en jeu. La libéralisation n'est pas contestée. Par contre, les banques commentent avec de plus en plus de verdeur le choix des instruments de régulation et surtout les critères qui motivent leur mise en action.
      (5) Il est vrai que les tensions de 1991 paraissent anodines par rapport à ce qui est venu par la suite, notamment au deuxième trimestre de 1992.
    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc