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    Affaires

    Fès en campagne contre le travail des enfants

    Par L'Economiste | Edition N°:2296 Le 13/06/2006 | Partager

    . L’artisanat, le plus grand employeur . Plus de 1.000 enfants retirés de l’infernal circuit DANS les rues animées de la médina de Fès, Mustapha, huit ans, vend du matin au soir des chewing-gums, bonbons et mouchoirs en papier aux passants. Khadija, 12 ans, tisse des tapis depuis l’âge de 8 ans dans un sombre atelier. Mohamed travaille dans un atelier de menuiserie depuis l’âge de 7 ans. Bref, ces gosses font partie d’une immense armée de petits travailleurs et qui survivent de mille petits métiers précaires. Dans l’artisanat, ils sont près de 30.000 enfants qui travaillent dans des conditions pénibles, dont plus du tiers à Fès. Ils travaillent dans la poterie, le zellige, la dinanderie. Les fillettes passent leurs journées à faire des nœuds dix heures d’affilée. Déjà en 2000, wilaya, départements ministériels concernés (l’artisanat, santé, éducation nationale, emploi...), ONG et Chambre d’artisanat ont lancé un projet pour la prévention et l’élimination du travail des enfants dans ce secteur. «Ce projet a été appuyé par l’Unicef et par le Bit-Ipec à partir de 2002. Il s’inscrit dans les objectifs du programme de coopération entre le gouvernement du Maroc et l’Unicef pour la période 2002-2006. L’objectif est de garantir le respect des droits des enfants et à les protéger contre toute forme de violence, d’abus et d’exploitation», souligne Abdallah Ngadi, coordinateur régional de l’Association marocaine de planification familiale. Quatre commissions ont été formées: santé, éducation, famille et employeurs. Des centres de protection de l’enfance ont été mis en place sur les lieux de travail avec des espaces pour l’éducation, la santé et les loisirs. Ipec et Unicef apportent un appui financier, la délégation de l’artisanat offre des locaux et du personnel; la Chambre d’artisanat et les associations fournissent des locaux et les ONG soutiennent les activités de loisirs. Les secteurs d’intervention identifiés sont la poterie et le zellige à Aïn Nokbi, la dinanderie, les bijoux et les chaussures à Seffarine, le tapis au quartier Benslimane, la menuiserie et la mécanique au quartier Bensouda. «La stratégie adoptée comprend le retrait du travail et insertion scolaire pour les enfants de moins de 12 ans, l’accès à une éducation non formelle pour les enfants entre 12 et 15 ans qui ne peuvent être intégrés à l’école, avec une amélioration de leurs conditions de travail, et par là leur permettre de participer à des activités culturelles et de loisirs. Idem pour les enfants de 15 à 18 ans afin de faciliter leur orientation vers une formation professionnelle», explique le coordinateur de l’AMPF. A ce titre six assistants sociaux formés en communication, l’écoute et les droits de l’enfants, sillonnent les quartiers à la recherche d’ateliers qui font travailler des enfants. «Nous travaillons d’une part avec les familles pour les sensibiliser sur les dangers du travail des enfants et les convaincre de les maintenir à l’école, et d’autre part avec les artisans pour les sensibiliser sur le nouveau code du travail qui interdit le travail de l’enfant de moins de 15 ans et sur les dangers et les risques du travail précoce pour l’enfant», indique un travailleur social. Il ajoute que les assistants sociaux travaillant sur ce projet optent pour le dialogue aussi bien avec les familles qu’avec les artisans. Ce qui n’est pas toujours facile. «Il y a des familles qui sont tellement pauvres qu’elles n’ont aucune autre alternative que de faire travailler leurs enfants. Il y a aussi des artisans qui ne cherchent que le gain facile et rapide sans se soucier de l’âge des enfants qu’ils font travailler ou des conditions du travail», ajoute un autre éducateur. Malgré les contraintes, les résultats de ce projet sont aujourd’hui tangibles, reconnaît Abdallah Ngadi. Près de 1.093 enfants ont été vaccinés par l’antitétanique. Le suivi médical des enfants des CPE (consultations, dossiers médicaux et médicaments) est assuré par un médecin de travail. 608 enfants ont été retirés du travail, insérés et maintenus à l’école et 500 enfants entre 12 et 15 ans sont inscrits dans les cours d’éducation non formelle dans six centres de protection de l’enfance. Outre les séminaires, tables rondes et campagnes d’information pour mobiliser l’opinion publique et les principaux acteurs contre le phénomène du travail de l’enfant, de nombreux activités et loisirs ont été rendus possibles pour bon nombre de ces enfants. Ce projet-pilote a certes rendu le sourire et la joie de vivre à beaucoup d’enfants, mais il reste encore des contraintes à surmonter. Le recrutement des enfants continue dans certains secteurs et l’engagement des artisans n’est pas toujours acquis.


    Sensibilisation

    UNE enquête a été réalisée auprès de 1.059 familles. Celles-ci ont aussi été informées et sensibilisées au projet ainsi qu’à la promotion de la santé reproductive et des méthodes de planification familiale. Elles ont également été référées vers les ONG spécialisés. 28 travailleurs sociaux ont été formés pour travailler avec les familles. Côté employeurs, 200 artisans ont été informés et sensibilisés sur la CDE, l’importance de l’éducation et les risques professionnels chez les enfants travailleurs, 69 artisans sont formés sur le secourisme par le Bureau régional du Croissant-Rouge marocain et 150 ateliers ont reçu des moyens de protection contre le feu. Les risques professionnels et les moyens de protection adéquats ont été identifiés par secteur d’activités artisanales. 184 professionnels de la santé ont été sensibilisés sur les droits de l’enfant, les risques professionnels et la législation du travail.De notre correspondante,Rachida BAMI

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